Intro philo

Extrait du p. MD Philippe: découvrir l’homme

Publié le Mis à jour le

Découvrir l’homme

Au nom d’une anthropologie psycho-sociologique, qui ne regarde en l’homme que sa situation existentielle et son comportement, on rejette toute philosophie du réel, et surtout on tient pour périmée la métaphysique de ce-qui-est considéré du point de vue de l’être. On oublie que cette philosophie de ce-qui-est nous permet de découvrir en l’homme ses divers niveaux de vie, sa complexité, sa véritable personne, son autonomie substantielle dans l’être et son orientation vers un bien personnel, sa dimension spirituelle, dimension qui demeure voilée tant que l’homme n’est considéré que dans son conditionnement et son comportement psycho-sociologique.

Père Marie-Dominique Philippe, « Lettre à un ami »

Extrait du p. MD Philippe sur les idéologies

Publié le Mis à jour le

Les idéologies

Les idéologies du progrès, la dialectique hégélienne, la dialectique matérialiste du marxisme, la méthode psychanalytique freudienne, marquent la sensibilité et le milieu imaginatif de l’homme moderne d’une manière si directe et si forte que souvent toute recherche de vraie sagesse semble superflue et du reste  impossible, condamnée dès le point de départ.

C’est une évidence pour tout le monde, qu’aujourd’hui tout est secoué, remis en cause, et cela à tous les niveaux. On peut alors se pose la question : assistons-nous à la fin d’un monde et à la naissance d’un monde nouveau ? Ou assistons-nous à la fin dernière de notre univers ?

Père Marie-Dominique Philippe, « Lettre à un ami »

Extrait du p. MD Philippe: ce pour quoi l’intelligence est faite

Publié le Mis à jour le

Ce pour quoi l’intelligence est faite

Dans ce climat de transformations incessantes et si tangibles, il est bien difficile de découvrir dans la réalité humaine, autre chose que ce qui est soumis au changement, ce qui est relatif ; il est bien difficile de discerner que l’intelligence humaine est faite, profondément, pour aller au-delà de ces connaissances scientifiques et techniques, qu’elle est faite pour découvrir une vérité d’un autre caractère. En un mot,  il est bien difficile de discerner que l’intelligence humaine, en ce qui est le plus « elle-même », est faite pour atteindre ce-qui-est, le réel existant en toute sa profondeur ; et que grâce à cela elle peut découvrir plus radicalement et d’une manière ultime ce qu’est l’homme : ce qu’il est comme esprit lié au corps, au monde sensible, et cependant capable de le transcender parce qu’il a une destinée personnelle qui lui est propre.

Père Marie-Dominique Philippe, « Lettre à un ami »

Extrait du p. MD Philippe: une sagesse de vie

Publié le Mis à jour le

La recherche d’une sagesse de vie

De tout temps la recherche d’une sagesse de vie a été chose difficile et rare ; parce que l’homme, en raison même de sa complexité et de sa richesse, risque toujours de se distraire, de se laisser prendre par les problèmes immédiats et d’oublier l’essentiel, d’oublier ce pour quoi il est fait, de perdre la signification profonde de sa vie d’homme.

A notre époque, cette recherche de la sagesse devient particulièrement difficile, car le milieu culturel dans lequel vit l’homme d’aujourd’hui ne favorise pas la recherche de cette sagesse, qui est considérée comme inutile, comme une nostalgie qui n’a plus de sens, étant complètement dépassée.

Père Marie-Dominique Philippe, « Lettre à un ami »

Extrait du p. MD Philippe, le désir de vérité

Publié le Mis à jour le

Le désir naturel de vérité

Pour Aristote, notre intelligence prise en elle-même a un appétit radical de vérité : « Tous les hommes désirent par nature savoir ». cet appétit, ce désir naturel de vérité, ne peut s’arrêter à une connaissance pratique, où notre connaissance intellectuelle avide de vérité demeure subordonnée à l’action ou à une œuvre.

De plus, les traditions religieuses parlant d’un Dieu créateur et d’une âme immortelle ne réclament-elles pas pour Aristote une connaissance théorétique, capable d’atteindre par elle-même ces deux réalités, pour montrer le bien-fondé des traditions religieuses ?

Père Marie-Dominique Philippe, « Introduction à la philosophie d’Aristote »

Extrait du p. MD Philippe, le point de départ de la philosophie

Publié le Mis à jour le

L’expérience, point de départ de la philosophie

Aristote (qui ne donne pas de méthode – c’est en dehors de son génie ¬ , mais qui donne des itinéraires merveilleux, qui trace des petits sentiers) dit expressément: il faut partir de l’expérience.

Seule l’expérience des réalités existantes peut être le point de départ d’une véritable recherche philosophique. De plus, cette première expérience objective est communicable et permet une vérification; tandis que l’expérience du vécu intérieur ne peut être communiquée comme telle. Ce qu’il faut noter ici, c’est que, en face de ces deux types d’expérience on est en présence du point de départ de deux grandes philosophies très différentes: Aristote et Platon.

Père Marie-Dominique Philippe, « Les Trois Sagesses »

Extrait du p. MD Philippe: philosophie pratique et spéculative

Publié le Mis à jour le

La philosophie pratique et spéculative

Ce qu’Aristote appelle la philosophie humaine, pratique, impliquera trois grandes parties : elles considèrent l’homme dans l’activité artistique, l’homme capable de transformer le monde ; l’homme dans la recherche de son propre bonheur : ce bonheur ne peut être parfait que dans la contemplation de Dieu – autant que l’homme peut y arriver par lui-même – et dans le choix d’un ami ; enfin, l’homme politique, engagé dans la recherche du bien commun.

Cette recherche de la philosophie pratique fait constamment appel à une réflexion plus radicale, plus profonde : celle de la philosophie dite spéculative, où ce qui est considéré en premier lieu n’est pas l’action humaine, mais la réalité existante elle-même, antérieure à l’activité pratique e l’homme. Cette philosophie dite spéculative recherche la vérité pour elle-même ; elle veut atteindre la réalité existante telle qu’elle est : l’intelligence n’est vraie que lorsqu’elle saisit cette réalité elle-même, considérée comme la propre mesure de sa connaissance – en précisant les divers points de vue sous lesquels l’intelligence humaine est capable de l’atteindre.

Père Marie-Dominique Philippe, « Introduction à la philosophie d’Aristote »