Comm. 1Jean

Du p. MD Philippe: se reconnaître pécheur

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Commentaire de la première Épître de saint Jean

Se reconnaître pécheur

Si nous disons que nous n’avons pas de péché, nous nous égarons nous-mêmes, et la vérité n’est pas en nous.

La vérité première, c’est de reconnaître qu’on est pécheur. C’est la porte étroite par laquelle on entre dans le Royaume de Dieu. Si on ne s’avoue pas pécheur, on ne peut pas entrer dans le Royaume de Dieu. Il n’y a plus de place pour nous. Car le Royaume de Dieu est un royaume enveloppé de miséricorde. Et puisque c’est un royaume enveloppé de miséricorde, vous comprenez bien qu’on n’a accès à la miséricorde de Jésus que dans la mesure même où on reconnaît qu’on est pécheur. Jésus est venu pour les pécheurs, et non pas pour les justes.

Si nous disons que nous n’avons pas de péché, nous nous égarons nous-mêmes, et la vérité n’est pas en nous. Si nous confessons nos péchés, Il est fidèle et juste : Il nous remettra les péchés et nous purifiera de toute injustice.

Cette affirmation est absolue. Il ne dit pas : « N’ayez pas trop de péchés ! » Non, pas du tout. La seule condition, c’est de confesser ses péchés, c’est-à-dire de les reconnaître. Reconnaître qu’on est pécheur, c’est la seule manière d’être mendiant de la miséricorde. Si on ne reconnaît pas qu’on est pécheur, on n’est pas mendiant de la miséricorde. On peut passer à côté de la source miséricordieuse qui est le Cœur de Jésus sans rien demander du tout. …

Si nous reconnaissons que nous sommes pécheurs, immédiatement il nous donne son pardon. Et c’est tout de même très important, cette entrée dans le Ciel : c’est le Ciel qui entre en nous, en quelque sorte ; c’est le début de la vie chrétienne qui est une vie éternelle, une vie d’éternité à partir de ce temps.

Père Marie-Dominique Philippe, Notes de conférence 1988

Du p. MD Philippe, le commandement et la parole

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Commentaire de la première Épître de saint Jean

Le commandement et la parole

Bien-aimés, ce n’est pas un commandement nouveau que je vous écris, mais un commandement ancien que vous aviez dès le commencement ; et le commandement ancien, c’est la parole que vous avez entendue.

La parole, la Loi, c’est le commandement ancien. On pourrait se demander quelle différence il y a entre le commandement et la parole. Le commandement ancien, c’est la parole que vous avez entendue. Alors comment se fait-il que le commandement puisse être parole ? C’est aussi très important pour comprendre l’esprit johannique. Ce ne sont pas des confusions. C’est un regard divin de sagesse. (…)

Le commandement ancien, c’est la parole que vous avez entendue. Il faut bien saisir cela. Pour nous, sur le plan philosophique, un commandement vient de celui qui a autorité et qui communique un ordre. Tout commandement implique un ordre. C’est l’imperium de celui qui a autorité qui va se transmettre à celui qui obéit. Il y a une communication de l’imperium. C’est cela, le commandement, tandis que la parole exprime ce que je connais. Je transmets ce que je connais par la parole. Ce que je transmets n’est pas toujours d’ordre pratique ; cela peut être une conversation, ou une parole qui conduit à la méditation et à la contemplation, ou autre chose. Jean connaît très bien tout cela ! Il ne faut pas croire qu’il ne le sait pas, mais il a la liberté absolue du vieillard, de l’ami, de celui qui est mû par le Saint-Esprit et qui alors ne confond pas mais unit commandement et parole.

Père Marie-Dominique Philippe, Notes de conférence 1988

Du p. MD Philippe, demeurer en Dieu

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Commentaire de la première Épître de saint Jean

Demeurer en Dieu

Mais celui qui garde sa parole, en celui-là l’amour de Dieu est vraiment accompli. En cela nous connaissons que nous sommes en Lui. Celui qui dit demeurer en Lui doit, comme Celui-là s’est conduit, lui aussi se conduire.

Il s’agit donc d’être à la suite du Christ, de suivre l’Agneau « partout où il va ». Vous retrouvez là les deux aspects pauliniens qui font comprendre ce que signifie demeurer en lui : il s’agit de vivre de ses commandements, et en même temps de l’imiter et de le suivre. Vivre de ses commandements, c’est l’union avec Jésus. Demeurer en Lui, c’est être unis en Lui et c’est donc demeurer dans la lumière. Il y a aussi le fait de l’imiter. Et l’imiter, c’est mettre ses pas derrière les siens.

