Octobre

Notes de conférence du p. MD Philippe sur sa première rencontre avec le Card. Wojtila

Publié le Mis à jour le

Première rencontre du p. MD Philippe avec le Cardinal Wojtila

La première fois que je l’ai vu (il n’était pas encore Pape, mais était déjà cardinal) j’ai eu l’impression d’être en face d’un apôtre comme Pierre, comme Jean (cela dépendait des moments), comme Jacques — bref, un vrai témoin du Christ. C’était en 1974, lors d’un congrès thomiste qui commençait à Rome et se terminait à Naples ; ce congrès avait été présidé par Paul VI au point de départ, et il se terminait avec le Cardinal Wojtila à Naples. Là j’ai eu la grande joie d’être dans le même hôtel que lui, et comme nous n’étions que deux ecclésiastiques, tous les matins nous prenions le petit déjeuner ensemble. Le reste du temps, il était très pris, mais ce petit déjeuner durait longtemps, parce que (puisqu’il avait enseigné la philosophie) nous nous lancions dans des discussions philosophiques. Comme j’étais heureux, de rencontrer quelqu’un qui était si profondément donné ! Quatre ans plus tard, il était élu pape. Entre-deux, il était passé à Fribourg et j’avais pris un repas avec lui, au cours duquel nous avions continué à parler de ce que nous avions fait à Naples : de philosophie, de théologie, de l’Eglise… Et dans la conversation, il me disait : « Quand je réunis tout mon clergé (il était alors archevêque de Cracovie), je parle avec une liberté totale comme si j’étais dans un pays où on peut parler en toute liberté. Je sais que le soir, tout ce que j’ai dit sera connu du KGB. Je ne crains pas, parce que je sais qu’ils me craignent plus que je ne les crains ». Je voyais sa force intérieure lorsqu’il disait : « Qu’avons-nous à craindre, nous ? Rien ! Ils n’oseraient pas me mettre en prison, tout le diocèse s’élèverait contre cela ». Lire la suite »

Extrait du p. MD Philippe sur la prière du rosaire

Publié le Mis à jour le

Introduction à la prière du rosaire

L’Esprit Saint nous éduque par le Coeur de Marie, à travers la joie, à travers la douleur, et dans la gloire. A travers la joie, pour que toutes nos joies soient totalement offertes à Dieu, qu’aucune de nos joies ne nous enferme sur nous-mêmes – c’est toujours le danger de la joie. (…)

Il faut que la souffrance soit pleinement transformée par l’amour; jusqu’à la fin de notre vie, nous aurons toujours peur de la souffrance, si nous restons des êtres humains. Ce qui est merveilleux, c’est de voir comment la souffrance peut être prise dans le Coeur blessé de l’Agneau, dans le Coeur de Marie, pour devenir pour nous, source d’un nouvel amour. C’est ce que nous allons demander à Marie de nous faire comprendre dans sa pédagogie divine, de nous aider à vivre de toutes les blessures qui peuvent arriver dans notre vie (…)

Le Coeur eucharistique de Jésus nous attire pour que notre coeur soit tout proche du sien. Nous voulons être UN avec le Coeur blessé de l’Agneau, avec le Coeur eucharistique du Christ. Nous savons que nous sommes tous voués à la souffrance, mais une souffrance glorieuse dès cette terre, parce que portée par l’amour.

Père Marie-Dominique Philippe, 1982, Poissy

Notes de Conférence du p. MD Philippe, sur le secret de Sainte Thérèse

Publié le Mis à jour le

Le secret de Sainte Thérèse

Il est merveilleux que Dieu nous donne, par l’Eglise, à la fin de ce siècle, Thérèse comme Docteur. Parce que c’est nous faire comprendre qu’elle nous donne le secret de la sainteté. Tout chrétien peut se servir de cet ascenseur et demander à l’Esprit Saint l’exercice du don de crainte à l’égard de l’adoration — parce que c’est vraiment à l’égard de l’adoration que l’esprit de pauvreté va s’exercer le plus profondément. Le don de crainte lié à l’adoration nous met en présence de notre rien en face de Dieu : nous ne sommes rien, puisque nous avons tout reçu de Dieu, puisque tout ce qui est bon en nous vient de Dieu. Il n’y a que le péché qui vienne de nous ; et le péché ne vient pas de l’esprit, il ne vient pas de Dieu. C’est radical, cela, et cela nous montre comment nous pouvons entrer progressivement dans cette petite voie : par des actes d’adoration, en suppliant l’Esprit Saint de nous faire vivre vraiment, par le don de crainte, de ce dépouillement à l’égard de tous nos biens, toutes nos richesses, tout nous-mêmes. Nous pouvons alors devenir la proie de l’Aigle, de l’Aigle divin, de l’Esprit Saint.

