Ouvrier de la sagesse

Extrait du livre « Ouvrier de la Sagesse » sa compassion

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Son exceptionnelle compassion

Citons Jourdain de Saxe : « Dieu lui avait donné une grâce spéciale de prière envers les pécheurs, les pauvres, les affligés. Il en portait les malheurs dans le sanctuaire intime de sa compassion et les larmes qui sortaient en bouillonnant de ses yeux manifestaient l’ardeur du sentiment qui brûlait en lui-même. »

Durant toute sa vie, le père Marie-Dominique fut tellement le disciple de saint Dominique qu’il nous est apparu comme une nécessité de citer, en dédicace de cet entretien, cette parole de Jourdain de Saxe parlant du fondateur de l’Ordre comme étant l’apôtre, le prêtre, brûlé de zèle pour les âmes. Elle reflète bien également ce qu’a été le père : un homme d’une compassion infinie. Les sommets qu’il a atteints par son intelligence, tant du côté de sa recherche philosophique que de sa recherche théologique, loin de l’écarter des détresses humaines, l’en ont toujours plus rapproché.

N’était-ce pas l’intuition de saint Dominique ? N’est-ce pas en effet en se consacrant à la lumière que ses fils et ses frères pourraient se rendre le plus proches des nécessiteux ?

À la suite de Dominique, le père Marie-Dominique a inlassablement cherché la vérité, et par là aussi, fut un homme d’une exceptionnelle compassion.

Extrait du livre « Ouvrier de la sagesse « 

Extrait du livre « Ouvrier de la Sagesse » : il encourage les fondations

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Il encourage les fondations

Lorsque Dominique choisit de tout entreprendre pour développer l’Ordre, il se heurte à bien des oppositions. Jourdain de Saxe rapporte à ce sujet : « Il n’avait au début qu’un petit groupe de frères, simples pour la plupart et faiblement instruits, et il les divisait, les dispersait en missions à travers les Églises d’une telle manière que les enfants du siècle jugeaient, dans leur prudence, qu’il paraissait détruire l’œuvre ébauchée plutôt que l’agrandir. » Saint Dominique répond  aux objections qu’on lui oppose : « Je sais ce que je fais », et il envoie ses frères, non sans s’être concertés avec eux pour chercher ce qui était le mieux.

A une toute autre époque, le père Marie-Dominique nous a sans cesse encouragés à fonder, en nous demandant parfois de renoncer à renforcer tel couvent, même si le besoin s’en faisait sentir. Il nous invitait à regarder toujours le bien de l’Église et les appels pressants de l’Esprit Saint1. A ceux qui lui objectaient que certains frères n’étaient pas assez formés pour partir en mission, le père répondait volontiers : « Il faut faire confiance, je les connais, ils feront du bien. »

Extrait du livre « Ouvrier de la sagesse « 

1 Cf. ci-dessus le chap. 1 de la 2e partie.

Extrait du livre « Ouvrier de la Sagesse »: l’amour de la Vierge Marie

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Son amour pour la Vierge Marie

Saint Dominique avait un extraordinaire amour pour la Vierge Marie. On raconte qu’un jour, alors qu’il était très découragé devant le peu de conversions, il se retira dans un bois pour prier et faire pénitence. La Vierge Marie lui serait alors apparue en lui disant : « Mon fils Dominique, ne vous étonnez pas de ne pas réussir en vos prédications ! Car, vous labourez un sol qui n’a pas été arrosé par la pluie de la Salutation angélique, et c’est ainsi que le monde fut racheté… Exhortez-donc les hommes, dans vos sermons, à réciter mon Psautier (il sera appelé plus tard : Rosaire), et vous en recueillerez de grands fruits pour les âmes. » Pour Dominique, réciter le rosaire n’est rien d’autre que contempler avec Marie le visage du Christ. Le rosaire est cette prière d’intercession indispensable qui permet à la sainte prédication de réaliser dans les âmes tous les desseins de Dieu.