Père Marie-Dominique Philippe, Notes de Conférence 1988

Du p. MD Philippe, la lumière et l’amour

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Commentaire de la première Épître de saint Jean

La lumière et l’amour

Et telle est l’annonce que nous avons entendue de lui et que nous vous rapportons : Dieu est lumière.

Voilà la première grande affirmation. Au terme de l’Épître, Jean dira : « Dieu est amour ». Toute l’Épître se trouve donc enveloppée par ces deux grands aspects, ces deux grandes affirmations : « Dieu est lumière », « Dieu est amour ». …

Nous est donc montrée ici l’exigence de cette lumière : nous devons regarder bien en face le mystère de la vérité, puisque nous devons être des enfants de lumière….

Pour pouvoir être en communion les uns avec les autres, et pour pouvoir être en communion avec Jésus, il faut marcher dans la lumière, dans cette lumière de la foi.

Père Marie-Dominique Philippe, Notes de conférence 1988

Du p. MD Philippe, la joie de Jean

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Commentaire de la première Épître de saint Jean

La joie de Jean

Et cela, nous l’écrivons, nous, pour que notre joie soit en plénitude.

C’est très touchant : la joie de Jean, c’est de communiquer tout ce que Dieu lui a donné, et de le communiquer pleinement, sans restriction. Parce que s’il communiquait avec une restriction, ce ne serait plus une communication de la sagesse. La joie de Jean, c’est de communiquer, de donner gratuitement comme tout a été reçu gratuitement. C’est très solennel et très simple. N’est-ce pas cela, le caractère de la charité fraternelle ? C’est très solennel, cela donne une dignité : il n’y a pas de laisser-aller dans la charité fraternelle, il y a une très grande dignité, et une très grande simplicité. Cela, c’est le propre de la charité fraternelle.

Père Marie-Dominique Philippe, Notes de conférence 1988

Du p. MD Philippe, la révélation du Verbe

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Commentaire de la première Épître de saint Jean

L’origine de la Révélation du Verbe

C’est une hypothèse, mais je crois que Jean, ayant reçu la révélation du Verbe de Dieu [à Patmos], a pu alors communiquer ce que Marie lui avait communiqué. C’est ce qui est communiqué dans le Prologue de l’Évangile : la vision de Marie au pied de la Croix sur Celui qui est son Fils bien-aimé. Elle découvre le Verbe. Jésus à la Croix est victorieux ; et Marie, qui est la Reine des prophètes, a vu avant Jean, à travers le mystère de la Croix, la grande révélation du Verbe. Elle l’avait sûrement communiquée à Jean, mais c’était un secret, Jean ne pouvait pas le dire. Et l’Apocalypse, j’allais dire, a libéré Jean de son secret, puisque l’Apocalypse se fait par la médiation de Marie et que l’Apocalypse est proclamée à tous, à toute l’Église. C’est pour cela que cela m’intéresse beaucoup. Cela me semble donner la solution à ce que tous les exégètes ont cherché éperdument : d’où venait le λόγος johannique. C’est beaucoup plus simple, et c’est beaucoup plus divin : cela vient du cœur de Marie, et de cette révélation apocalyptique.

Père Marie-Dominique Philippe, Notes de conférence 1988

Du p. MD Philippe sur la première Epître: l’unité des chrétiens

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Commentaire de la première Épître de saint Jean

L’unité des chrétiens

Tout chrétien devrait, dès qu’il se trouve avec d’autres chrétiens, comprendre que ce qui les unit est infiniment plus fort que ce qui les différentie. Si nous avions la foi, et une foi vivante, nous comprendrions tout de suite que ce qui fait l’unité entre les chrétiens, c’est le mystère de Jésus : il est donné à chaque chrétien par le baptême. Et cela fait que les chrétiens sont unis entre eux d’une manière infiniment plus forte que leurs diversités sociales, culturelles, ou du point de vue de leurs qualités humaines, individuelles. Tout doit être relativisé par cet absolu de la communion, de la κοινωνία, dans l’amour divin, dans l’Esprit Saint….

La première Épître de saint Jean est donc la charte de la charité fraternelle, qui forme une communauté. Le chrétien vit en communauté.

Père Marie-Dominique Philippe, Notes de conférence 1988