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Extrait du p. MD Philippe : suivre l’Agneau

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Suivre l’Agneau dans sa miséricorde

La miséricorde implique de notre part cette attitude que Dieu nous enseigne à travers le mystère de l’Incarnation, et qui consiste à être tout proche de ceux qui sont dans la misère, à être le plus proche possible d’eux, à être « semblables à ses frères1 ». Nous rejoignons ici une attitude que nous connaissons bien aujourd’hui et dont on parle un peu trop, sur tous les tons : « s’adapter ». L’adaptation doit être comprise dans la lumière de la béatitude de la miséricorde. Il est tout à fait vrai qu’un être miséricordieux se fait le plus proche possible de celui qui souffre. Dieu a voulu devenir semblable à nous. Voilà sa grande miséricorde ; il a voulu être semblable au pécheur2, descendre le plus bas possible, prendre la situation du plus pauvre et du plus misérable. Sa miséricorde va jusque-là. Or nous devons « suivre l’Agneau partout où il va3 » ; nous devons donc suivre l’Agneau dans sa miséricorde et être le plus proches possible du misérable.

Père Marie-Dominique Philippe, Les béatitudes évangéliques »

1 He 2, 17.

2 Cf. Ph 2, 7 ; Rm 8, 3.

3 Ap 14, 4.

Notes de lecture du p. MD Philippe, sur la vie dominicaine

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La vie dominicaine

Je vois les Dominicains comme des contemplatifs et des gens qui aiment à réfléchir sur la parole de Dieu et à la communiquer. Je voyais le père Dehau comme une grande figure dominicaine. Il n’était pas le seul Dominicain que je connaissais, puisque mon frère, le père Thomas, était entré quelques années avant moi (il y a sept ans de différence entre nous); mais le père Dehau restait pour moi le Dominicain, et c’est à travers lui que j’ai compris ce qu’est la vie dominicaine. Et pour le père Dehau, c’était net: le Dominicain est un contemplatif consacré à Jésus, un contemplatif qui assume la doctrine pour pouvoir la communiquer aux autres -une doctrine non pas sèche, mais aimante et aimée, qu’on puisse communiquer aux autres. Donc, contempler les mystères pour pouvoir les communiquer aux autres, de mille façons. La vie dominicaine était alors une vie très régulière, très belle. Lire la suite »

Article du p. MD Philippe, sur la parole de Dieu

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La parole de Dieu

Si nous essayons, au niveau théologique, de préciser ce qu’est la Parole de Dieu, nous pouvons tout de suite reconnaître qu’elle ne peut être reçue comme Parole de Dieu que par le croyant, seul capable de la distinguer d’une parole humaine. En effet, Dieu n’a pas voulu, pour nous communiquer ce qu’il est et son amour pour nous, inventer une nouvelle langue, une parole qui serait originale et qui se distinguerait de toutes les paroles humaines. Il a voulu se servir de paroles humaines, de la parole dont se servent les hommes pour communiquer leurs pensées, leurs secrets d’amour ; et en se servant de ces paroles humaines, il les a transformées. Ce ne sont plus des paroles venant des hommes et adressées aux hommes comme hommes dans leurs pures dimensions humaines. Ce sont des paroles humaines quant à leur caractère extérieur, mais assumées par Dieu pour être communiquées aux hommes et reçues par des hommes croyants, afin de leur révéler l’amour personnel de Dieu pour eux, leur nouvelle finalité divine de fils de Dieu, appelés à vivre un jour le bonheur même de leur Père des cieux. Extérieurement, la Parole de Dieu apparaît comme la parole des hommes, rien n’est changé visiblement ; et pourtant, pour le croyant, tout est changé, car cette parole reçue dans la foi permet d’adhérer à Dieu qui se révèle à nous. (…) La parole est le fruit d’une intelligence humaine, liée dans son exercice à une imagination et radicalement à un corps humain, dépendante d’une communauté humaine et désireuse de communiquer à un autre homme ce qu’elle possède, ce qu’elle a acquis. La parole humaine n’est pas une réalité substantielle mais une réalité toute relative à l’homme, toute relative à une communauté humaine, comme un moyen permettant de communiquer avec un autre homme. La parole humaine est une réalité intentionnelle ayant une signification propre. Si Dieu s’en sert pour communiquer aux hommes ses secrets, c’est au niveau de la signification de son intentionnalité qu’on peut dire qu’il y a alors une transformation. Lire la suite »

Article du p. MD Philippe, sur la vie monastique

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La vie monastique et le sens de Dieu

Dans ce qu’elle a de plus fondamental, la vie monastique repose sur l’exigence de l’adoration. Aller au désert pour vivre de l’absolu de l’amour de Dieu et le proclamer, telle est bien la vocation fondamentale de la vie monastique sous toutes ses formes. En cela, la vie monastique garde vivantes dans l’Eglise la vie et la mission de Jean-Baptiste, qui annonce la présence de l’Agneau de Dieu au milieu des hommes. Et si notre Saint-Père, le Pape Jean Paul II, a affirmé que le Concile Vatican II est pour l’Eglise aujourd’hui l’esprit de Jean-Baptiste, la vie monastique doit elle-même se renouveler et être ce ferment pour l’Eglise et pour l’homme contemporain. Ne doit-elle pas le vivre avant tout par un sens renouvelé de l’adoration ? Si, comme le dit Jean Paul II, « la culture européenne donne l’impression d’une “apostasie silencieuse” de la part de l’homme comblé qui vit comme si Dieu n’existait pas », il est urgent pour nous de prendre pleinement conscience de cela et d’y répondre. Nous, les chrétiens d’Europe, sommes vraiment comme le petit David en face de Goliath. Quelle est la fronde que la Providence nous donne ? La vie monastique. Elle doit vivre pleinement l’adoration en esprit et en vérité, que Jésus nous donne comme Fils bien-aimé du Père.

Communication du père Marie-Dominique Philippe, pour la 5e Convention sur l’Europe de l’Esprit, à Gniezno, en Pologne

Article du p. MD Philippe, sur la vie religieuse

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La vie religieuse

Notre consécration par les voeux de pauvreté, de chasteté (impliquant, plus profondément encore, l’esprit de virginité) et d’obéissance, sont (si j’ose dire) à la taille de l’Immaculée Conception. C’est pour cela que, dans la mesure où nous les vivons avec Marie, dans son coeur, ils sont une anticipation de ce que nous vivrons éternellement dans le ciel. Nous anticipons le ciel. Lire la suite »