Mois: janvier 2015

Notes de lecture du p. MD Philippe, sur saint Thomas d’Aquin

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Saint Thomas

Il y a chez saint Thomas un regard contemplatif extrêmement net, qui seul peut faire comprendre ce qu’est la théologie de saint Thomas. C’est bien pour cela que l’Eglise considère saint Thomas comme le « docteur commun », c’est-à-dire celui qui est « docteur » pour toute l’Eglise, qui a une place particulière en raison de la limpidité de son regard, de sa pénétration du mystère de la foi, du mystère de la Révélation. Quand on lit saint Thomas, on est toujours frappé de voir qu’il disparaît, en ce qu’il y a d’individuel, devant la Révélation elle-même. C’est le mystère de Dieu qui l’intéresse. C’est du reste ce qu’on rapporte de lui: « Je cherche Dieu. » Le seul désir du jeune Thomas d’Aquin, dès son enfance, était de connaître Dieu. Et c’est resté le seul désir de toute sa vie: connaître Dieu et vivre de lui, par Jésus et en Jésus, Fils bien-aimé du Père et Dieu lui-même, qui nous conduit au Père. Lire la suite »

Témoignage de Michèle, de Suisse

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Sur les traces du père Marie-Dominique Philippe

Il m’a été donné de connaître le père Marie-Dominique Philippe pendant les cinq dernières années de sa vie, années qui ont transformé la mienne.

Pour en parler, j’ai envie de commencer par le silence du père Philippe, celui de ses dernières semaines parmi nous, celui qui l’a empêché de prêcher la retraite johannique à Saint-Jodard en août 2006. Et c’est fr. Samuel Rouvillois qui, selon ses propres paroles, a prêté sa voix au père Philippe qui vivait l’épreuve du silence après avoir enseigné, prêché toute sa vie. Quelle retraite ! Au chevet du père Philippe, fr. Samuel puisait l’inspiration qui lui a permis de nous transmettre un ultime enseignement du père Philippe aux amis de tous horizons qui venaient chaque année se ressourcer à Saint-Jodard. C’est ainsi qu’une dernière fois, de façon mystérieuse, la présence, l’enseignement et la contemplation du père fondateur nous étaient livrés par ce frère qui avait su humblement s’effacer.

Quelques semaines auparavant, le père Philippe avait assuré la session philosophique. Depuis cinq années, je n’avais manqué aucun de ces rendez-vous de recherche philosophique, en juillet, et théologique, en août. J’ai même parfois blessé mes amis en privilégiant ces moments uniques envers et contre tout. Et je sais maintenant que je ne pouvais que poser ces choix, tant ces enseignements m’ont apporté une lumière vitale qui m’a peu à peu renouvelée. J’en vis chaque jour, et plus encore aujourd’hui.

Le père Philippe et le prieuré Saint-Jean de Genève

Le père Philippe, je l’ai connu grâce au prieuré de Genève, dont les frères avaient reçu la charge de la paroisse Saint-François de Sales. L’année du Grand Jubilé avait en effet marqué mon retour à l’Eglise après plus de 40 ans d’éloignement, et c’est à Saint-François que je me suis enracinée dès l’été 2000. J’avais été aussitôt attirée par la présence d’une congrégation religieuse fervente et par la vie contemplative qu’elle me permettait de toucher. Et c’est tout un milieu de vie qui s’est ainsi offert à moi, providentiellement, pour me permettre de grandir dans la foi, l’espérance et la charité.

Le chemin de conversion entrepris s’accompagnait d’une multitude de questions, auxquelles je cherchais des réponses. Et c’est dans le cadre des enseignements du Centre Saint-Jean que j’ai pu découvrir la recherche de vérité si chère au père Philippe et avancer sur ce chemin. Ces conférences nous permettaient déjà de creuser des questions philosophiques et théologiques, de développer un regard de sagesse sur l’homme, sur Dieu et c’était déjà très grand.