En fils de saint Dominique, le père Marie-Dominique n’a eu de cesse de prier et de prêcher les mystères du rosaire. Il nous disait que la prière incessante du chrétien était l’Ave Maria. Et combien de fois ne l’avons-nous pas vu le rosaire à la main, marchant dans les couloirs, entre deux cours ou entre deux rendez-vous… On peut dire qu’il avait comme devise cachée celle que Jean-Paul II avait choisie : Tout à toi, Marie. Il avait un très grand amour de la Vierge Marie. Il nous la rendait présente par son intelligence théologique si vive. Au plus intime de son cœur, il souhaitait que tous les frères et sœurs de Saint-Jean lui soient entièrement consacrés. Le rosaire était bien pour lui une arme divine nous permettant de lutter contre toutes les séductions qui nous éloignent du Christ, un rempart pour notre foi, notre espérance et notre charité, mais aussi la prière des pauvres qui fait redire inlassablement, avec les mêmes mots, notre amour à celle qui est notre mère. C’était pour lui la voie privilégiée pour que, comme le disait saint Louis-Marie Grignion de Montfort, « ce ne soit plus nous qui vivions, mais la Vierge Marie qui vive en nous »1. Le père Philippe disait encore : « Si on aime Marie, on aimera le rosaire, puisque ce sera pour nous le moyen de vivre tout proches d’elle et de ne pas la quitter. C’est cela le rosaire : c’est vivre avec Marie, vivre par Marie, vivre en Marie sans jamais la quitter, et cela pour toutes les étapes de notre vie. Les périodes de joie, les périodes de luttes et de souffrances, les périodes de victoire, on les vit avec la Vierge Marie. »

Extrait du livre « Ouvrier de la sagesse « 

1 Cf. saint Louis Marie de Montfort, Le Secret de Marie, § 55.

Extrait du livre « Ouvrier de la sagesse » : un homme évangélique

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Un homme évangélique

« J’ai toujours beaucoup aimé que de saint Dominique on n’ait pas dit qu’il était un contemplatif, ni un apôtre, ni un actif merveilleux, mais que l’on ait dit de lui une seule chose : il était vir evangelicus, un homme évangélique. » Vivre l’Évangile en tous lieux, annoncer l’Évangile à temps et à contretemps pour sauver le monde, c’est bien cette lumière que le père Marie-Dominique nous a transmise et qu’il désirait pour nous : « L’homme évangélique, c’est l’homme tout entier relatif au Christ ; et être tout entier relatif au Christ, c’est accepter de mourir à soi-même pour être en tout celui qui suit l’Agneau partout où il va, qui suit le Christ dans sa prière, qui le suit dans son enseignement, qui le suit jusqu’à la Croix dans la charité fraternelle. Car la charité fraternelle du Christ, c’est accepter de donner sa vie pour sauver ses frères. »(…)

« Suivre l’Agneau , c’est accepter de ne rien voir : on suit l’Agneau. (…) C’est accepter de ne plus avoir aucune détermination propre, de ne plus être soi-même mais d’être l’Agneau en nous, de comprendre que l’Agneau est tout pour nous. Suivre l’Agneau dans notre foi, dans notre espérance, dans notre amour, c’est accepter de ne rien décider dans notre vie, mais de tout décider à partir de l’Agneau, à partir du cœur du Christ, c’est lui qui décide de tout, tout. Suivre l’Agneau, c’est mourir à soi-même. Suivre l’Agneau pour n’avoir qu’une seule préoccupation : aimer. (…) Être un avec la blessure du cœur de l’Agneau. Aimer. Aimer dans la joie, aimer dans la souffrance, aimer dans l’agonie, aimer dans les luttes. Aimer, aimer le Père, c’est cela suivre l’Agneau. »1

Extrait du livre « Ouvrier de la sagesse « , p Benoît Emmanuel Peltereau-Villeneuve

