la famille

Extrait du p. MD Philippe sur la morale et les vertus

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La morale et les vertus

La vertu n’a plus cette sorte d’attrait qu’elle devrait avoir. On dit volontiers : « Oui, cet homme est très vertueux, mais on aimerait qu’il soit un peu plus intelligent ». On oppose l’intelligence et le point de vue moral. Il y a l’art d’un côté et la morale de l’autre, et l’art est du côté de l’intelligence. Un artiste arrive toujours à se débrouiller — pas toujours économiquement ! mais il intéresse les gens. Ce qu’il dit est intéressant. Quant au « moral », on le présente comme une valeur à laquelle il faut tenir, mais cela n’a plus d’éclat, cela a perdu tout son attrait. C’est devenu comme une monnaie usée et dévalorisée dans le monde d’aujourd’hui, à tous les niveaux ; et du point de vue éducatif on est un peu perdu. On essaie de maintenir les vertus, de rappeler qu’il faut être tempérant, qu’il faut être prudent, qu’il faut être juste… mais on ne sait plus ce que c’est. Et puis… ce n’est pas drôle, d’être juste.

Père Marie-Dominique Philippe, Conférence AFC, 2000

Extrait du p. MD Philippe: la famille, premier lieu d’éducation

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La famille, premier lieu de l’éducation

La famille est, et reste, le premier lieu de l’éducation. La première éducation est toujours familiale et, par le fait même, c’est là qu’on touche en premier lieu les difficultés actuelles. Certes il y a actuellement des familles chrétiennes merveilleuses, étonnantes de simplicité et de générosité et qui, du point de vue de l’éducation, ont quelque chose de très grand ; on est en admiration devant cela. Mais à côté de cela il y a une puissance étonnante qui affaiblit la famille, et les jeunes foyers profondément chrétiens connaissent bien les difficultés qui surgissent dès que l’enfant se trouve en contact avec d’autres. Devant cela, il y a une tactique qui consiste à fermer les portes pour éviter le contact avec ceux qui ne sont pas élevés de la même façon… et on reste un peu enfermé. Mais on sait que cela ne peut pas être une solution, parce que très vite l’enfant, à l’école, au collège, est en contact avec d’autres et la famille doit nécessairement s’ouvrir ; et quand elle s’ouvre, elle perd sa force, c’est inévitable. On essaie, autant que possible, que les contacts soient bons, mais c’est très difficile.

Père Marie-Dominique Philippe, Conférence AFC, 2000

Extrait du p. MD Philippe sur la famille aujourd’hui

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La famille aujourd’hui

La montée des jeunes à Rome pour les J.M.J. montre qu’il y a dans la jeunesse une grande espérance mais qu’il faut savoir l’orienter ; il y a là un aspect de l’éducation chrétienne qui est très important aujourd’hui. La famille a beaucoup moins de force qu’autrefois, pour quantité de raisons. Il y a des raisons politiques : un Etat devrait s’intéresser en premier lieu à la famille et la soutenir, l’aider… mais ce n’est pas toujours ce que nous voyons autour de nous. Il ne faut pas que l’Etat s’empare de la famille pour l’orienter au-delà des parents ; ce sont les parents qui ont autorité, et eux seuls ont la grâce pour vraiment orienter leur famille du point de vue chrétien, du point de vue religieux, et du point de vue humain. Mais la famille doit être soutenue, parce que quand elle ne l’est pas du tout elle est parfois écrasée par le point de vue économique. (…) On constate déjà depuis un certain temps que l’éducation chrétienne est plus difficile qu’autrefois.

Père Marie-Dominique Philippe, Conférence AFC, 2000

Notes de conférence du p. MD Philippe sur la transmission du désir de l’Eucharistie

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La famille transmet le désir de l’eucharistie