Père Marie-Dominique Philippe, Conférence 13 septembre 1997

Notes d’homélie du p. MD Philippe, sur Ste Thérèse d’Avila

Publié le Mis à jour le

Sainte Thérèse d’Avila

Ce que la grande sainte Thérèse nous apporte, c’est la docilité à l’Esprit Saint ; et la docilité à l’Esprit Saint nous conduit toujours à l’oraison, parce que ce que l’Esprit Saint désire nous enseigner, nous apprendre, c’est bien ce grand mystère de l’oraison, c’est de recevoir la parole de Jésus d’une manière toute divine, de l’intérieur, et non pas comme une parole étrangère. La parole de Jésus pour nous est une parole qui est plus la nôtre que celle de n’importe quel théologien ou spirituel, parce que Jésus est plus intime à nous-même que nous ne sommes intimes à nous-même. (…) Lire la suite »

Extrait d’un article du p. MD Philippe, sur le rosaire

Publié le Mis à jour le

Le Rosaire

Le rosaire n’a pas d’autre finalité que de nous permettre de vivre dans une plus grande intimité avec Marie, c’est-à-dire de vivre son mystère, car il est pour nous. Les mystères de Marie sont nos mystères. Les mystères d’une Mère divine sont les mystères de ses enfants ; c’est la différence entre la maternité divine et la maternité humaine. Et plus nous sommes fidèles à l’Esprit Saint, plus nous découvrons que nous sommes appelés à vivre la vocation de Marie : c’est la vocation de l’Église. À ce moment-là nous devons comprendre combien l’Esprit Saint veut réaliser une unité de vie, une unité profonde entre notre vie et celle de Marie. Notre grâce chrétienne est mariale, c’est-à-dire que Marie, instrument de grâce, médiatrice de toutes grâces, nous montre de la manière la plus forte ce qu’est la grâce chrétienne, et combien nous devons la vivre. Et que Marie nous soit donnée pour que nous puissions vivre la grâce chrétienne, c’est un surcroît de grâce (…) Lire la suite »

Article du p. MD Philippe, sur la petite Thérèse

Publié le Mis à jour le

La petite voie de Thérèse

Pourquoi est-ce une voie de petitesse ? Parce que c’est reconnaître notre néant en face de Dieu. Thérèse souligne souvent cela. C’est reconnaître la vérité de cette parole si forte de Jésus, que Thérèse prend à la lettre : « Sans moi, vous ne pouvez rien faire ». Rien, même pas monter une marche. Cela, c’est le point de départ de l’abandon ; tant qu’on n’a pas compris cela, on n’est pas abandonné au Seigneur. L’acte d’adoration, dont Thérèse ne parle pas beaucoup mais qui est toujours sous-jacent chez elle, nous fait comprendre notre néant. Plus exactement, il nous fait reconnaître que notre âme est créée actuellement par le Père, par la Très Sainte Trinité. Vivre de cet acte créateur, « toucher » dans la foi cet acte créateur, c’est l’adoration. C’est nous mettre dans la lumière de la sagesse du Créateur et comprendre que du côté de Dieu l’acte de la création est éternel, et qu’il est donc actuel pour nous. Je peux maintenant, à chaque instant, découvrir cet acte purement gratuit de Dieu qui crée mon âme par amour, et je peux en vivre. Par là je découvre que par moi-même je ne suis rien, et que je suis entièrement, dans tout ce que je suis, entre les mains de Dieu. C’est la première expérience de ma petitesse, une petitesse toute relative à l’acte créateur de Dieu et entièrement remise à son amour, à sa lumière. C’est pour cela qu’il est si important de faire des actes d’adoration, et qu’il faut apprendre à les faire avec Jésus. C’est lui l’Adorateur du Père par excellence, qui fait de nous « des adorateurs en esprit et en vérité », ceux que le Père cherche. C’est le point de départ de toute éducation divine sur nous, et rien ne pourra supprimer ni remplacer cela. Le point de départ n’est pas la méditation, c’est l’adoration. C’est du reste beaucoup mieux ! parce que pour exercer la méditation il faut un peu d’instruction et un peu de temps. Tandis que les actes d’adoration, on peut les faire n’importe quand, même quand on a mal à la tête (ils sont peut-être moins brillants, mais ils sont alors plus cachés dans l’amour). Nous pouvons toujours nous mettre en présence de ce regard de la sagesse du Dieu créateur sur nous, et reconnaître notre totale dépendance à son égard, dans tout notre être, et aimer cette dépendance. Car si nous nous cabrons devant cette dépendance, nous n’adorons pas. L’adoration est un acte d’amour, c’est l’acte d’amour fondamental à l’égard de Dieu ; et il s’agit de laisser Dieu nous prendre, nous porter, il s’agit d’être dans les mains de notre Père, de notre Créateur — in manus tuas.

Père Marie-Dominique Philippe, Article paru en septembre 1997