Mois: décembre 2019

Extrait du p. MD Philippe: le secret du Père

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Le secret du Père

…le secret du Père reste toujours in sinu Patris, « dans le sein du Père ». Voilà pourquoi Jean parle du Verbe, du secret qui est le fruit de la contemplation du Père. En effet la vie de Dieu est une vie contemplative, ce n’est donc pas une vie selon la chair et le sang. L’analogie de la procréation est donc loin de Dieu…

Il y a quelque chose qui est plus proche de Dieu, c’est notre esprit, car « Dieu est Esprit ». Or notre esprit dans il est parfait – et il l’est grâce à l’amour-, contemple et réalise au-dedans de lui-même un secret qui est le verbe. Il faut bien comprendre cette comparaison, ou plutôt cette analogie. L’analogie est une comparaison, mais une comparaison très subtile…

La seconde personne de la Très Sainte Trinité nous est donc révélée dans la Prologue comme le secret du Dieu. « Au commencement le Secret était » – on peut interpréter ainsi….

Le Verbe était auprès de Dieu, vers Dieu, parce qu’il est tout entier tourné vers Dieu. Il provient du Père et il est tout entier tourné vers le Père, parce que ce secret est une personne vivante, c’est le « Verbe de Vie ». Et le Verbe était Dieu. Il est donc un avec Celui dont il procède.

Père Marie-Dominique Philippe, « Suivre l’Agneau »

Extrait du p. MD Philippe: du Fils au Verbe

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Du Fils au Verbe

Jean veut nous faire découvrir le secret du Père, ce secret qui a été révélé à Marie, ce secret qu’elle a découvert à la Croix. Nous pourrions dire – et le Prologue de Jean nous le montre- que la Très Sainte Vierge est passée du mystère du Fils au mystère du Verbe. Quelle différence y a-t-il entre les deux ?

Le Fils, c’est celui qui provient du Père. L’analogie de la filiation, nous la saisissons tout de suite parce que nous en avons l’expérience…

Le verbe, c’est quelque chose de plus intérieur, de plus mystérieux. C’est le fruit de la contemplation, le fruit d’une connaissance amoureuse, et c’est un fruit que nous portons au-dedans de nous-mêmes – ce qui n’est pas le cas du fils.

Père Marie-Dominique Philippe, « Suivre l’Agneau », tome I

Extrait du p. MD Philippe: la parole et le verbe

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La parole et le verbe

La parole implique la voix, la communication. En parlant, je vous communique – du moins j’essaie ! – ce que j’ai contemplé, ce que j’ai pensé. Une parole vivante est toujours reliée à sa source, qui est la pensée.

Le « verbe » est le contenu de la pensée, le fruit de la connaissance. Nous pourrions donc dire que logos, devrait se traduire par « secret ». Dans l’ordre de la connaissance affective, en effet, le fruit de notre connaissance aimante (le verbe intérieur, le verbe du cœur, – verbum cordis, comme disent saint Augustin et saint Thomas), c’est le secret.

Père Marie-Dominique Philippe, « Suivre l’Agneau », tome I

Extrait du p. MD Philippe: pourquoi le Verbe?

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Pourquoi le Verbe ?

Essayons d’entrer dans le mystère du Verbe qui nous est révélé dans le Prologue de saint Jean. Nous avons vu que, dans la révélation première qui est faite à Marie, l’Ange parle du Fils. Pourquoi donc Jean, qui est tellement disciple de Marie, qui a reçu Marie à la Croix, ne dit-il pas : « Au commencement le Fils était » ? Pourquoi Jean, qui connaît très bien les livres sapientiaux, et donc les Proverbes, ne dit-il pas : « Au commencement la Sagesse était » ? Pourquoi emploie-t-il une nouvelle expression ? Ce n’est sûrement pas pour être original. Jean ne cherche pas à être original, mais à nous faire entrer plus profondément dans la vérité et à nous faire aller plus loin dans le mystère ­– puisque Jean nous donne l’ultime révélation. Pourquoi donc Jean emploie-t-il le terme logos ?

