Temps liturgiques

Extrait du p. MD Philippe sur l’Eucharistie

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Marie et le mystère de l’Eucharistie

C’est auprès de Marie que nous devons toujours essayer d’approfondir notre manière de vivre du mystère de l’Eucharistie, et non seulement de l’approfondir mais de découvrir l’amour tout à fait nouveau qui est donné à Marie en surabondance et qu’elle reçoit dans son humilité et dans sa foi avec une reconnaissance unique pour le Père. Habituons-nous, quand nous communions, à demander à Marie d’être là pour que nos communions prennent, par elle et avec elle, cette nouvelle dimension : le Père la remercie d’être Mère. Car l’institution de l’Eucharistie a été réalisée d’une façon spéciale pour Marie, et par elle pour nous. C’est toute l’Eglise qui vit son unité à travers le don du corps et du sang du Christ, et ce don de l’unité du Corps mystique se réalise en remerciement de la maternité divine de Marie. Cela nous met, grâce à Marie, dans une proximité plus grande à l’égard du corps du Christ. Le corps du Christ, radicalement, nous vient de la maternité divine de Marie, et il nous est donné, et par l’Eucharistie nous le recevons directement de Jésus et de sa Mère. Le corps de l’enfant appartient à la mère, et même quand l’enfant est parfaitement distinct de sa mère dans sa propre personne, il reste toujours un lien entre lui et sa mère, un lien très extraordinaire voulu par Dieu. Et Dieu a voulu en quelque sorte sanctifier ce lien par l’institution de l’Eucharistie réalisée en premier lieu, selon sa sagesse, pour Marie, et où nous pouvons découvrir dans l’âme de Marie son lien unique avec l’Esprit Saint.

Redisons-le : la maternité divine de Marie et l’Eucharistie sont deux mystères qui se tiennent très profondément dans la sagesse du Père.

Père Marie-Dominique Philippe, Conférence, 16 mai 2004

Extrait du p. MD Philippe sur la conversion des moeurs

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Le temps du Carême : la conversion des mœurs

« Si Dieu prolonge comme une trêve les jours de notre vie c’est pour l’amendement de nos péchés, selon cette parole de l’Apôtre : « Ignores-tu que la patience de Dieu te convie à la pénitence ? » (Rm 2, 14). Car ce doux Seigneur affirme : « Je ne veux pas la mort du pécheur mais qu’il se convertisse et qu’il vive » (Ez 18, 32 ).

La vie monastique implique cette mort quotidienne à tout ce qui en nous est lien au péché, à tout ce qui nous écarte de l’amour du Christ et de nos frères.

Nous avons déjà noté comment les différents moyens de silence, de clôture, de pauvreté, de travail, d’obéissance, (…) de l’humilité, impliquent un aspect ascétique qui, précisément, est une certaine mort : aux paroles inutiles, aux contacts humains qui sont vains, au désir de posséder, à l’oisiveté, à la volonté propre, à la propre exaltation. Voilà bien l’essentiel de la lutte contre nos concupiscences.

Père Marie-Dominique Philippe

« Analyse théologique de la Règle de saint Benoît »

Extrait du p. MD Philippe sur le Carême: attente de la Pâque

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Le temps du Carême selon saint Benoît : l’attente de la sainte Pâque

Ce désir d’être plus uni au Christ crucifié doit se traduire dans une générosité plus grande : « Ajoutons quelque chose à la tâche habituelle de notre service : oraison particulière, restriction dans les aliments et la boisson. Chacun offrira spontanément à Dieu, dans la joie venant de l’Esprit-Saint, quelque pratique surérogatoire. »

Enfin, chacun « attendra la sainte Pâque avec l’allégresse du désir spirituel. »

Donc ce temps liturgique où la vie monastique soit être particulièrement fervente exige :

a) une lutte plus énergique à l’égard de ses défauts;

b) une intensité plus grande d’oraison. Les larmes expriment cette intensité;

c) plus de temps consacré à la lecture des livres saints et des Pères. Une prière plus intense demande normalement une nourriture plus forte;

e) un désir spirituel très vif du don du Christ, de son Retour, de sa Victoire d’amour.