En 2004, avec l’inauguration de l’Espace Culturel François de Sales dans l’immeuble qui abritait l’ancien Centre Universitaire Catholique, le rayonnement des activités proposées par le prieuré de Genève a connu un nouvel essor et en particulier du côté de l’enseignement. En effet, à la demande pressante du père Philippe, l’Institut Saint-Jean, Sagesse et Culture a été fondé la même année. Cet institut dispensait un enseignement philosophique universitaire. Chaque mois le père Philippe venait à Genève nous donner, dans le cadre des week-ends « Sagesse et Culture », un enseignement de philosophie suivi d’un débat le samedi et, à la suite de la messe qu’il présidait le dimanche matin, un enseignement de théologie. Des rencontres exceptionnelles avec cet apôtre infatigable âgé de 92 ans (!), auxquelles j’étais bien sûr très fidèle et ce, jusqu’à la fin de sa vie, deux ans plus tard. Lire la suite »

Notes de lecture du p. MD Philippe, sur l’unité

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« Qu’ils soient un »

« La gloire que tu m’as donnée, je la leur ai donnée, pour qu’ils soient un comme nous sommes un. » Jn 17,22

Le mystère de la gloire, qui était la première demande, revient ici non seulement pour les disciples mais pour tous les autres, c’est-à-dire tout le mystère de l’Eglise et toute l’humanité. L’Eglise est responsable de toute l’humanité, elle doit porter l’humanité, autrement elle n’est pas catholique. Dans le coeur de Jésus nous sommes responsables de tous les hommes, Nous devons porter cette responsabilité divine, dans le coeur du Christ. Et donc nous devons nous porter tous vers le Père. C’est cela être catholique. Et cette unité est liée à la gloire, c’est-à-dire à la victoire plénière de l’amour.

Le mystère de la gloire se prolonge dans le mystère de la charité fraternelle, il est vécu dans ce mystère, et pour qu’il soit vraiment un mystère de gloire, il faut qu’il y ait cette unité. Nous retrouvons toujours cette même vision si profonde du mystère de la gloire, de la gloire de Jésus, qui est ce mystère de l’unité avec le Père, par où il spire l’Esprit Saint. (…)

Mystère d’unité, mystère de gloire, mystère d’amour; les trois se tiennent, et tout cela à l’intérieur de la consécration dans la vérité. Il y a là quelque chose d’extraordinairement fort, qu’il faut découvrir: cette prière, il faut la vivre pour en voir toute l’intensité.

Père Marie-Dominique Philippe, « Suivre l’Agneau » tome IV

Témoignage de Laetitia, de France

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Mon expérience du Père Philippe

Le père Philippe, quand on l’écoutait en cours, quand on l’entendait dans ses homélies, quand on le voyait célébrer l’Eucharistie, était un homme de la verticalité, constamment tourné vers l ‘adoration et vers la transcendance. Il était vrai dans ce qu’il disait, dans ce qu’il faisait ; son authenticité était évidente ; mais d’une certaine façon, la question de la confiance ne se posait pas car la dynamique se situait bien au-delà d’une relation de confiance. Nous étions face à un modèle et face à un guide un brin intimidant malgré son humilité.

Le père Philippe et la maternité divine de Marie

Je reste frappée par la justesse et la profondeur des propos qu’il m’a tenus il y a tout juste 20 ans quand je suis allée le voir pour la première fois en confession. Il m’ a dit : « quand on est angoissée, on a besoin d’une mère. » Sur le coup, je fus déconcertée. Je cherchais Dieu et le père Philippe me parlait de la nécessité d’avoir une mère. Il m’a fallu du temps pour comprendre que la maternité de Marie était un cadeau qui m’était aussi donné, et pour en découvrir les bienfaits. Lire la suite »

Notes d’homélie du p. MD Philippe, sur l’Epiphanie

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Fête de l’Epiphanie

Le mystère de l’Incarnation est pour toute l’humanité, pour tous les hommes, et cet aspect universel nous est manifesté par l’Epiphanie. C’est Dieu qui parle au cœur de ces savants, de ceux qui cherchent la vérité, pour nous faire comprendre que tous ceux qui cherchent la vérité, qui mettent toute leur vie au service de cette recherche, sont « alertés » par Dieu d’une façon très spéciale : ils ont besoin d’un signe. Les petits bergers n’en n’avaient pas besoin, parce que la foi implique une croyance immédiate : Dieu parle, Dieu est là. Mais les intellectuels ont toujours besoin de signes, et Dieu leur en donne. (…) Lire la suite »