Il faut emmener très tôt les enfants à la messe pour qu’ils aient le sens de l’Eucharistie. La préparation à l’Eucharistie ne se fait pas en trois semaines, elle se réalise longuement. Il faut conduire les tout petits enfants à la messe et leur expliquer tout simplement : très vite l’enfant comprend qu’il y a quelque chose de grand. Et quand les parents communient, que les enfants viennent à la table de communion tout près de leurs parents et qu’on fasse simplement signe au prêtre que l’enfant ne doit pas communier. Mais qu’on fasse comprendre à l’enfant que si les parents communient, eux peuvent s’unir à leurs parents, que ce qui est donné aux parents est donné aux enfants et qu’un jour eux aussi recevront Jésus. Il faut faire grandir le désir de l’Eucharistie dans le cœur de l’enfant en lui parlant de ce don unique : Dieu qui se donne, Jésus qui se donne. L’enfant est tout à fait capable de comprendre ce qu’est Jésus, il le comprend très vite. On l’éduque en lui montrant toute la vie du Christ et ce don personnel, unique : Jésus qui se donne à travers le pain, Jésus qui se donne à travers l’hostie. Préparer l’enfant à la première communion, cela se fait lentement, progressivement, mais cela doit se faire assez vite pour que l’enfant ait lui-même soif de la sainte communion, qu’il en ait le désir.

Père Marie-Dominique Philippe, Conférence AFC, 4 décembre 1983

Notes de conférence du p. MD Philippe, sur l’autorité miséricordieuse

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L’autorité miséricordieuse

L’autorité du père et de la mère doit être tout imprégnée de charité, tout imprégnée de miséricorde ; il faut que le père, en exerçant son autorité, montre que cette autorité est divine et donc qu’elle est avant tout miséricordieuse. Un père doit être pour ses enfants la présence de la miséricorde du Père des Cieux, de la miséricorde du Christ. Un père de famille doit relire souvent la parabole de l’enfant prodigue1 ; cette parabole est pour le père, et il faut que sa miséricorde aille jusque-là. Si la mère doit être servante d’une manière si profonde qu’elle soit capable de donner sa vie pour son enfant, le père, lui, doit être capable de donner son honneur, d’offrir tout ce qui pourrait faire sa gloire, pour le bien de ses enfants. Il doit être capable de donner, pour le bien de ses enfants, ce qui serait normalement un épanouissement pour lui.

Père Marie-Dominique Philippe, Conférence AFC, 5 février 1984

1 Lc 15, 11-32.

Notes de conférence du p. MD Philippe, sur la prière des enfants dans la famille

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La prière des enfants dans la famille

La mère doit apprendre à l’enfant à prier. La prière en famille est nécessaire, même si elle est quelquefois très difficile. Elle est toujours possible quand l’enfant est tout petit ; et la mère doit très vite apprendre au tout-petit à prier avec elle, à faire le signe de la Croix, à dire à Jésus qu’il l’aime, à réciter l’Ave Maria et le Notre Père. Le sacerdoce royal de la mère exige qu’elle porte l’enfant auprès du cœur du Christ, et qu’elle lui apprenne à prier, à adorer. C’est la première éclosion de la foi. Il est évident que les parents ne donnent pas à l’enfant son âme spirituelle ! C’est Dieu qui la donne. Et les parents ne donnent pas non plus à l’enfant la grâce, la foi, l’espérance et l’amour ; c’est le Christ qui, par le baptême, lui donne la grâce, la foi, l’espérance et l’amour. Mais l’exercice premier de la foi, ce sont les parents qui l’assurent, et c’est surtout la mère parce que la mère est plus proche que le père de cette première éclosion de la foi. C’est la mère qui doit permettre cette première éclosion, et c’est très grand.

Père Marie-Dominique Philippe, Conférence AFC, 6 novembre 1983

Notes de conférence du p. MD Philippe sur la famille, lieu de la vérité

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La famille doit être le lieu de la vérité

Si la famille doit être ce renouveau constant dans l’amour spirituel, la famille doit tenir compte du développement de l’intelligence. Je précise : la famille doit être le lieu de la vérité. Nous vivons dans un monde de mensonge constant : on ne sait plus où est la vérité, à cause des propagandes, à cause de la volonté de « paraître » et de s’imposer. (…)

La famille doit donner aux enfants, aux petits, le sens de la vérité et l’horreur du mensonge ; cela permet de sauvegarder l’amour. Quand le mensonge s’installe d’une manière délibérée, manifeste, l’amour disparaît très vite. Car l’amour réclame la vérité, il réclame la lumière, il exige une très grande limpidité ; on pourrait dire que le mensonge est le cancer de l’amour : progressivement il le fait disparaître.

Père Marie-Dominique Philippe, Conférence AFC, 29 avril 1984