Père Marie-Dominique Philippe

« Analyse théologique de la Règle de saint Benoît »

Extrait du p. MD Philippe, sur la lutte du Carême

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Le temps du Carême selon saint Benoît : la lutte

La vie chrétienne ici-bas est une lutte; le Royaume de Dieu est aux violents. Le chrétien ne cesse de conquérir ce royaume d’amour et de vérité. Sachant que le tentateur est toujours prêt à le séduire, en se servant des complicités qui se trouvent en lui en raison des conséquences du péché originel, il ne doit cesser d’acquérir des « moeurs guerrières ». C’est pourquoi plus il progresse dans l’amour et l’acquisition des vertus – plus il devient un « pacifique », plus ce progrès et cette acquisition réclament de lui une intensité de lutte.

Père Marie-Dominique Philippe

« Analyse théologique de la Règle de saint Benoît »

Extrait du p. MD Philippe sur le temps du Carême

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Le temps du Carême selon saint Benoît : l’oraison et la lectio

Durant ce temps, il faut éviter toutes les négligences, il faut se préserver de tout vice. Il faut donc que la conversion des mœurs soit très parfaite, soit très actuelle. On ne peut se contenter d’une vie apparemment vertueuse.

Il faut aussi « s’appliquer avec larmes à l’oraison, à la lecture, à la componction du cœur et à l’abstinence ». Saint Benoît insiste spécialement sur l’oraison et la lectio divina durant le Carême. Il insiste précisément parce que ces exercices relèvent des décisions privées des moines. Ceux-ci doivent pendant cette période liturgique faire un effort de mener une vie plus contemplative, plus solitaire, plus unie au Christ. L’oraison fervente et la lectio divina doivent les y aider.

Père Marie-Dominique Philippe

« Analyse théologique de la Règle de saint Benoît »

Extrait du p. MD Philippe sur le Baptême de Jésus

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Le Baptême de Jésus

Comme c’est grand, ce geste du Christ, de demander à Jean-Baptiste de le baptiser, lui, le Fils bien-aimé du Père, le Fils éternellement égal au Père, un avec le Père ! Le baptême est le seul sacrement que Jésus ait reçu. Pourquoi ? Dans le mystère de l’Eucharistie, Jésus est tout entier donné, le mystère de l’Incarnation permet à Jésus de faire que son humanité ne soit que don, et c’est en ce sens-là qu’il est source de l’Esprit Saint. Ici Jésus demande le baptême, et il le reçoit comme s’il avait besoin de le recevoir. Alors on serait tenté de dire : « Ce n’est qu’une manifestation ». Mais non, Jésus le reçoit et il fait cela pour nous, et uniquement pour nous. Nous savons bien que, dans l’ordre de l’éducation, il ne suffit pas de dire ce qu’il faut faire : il faut le vivre soi-même. Et Jésus, recevant le baptême de Jean-Baptiste dans le Jourdain, est le modèle par excellence : lui, source de toute bénédiction, source de tout amour, veut prendre la place de celui qui reçoit tout.

Père Marie-Dominique Philippe, o.p., Homélie 09.01.2006

Extrait du p. MD Philippe sur l’Epiphanie

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L’Epiphanie,  fête de l’attraction que la sagesse

L’Epiphanie doit être pour nous la fête de l’attraction que la sagesse exerce sur toute culture humaine et toute grandeur humaine. C’est la sagesse qui attire et elle transforme l’or, l’encens et la myrrhe, symboles de ce que l’homme peut réaliser de plus beau. On éprouve aujourd’hui le besoin de briser pour découvrir la beauté, alors que la beauté est toute dans la tendresse, l’humilité, la petite voie qui doit attirer toutes les cultures, toutes les connaissances humaines, jusqu’aux plus grandes sciences… L’Epiphanie nous manifeste que tout est attiré par ce petit enfant qui est notre Dieu, le fils de Marie et le Fils bien-aimé du Père.

Père Marie-Dominique Philippe, o.p., Homélie 06.01.1999