Comm. Apocalypse

Extrait du p. MD Philippe: le petit Abel

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Le petit Abel est l’agneau

Commençons par regarder l’Ecriture. Essayons de comprendre [ce grand thème de l’Agneau], ce « leitmotiv » de la musique de l’Esprit Saint, comme dirait saint Augustin, le plus fondamental et, d’une certaine manière, celui qui est ultime. Dès le point de départ on voit le petit Abel offrir les prémices de son troupeau. On ne parle pas d’agneau, mais on peut être sûr que les « premiers-nés de son troupeau » sont des agneaux. Et Abel les offre avec tant d’amour que l’Agneau va réclamer de lui l’offrande de lui-même. C’est impressionnant ; c’est du reste pour cela que, dans le premier Canon de la messe, Abel est mentionné. C’est grand de voir ce mystère de l’Agneau qui reste comme caché, qui n’est pas explicite. (…) Le petit Abel est l’agneau et il est massacré par la jalousie fraternelle et religieuse de son frère qui ne supporte pas que le cadet passe devant lui, qui ne supporte pas que, dans l’adoration et dans le sacrifice, Dieu ne respecte pas son droit d’aînesse. Tout cela est présent dans le mystère de l’Agneau, il ne faut pas l’oublier.

Père Marie-Dominique Philippe, Conférence AFC, 1991

Extrait du p MD Philippe, sur l’Agneau

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Le mystère de l’Agneau

Nous allons regarder le mystère de l’Agneau. N’oublions pas que la parole de Jean-Baptiste : « Voici l’Agneau de Dieu qui porte l’iniquité du monde » est la seule parole de l’ancienne alliance — transmise et reprise par Jean-Baptiste — que l’Esprit Saint, dans sa conduite sur l’Eglise, maintient tous les jours dans la célébration de l’Eucharistie : « Voici l’Agneau de Dieu… » C’est important, puisque cela nous fait saisir combien le mystère de l’Agneau est lié à toute la grande attente de l’ancienne alliance, et à tout le mystère de l’attente de l’Eglise, comme ce qui est au cœur de cette attente. C’est cela que nous allons essayer de comprendre. C’est capital pour notre foi.

Père Marie-Dominique Philippe, Conférence AFC, 1991

Extrait du p. MD Philippe, garder la parole de Dieu

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Garder la parole de l’Apocalypse

Quand nous lisons l’Apocalypse, n’oublions jamais que nous ne pouvons pas nous arrêter à ce que nous comprenons. Nous voulons garder intégralement la parole de Dieu. Pour celle que nous comprenons, cela va de soi ; quant à celle que nous ne comprenons pas, nous la gardons en demandant à l’Esprit Saint de nous donner le don d’intelligence, le don de science et le don de sagesse, ces trois dons qui nous permettent de pénétrer plus profondément dans le mystère de la parole de Dieu et dans ce mystère ultime de la parole de Dieu qu’est l’Apocalypse. Pour pouvoir aller jusqu’au bout, faisons l’effort de ne pas diminuer la parole de Dieu, de ne pas « diminuer la vérité », mais au contraire de la recevoir avec (si j’ose dire) cette jeunesse qui caractérise la foi. La foi, c’est la « jeunesse » de l’intelligence divine qui nous est donnée. La foi nous maintient dans la petitesse, c’est-à-dire dans la soif de la vision béatifique. La foi divine nous donne donc une grande avidité d’adhérer pleinement à la parole de Dieu.

Père Marie-Dominique Philippe, note d’une conférence AFC, 1990

Extrait du p. MD Philippe, nous sommes faits pour la Jérusalem céleste

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Pour la Jérusalem Céleste

Le terme de l’Apocalypse, c’est la Jérusalem céleste ; nous sommes faits pour la Jérusalem céleste. Et la Jérusalem céleste descend d’en haut : on la reçoit dans l’espérance. Ce n’est pas nous qui la fabriquons. Oui, nous coopérons, mais c’est en premier lieu l’œuvre de la grâce de Dieu. Nous avons tous reçu gratuitement la foi, l’espérance et la charité ; cependant nous sommes tous responsables de la croissance de notre foi, de notre espérance et de notre charité. Nous devons donc les nourrir, et l’Apocalypse les nourrit. Si donc nous voulons atteindre ce terme glorieux de la Jérusalem céleste — or nous le désirons tous —, lisons l’Apocalypse. C’est pour notre éternité que nous la lisons.

