Intro philo

Extrait du p MD Philippe sur l’expérience philosophique

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L’expérience philosophique

Aristote revient à ce fait que l’intelligence de l’homme est une puissance (dynamis) d’une âme unie à un corps. Les sensations et les passions jouent donc un rôle très important, premier pour l’homme : l’enfant s’éveille progressivement par l’expérience, par les sensations. Aristote redonne donc cette valeur à l’expérience sensible. Et là, Aristote constate que nous avons des expériences qualitativement différentes : nous « accrochons » à la réalité avec nos cinq sens. Il y a donc cinq grandes expériences humaines fondamentales, dans la mesure où notre intelligence s’éveille et adhère à ce qui est, en se servant des cinq sens. L’expérience fait que nous construisons tout de suite sur la diversité. Platon cherchait éperdument l’unité ; Aristote bâtit sur l’expérience qui implique cette diversité qualitative.

Père Marie-Dominique Philippe, Article paru en 2003

Extrait du p. MD Philippe, le philosophe est serviteur

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Le philosophe est serviteur

Ce n’est pas seulement pour lui-même que le philosophe est philosophe : il doit être serviteur des hommes, pour leur indiquer le chemin en leur rappelant leur finalité, le sens de leur vie. Il était déjà très difficile de le découvrir à l’époque d’Aristote, mais c’est encore beaucoup plus difficile aujourd’hui, parce que nous avons plus de vingt-cinq siècles de recherche philosophique derrière nous… Mais si nous faisons de la philosophie, c’est en raison de cet amour profond que nous avons pour l’homme et pour tous les hommes, surtout pour ceux qui ont le plus de peine à découvrir le sens de leur vie, la vérité.

Père Marie-Dominique Philippe, Article paru en 2003

Extrait du p. MD Philippe: Aristote et Platon

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Aristote et Platon

Aristote, lui, s’était trouvé devant un grand maître, Platon, qu’il avait suivi durant vingt ans ! Il est beau de voir cette fidélité d’Aristote à quelqu’un qui l’avait éveillé à la philosophie. Platon est un extraordinaire éveilleur et Aristote a beaucoup puisé à sa philosophie. Sans pour autant le suivre entièrement, ayant beaucoup reçu de lui, il a toujours eu envers lui une dette de reconnaissance et on ne peut pas parler vraiment d’Aristote sans connaître Platon. Aristote ne s’est pas construit en opposition à Platon mais il a cherché la vérité. Aujourd’hui, on se construit souvent par opposition ; partout nous sommes dans les luttes et nous avons beaucoup de mal à saisir simplement ce qui est vrai, nous aimons opposer. Aristote ne s’est pas construit contre Platon, il a saisi, en le précisant, ce qu’il y avait de plus noble et de plus grand dans sa philosophie : le sens de la contemplation, de la théôria. Et il a précisé et rectifié la pensée de Platon en revenant à l’expérience, comprenant qu’un philosophe doit être serviteur des hommes, selon ce que Socrate avait déjà proclamé.

Père Marie-Dominique Philippe, Article paru en 2003

Extrait du p. MD Philippe sur le premier souffle de la philosophie

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Le premier souffle de la philosophie

Quand on pense aux diverses idéologies qui sont nées depuis une centaine d’années, et quand on regarde la dernière d’entre elles, la philosophie analytique, on est bien obligé de reconnaître que la métaphysique y est réduite à néant, à tel point que non seulement l’existence de Dieu est rejetée, mais que l’homme lui-même, en ce qu’il est comme personne, au plus profond de son être, n’est plus considéré du tout. On ne peut guère aller plus loin dans l’abandon de la signification profonde de la philosophie. Celle-ci n’a-t-elle pas toujours été au service de l’homme, pour permettre  à celui-ci de découvrir sa véritable finalité ? (…)

N’est-ce pas pour nous une obligation de tout faire pour donner ce nouvel esprit, pour redonner à l’intelligence humaine sa véritable vie, la reprendre en ce qu’elle a de plus profond, de plus radical – j’allais presque dire : dans son premier souffle ?

Père Marie-Dominique Philippe, « Lettre à un ami »

Extrait du p. MD Philippe sur la pollution

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La pollution

Si l’on s’inquiète aujourd’hui avec raison de la pollution de l’air, de la mer et bientôt de la terre, si l’on prend conscience de l’urgence de ce problème (car c’est vraiment la survie biologique de l’espèce humaine qui est en cause), on devrait, si l’on était un peu lucide, s’inquiéter encore beaucoup plus profondément de la pollution du milieu culturel en lequel les jeunes doivent développer leur esprit et leur cœur. Car si la pollution du milieu biologique peut favoriser l’éclosion de toute espèce de cancers, la pollution du milieu culturel peut favoriser l’éclosion de toutes sortes de fausses idéologies, mal encore plus effrayant au niveau du développement de l’intelligence et du cœur de l’homme.

Devant ce danger, on ne peut demeurer indifférent : il n’y a pas de neutralité possible, car la neutralité serait déjà une sorte de compromission. Notre  intelligence n’est-elle pas faite pour la découverte de la vérité ? Notre cœur n’est-il pas fait en premier lieu pour la découverte de la personne humaine, pour l’aimer comme un ami ?

Père Marie-Dominique Philippe, « Lettre à un ami »

Extrait du p. MD Philippe: découvrir l’homme

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Découvrir l’homme

Au nom d’une anthropologie psycho-sociologique, qui ne regarde en l’homme que sa situation existentielle et son comportement, on rejette toute philosophie du réel, et surtout on tient pour périmée la métaphysique de ce-qui-est considéré du point de vue de l’être. On oublie que cette philosophie de ce-qui-est nous permet de découvrir en l’homme ses divers niveaux de vie, sa complexité, sa véritable personne, son autonomie substantielle dans l’être et son orientation vers un bien personnel, sa dimension spirituelle, dimension qui demeure voilée tant que l’homme n’est considéré que dans son conditionnement et son comportement psycho-sociologique.

Père Marie-Dominique Philippe, « Lettre à un ami »

Extrait du p. MD Philippe sur les idéologies

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Les idéologies

Les idéologies du progrès, la dialectique hégélienne, la dialectique matérialiste du marxisme, la méthode psychanalytique freudienne, marquent la sensibilité et le milieu imaginatif de l’homme moderne d’une manière si directe et si forte que souvent toute recherche de vraie sagesse semble superflue et du reste  impossible, condamnée dès le point de départ.

C’est une évidence pour tout le monde, qu’aujourd’hui tout est secoué, remis en cause, et cela à tous les niveaux. On peut alors se pose la question : assistons-nous à la fin d’un monde et à la naissance d’un monde nouveau ? Ou assistons-nous à la fin dernière de notre univers ?

Père Marie-Dominique Philippe, « Lettre à un ami »