1 Veillée en l’église Saint-Ignace, à Rome, le 14 février 2006.

Extrait du livre « Ouvrier de la sagesse » : consolateur de ses frères

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Consolateur de ses frères

Consolateur des frères, c’est, en effet, une expression utilisée fréquemment par les contemporains de Dominique pour le décrire : « …Il va faire un tour au “dortoir”, ce couloir qui longe les petites chambres des frères et où ils dorment. Il prie pour eux, pour leur persévérance, pour qu’ils trouvent la joie dans la pratique des béatitudes. Si l’un d’entre eux est pris par l’angoisse et ne dort pas, il prie avec lui et le console. Tel autre s’est découvert dans son sommeil, Dominique remonte la couverture de laine et, plus tard, tel ou tel qui l’a surpris racontera qu’il était accompagné de la Vierge Marie ou des saints du Paradis dans cette ronde affectueuse. »1

Le père Philippe, lui, pleurait avec nous2, prenant sur lui toutes nos peines et nos détresses, nous recevant nuit et jour. Nous ressortions des moments passés avec lui transformés. Nous retrouvions l’espérance, l’espace d’un moment. Sans se décourager, il reprenait tout inlassablement avec nous, dans une très grande douceur et une très grande force, nous manifestant une confiance totale, peut-être surtout dans les moments où nous paraissions plus fragiles.

Extrait du livre « Ouvrier de la sagesse « , p Benoît Emmanuel Peltereau-Villeneuve

1 Jean-René Bouchet, Saint Dominique, p. 93.

2 Cf. Rm 8, 15 : « Réjouissez-vous avec qui est dans la joie, pleurez avec qui pleure. »

Extrait du livre « Ouvrier de la sagesse » sur l’élan missionnaire

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L’élan missionnaire porté par le père Marie-Dominique Philippe

En découvrant ce qu’a été la vie de saint Dominique, j’ai mieux saisi la grâce que nous avons reçue dans la Communauté Saint-Jean. Le père nous invitait à le regarder – selon les paroles qu’il avait reçues lui-même de Jean-Paul II – comme le « vrai » fondateur de la Communauté Saint Jean. « Saint Jean, saint Dominique. Il y a une telle parenté entre eux ! »1

Ce que l’on retient en premier lieu, c’est l’extraordinaire charité fraternelle des frères autour de Dominique, qui fut manifestement la source du développement de l’Ordre et de leur zèle apostolique. Si Dominique souhaite que ses frères vivent une vie fraternelle intense, il continue sans cesse de désirer « partir prêcher », et il leur transmet cette passion. Ensemble, les frères rêvent d’aller annoncer la Bonne Nouvelle de l’Évangile partout où la Providence les conduira. Lire la suite »

Extrait du livre « Ouvrier de la sagesse » : un prêcheur

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Un prêcheur

Jourdain de Saxe rapporte que « dès le début, l’Ordre a été fondé pour la prédication et le salut des hommes. » Dominique passe le plus clair de son temps sur les routes pour prêcher. Il voyage aussi pour préparer les fondations, pour se rendre aux premiers chapitres généraux qui réunissent les premiers frères, mais surtout il visite ses frères et là, il les encourage à la prédication et les console. Il voyage sans cesse comme un pèlerin, toujours en route pour faire découvrir et faire aimer le Christ.

Le père Marie-Dominique a passé toute sa vie à enseigner et à prêcher. Jamais une semaine d’arrêt. Il était constamment mobilisé pour le Royaume. Une année, nous nous étions amusés à le présenter au Forum Amour et Vie, en tentant de calculer le nombre de conférences et de cours qu’il avait donnés dans sa vie. Plus de quarante mille… et nous étions sans doute bien en deçà de la vérité ! Rarement plus de huit jours dans le même lieu, et cela toute sa vie. Il a voyagé sur tous les continents. Comme Dominique, il prêche, visite ses frères et encourage les fondations. Un jour, il m’avait confié qu’il aurait très bien compris que nous puissions fonder de petits couvents itinérants pour prêcher des missions dans les campagnes, auprès des jeunes. C’est peut-être ce qui se réalise déjà lorsque des frères et des sœurs se réunissent pour accompagner des camps, des pèlerinages, des voyages… Ils témoignent ainsi de la charité fraternelle vécue entre eux, qui, au fond, reste le ferment le plus contagieux et la grande source de fécondité.

Extrait du livre « Ouvrier de la sagesse « , p Benoît Emmanuel Peltereau-Villeneuve