Père Marie-Dominique Philippe, note d’une conférence AFC, 1990

Extrait du p. MD Philippe: être bienheureux

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Être bienheureux en lisant l’Apocalypse

« Heureux celui qui lit et ceux qui entendent les paroles de cette prophétie et gardent ce qui s’y trouve écrit, car le temps est proche ! »

L’Apocalypse est le seul livre de l’Ecriture où il nous soit promis d’être bienheureux si nous le lisons… et c’est le livre qu’on lit le moins. Comme nous sommes illogiques ! Pourtant, nous désirons tous être heureux, et bienheureux. Qu’est-ce qui est pour nous la source de la plus grande tristesse ? Le désespoir. Et qu’est-ce qui combat le désespoir ? Donner une nourriture à notre espérance, une nourriture forte, une nourriture divine. (…)  l’Apocalypse est objet de foi, c’est une révélation que nous recevons dans la foi et l’espérance. Or si nous voulons lutter avec force, avec courage, avec intelligence, si nous voulons que notre témoignage de chrétiens aille jusqu’au martyre (car c’est cela, le témoignage chrétien), il faut avoir une espérance forte, dans le monde d’aujourd’hui. C’est pour cela que nous devons lire et écouter l’Apocalypse ; en la lisant et en essayant de la comprendre, nous aurons une nouvelle force divine d’espérance.

Père Marie-Dominique Philippe, note d’une conférence AFC, 1990

Extrait du p. MD Philippe sur l’Ange de l’Apocalypse

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L’envoi de l’Ange

L’Apocalypse parle beaucoup des anges, et il ne faut pas oublier que le mot latin angelus vient du grec aggelos qui signifie « messager », « envoyé ». Jean, dans son Evangile, parle de Jésus comme de « celui que le Père a envoyé », et le rôle des anges est d’être des envoyés de Dieu pour nous. Les anges sont toujours investis d’une mission, et ils nous sont révélés par leur mission elle-même. Or l’Eglise affirme que Marie est la Reine des anges et la Reine des prophètes.

Posons-nous une première question : Marie, qui a été donnée à Jean à la Croix pour être sa Mère, est-elle absente de l’Apocalypse ? Je ne le crois pas. Au cœur de l’Apocalypse, il y a « la Femme ». Mais aussi, si Marie est la Reine des prophètes, serait-elle absente de cette grande « révélation de Jésus Christ » à Jean ? Cela semble impossible. Il y a donc là une médiation de Marie. Elle est voilée, et ce n’est pas étonnant (la médiation de Marie est toujours voilée), mais il y a une médiation. « Il l’a signifiée par l’envoi de son ange. » Peut-on dire que Marie, la Reine des anges, est envoyée ?

Père Marie-Dominique Philippe, note d’une conférence AFC, 1990

Extrait du p. MD Philippe, l’Apocalypse, nourriture de notre espérance

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L’Apocalypse, nourriture de notre espérance

L’Apocalypse … c’est pour Jean, pour son espérance conquérante d’apôtre. Et l’Apocalypse nous est aussi donnée, à nous, pour notre espérance. Une des tentations les plus terribles aujourd’hui, c’est de désespérer. (…) L’Apocalypse nous est donnée pour apporter un renouveau à l’espérance chrétienne et pour nous permettre d’aller jusqu’au bout de cette espérance.

Si on me permet de donner un témoignage personnel (…), je peux dire que quand j’étais jeune religieux, chaque fois que j’avais une tentation de repliement (ce n’est pas facile, la vie religieuse !), je prenais l’Apocalypse et je la lisais un moment. Cela me donnait une force étonnante, comme le ferait un vin généreux, tonique. Si les chrétiens lisaient plus l’Apocalypse, ils auraient une espérance bien plus grande, parce qu’en la lisant nous comprenons que nos petites ou nos grandes luttes, nos grandes misères, nos grandes souffrances, sont liées directement au mystère de la Croix. C’est cela, la vision de l’Apocalypse : c’est le mystère de la Compassion de Marie qui s’étend à toute l’Eglise.

Père Marie-Dominique Philippe, note d’une conférence AFC, 1990