Père Marie-Dominique Philippe, « Suivre l’Agneau », tome I

Extrait du p. MD Philippe: les trois « commencements »

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Les trois « commencements »

Revenons aux trois « commencements ». Il est en effet très important de regarder l’éternité (Prologue), le temps (Genèse) et ce moment où l’éternité et le temps ont été liés dans le mystère de la Croix. La Croix est la rencontre de l’éternité et du temps, et c’est pour cela qu’elle est éternelle. Eternellement Jésus s’offre au Père. La Croix est contemporaine de toute notre vie chrétienne. Jésus, à la Croix nous est donné actuellement, et l’Eucharistie est là pour nous faire comprendre que le mystère de la Croix est actuel pour nous. L’éternité assume le temps (c’est cela le mystère de l’Incarnation), elle ne supprime pas le temps, elle n’en est pas la rivale. (…)

La Croix fait l’alliance de l’éternité et du temps dans le cœur de l’Agneau, et cette alliance de l’éternité et du temps est manifestée à travers le cœur de Marie.

Père Marie-Dominique Philippe, « Suivre l’Agneau », tome I

Extrait du p. MD Philippe: Marie est au point de départ

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Marie est au point de départ

Un très beau passage du Livre des Proverbes, où il est dit (c’est la Sagesse qui parle) : « Yahvé m’a créée au début de ses desseins, avant ses œuvres les plus anciennes. Dès l’éternité je fus fondée, dès le commencement, avant l’origine de la terre… »

La liturgie applique ce texte à Marie. C’est étonnant ! Nous n’aurions pas découvert cela par nous-mêmes, mais la liturgie, c’est l’Église, et c’est l’Église en tant qu’elle est l’Épouse du Christ, donc en tant qu’elle est mue par l’Esprit Saint. Elle découvre que celle qui est là, au point de départ, c’est Marie, le chef-d’œuvre de Dieu, celle qui est avant toute autre créature. Avant tout le reste, Marie a été « pensée » par Dieu. Le secret profond de toute la création, c’est Marie. Elle est au cœur de toute l’économie divine.

Et à la Croix Marie est née. C’est la naissance de Marie, la naissance de la nouvelle Ève (comme l’ont très vite vu les Pères de l’Église) de la Femme qui est née à partir de la blessure du cœur de l’Agneau.

Père Marie-Dominique Philippe, « Suivre l’Agneau », tome I

Extrait du p. MD Philippe: un regard trinitaire

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Entrer dans le regard de la Très Saint Trinité

Une théologie de l’économie divine, c’est-à-dire une théologie de la pédagogie de Dieu, doit être très attentive à ces divers commencements. L’un est éternel (le Prologue de l’Évangile de saint Jean) ; l’autre c’est la reprise de tout à partir de la blessure du cœur de l’Agneau, qui ne détruit en rien l’œuvre de la création mais le reprend totalement. C’est pourquoi, dans la lumière de la Croix, nous voyons le mystère de la création (Genèse).

Qu’il y ait trois « commencements », c’est normal, car tout est trinitaire dans l’Ecriture, et c’est toujours le mystère de la Très Sainte Trinité qui donne la dernière lumière sur tout. Tant que nous n’avons pas atteint le mystère de la Très Sainte Trinité, nous n’avons pas vraiment un regard théologique. Selon les Pères de l’Eglise et selon saint Thomas, tant que nous n’avons pas un regard trinitaire, nous n’avons pas non plus un regard théologique. (…) La théologie est le regard trinitaire sur toute chose. Nous entrons dans le regard de la Très Saint Trinité, c’est notre privilège. Le privilège du chrétien c’est de pouvoir regarder toute chose dans la lumière de la Très Sainte Trinité, c’est-à-dire dans la lumière du Verbe de Dieu, puisque la théologie est l’anticipation de la vision béatifique.

Père Marie-Dominique Philippe, Suivre l’Agneau, tome I