Mois: juin 2017

Témoignage du p. Jean Christophe sur le p. MD Philippe : sa vie quotidienne (quatrième partie)

Publié le Mis à jour le

Programme hebdomadaire : Chaque semaine il passait environ trois jours à St-Jodard, un jour et demi ou deux jours à Rimont, une demi-journée à Semur, et durant les weekends il visitait des prieurés ou avait parfois d’autres apostolats. Vers la fin de sa vie, il m’a dit en privé que s’il passait une semaine sur deux à St-Jodard et Rimont, cela éviterait que toutes les choses à faire et régler lui tombent dessus tous les deux ou trois jours ; mais finalement on a maintenu jusqu’au bout le rythme habituel, qui devait en fait être assez éprouvant pour lui.

Pour les déplacements habituels entre les maisons de formation, il était toujours conduit par un frère (ou parfois une sœur ?) en voiture (on lui réservait une voiture un peu confortable). Il aimait que les frères conduisent assez vite, sans doute parce qu’il ne souhaitait pas perdre de temps sur la route. Il avait des chauffeurs habituels, mais si un frère avait besoin de le voir un peu longuement, on lui proposait parfois de conduire le père Marie-Dominique.

Pour les trajets un peu longs, par exemple pour aller sur Paris, je crois qu’il prenait habituellement le TGV. Un frère a rapporté qu’un jour dans le train, étant assis à côté de deux amoureux, il avait commencé à leur parler de l’amour, etc … c’était bien son zèle apostolique !

Programme annuel : chaque année, de septembre à juin, il vivait principalement dans les maisons de formation, au rythme indiqué ci-dessus. Je crois que c’est parce qu’il accordait une grande importance à la formation des jeunes frères et sœurs, et aussi pour être présent comme un père au milieu de nous, tout en s’absentant parfois pour aller visiter des prieurés dans d’autres pays.

Pour Noël, il était à St-Jodard, mais venait à Rimont pour la messe du jour.

Pour le Triduum Pascal, il célébrait le mandatum à Rimont en début d’après-midi le jeudi saint, (il lavait lui-même les pieds de tous les frères, se mettant à genou et se relevant devant chacun), puis partait pour St-Jodard, où il le refaisait comme à Rimont. Le vendredi saint, durant la matinée, il y avait le chemin de croix pour tout le monde, frères, sœurs, hôtes etc… sur les petites routes dans la campagne près du couvent, cela durait au moins 4 heures, parfois 5… Il prêchait lui-même à toutes les stations, longuement. (Une fois, il ne s’est pas relevé après s’être mis à genoux pour l’invocation du début de la station et a prêché à genoux… Du coup, tout le monde est resté à genoux aussi, et ceci à chaque station !) Le samedi saint, il insistait pour qu’on vive du mystère du sépulcre, il faisait une ou deux conférences sur ce sujet, mais souhaitait surtout que nous entrions avec la Vierge Marie dans le grand silence qui caractérise ce mystère.

Durant la semaine autour du 21 novembre, il prêchait une retraite de Communauté à Saint-Jodard, et les dernières années, une autre à Rimont pendant le Carême, car une seule retraite de communauté ne suffisait plus pour tout le monde. Il devait profiter des quelques petites vacances au cours de l’année scolaire pour aller faire autre chose. Pendant les vacances d’été, il donnait une session de philosophie ouverte à tous à Saint-Jodard, au début juillet, et une retraite ouverte à tous également à Saint-Jodard autour du 15 août, et le reste du temps je crois qu’il avait des activités et apostolats divers partout dans le monde.

On ne peut pas ne pas évoquer un souvenir très particulier, celui de la visite annuelle à Jean-Paul II le Mardi Saint, qui s’est faite pendant de nombreuses années. Le père, avec quelques frères aînés, emmenait les frères novices, entre autres, rendre visite au Saint-Père. Ils pouvaient assister à la messe de Jean-Paul II, puis il y avait habituellement une petite audience avec lui, et le père Marie-Dominique pouvait souvent le rencontrer personnellement, par exemple prendre le petit déjeuner avec lui ! Plus que la visite elle- même, ce qui reste profondément gravé dans nos coeurs et nos mémoires, c’est la sollicitude si particulière du pape pour la Communauté Saint-Jean, et l’amitié si profonde et chaleureuse qu’il avait pour notre père (de nombreuses photos en témoignent…) Nous sentions combien le père aimait Jean-Paul II, combien le lien que la Providence avait voulu faire entre eux était important pour lui ; c’était certainement un grand réconfort pour le père Marie-Dominique, au milieu des luttes, de se savoir si profondément et personnellement soutenu par le pape.

Il faut ajouter à tout cela qu’il passait aussi un certain temps en conseils et réunions diverses (pendant des années, il était en Conseil du Prieur Général à peu près 3 jours par mois), qui d’ailleurs ne le passionnaient pas forcément beaucoup…

Il avait donc un rythme de vie exceptionnellement intense, et ceci pratiquement jusqu’à la fin…C’était évidemment la charité qui l’urgeait (il citait souvent cette parole de St Paul : « Caritas urget nos »), mais il avait aussi, humainement parlant, une vitalité hors du commun.

Extrait du p. MD Philippe sur l’Eucharistie

Publié le Mis à jour le

Marie et le mystère de l’Eucharistie

C’est auprès de Marie que nous devons toujours essayer d’approfondir notre manière de vivre du mystère de l’Eucharistie, et non seulement de l’approfondir mais de découvrir l’amour tout à fait nouveau qui est donné à Marie en surabondance et qu’elle reçoit dans son humilité et dans sa foi avec une reconnaissance unique pour le Père. Habituons-nous, quand nous communions, à demander à Marie d’être là pour que nos communions prennent, par elle et avec elle, cette nouvelle dimension : le Père la remercie d’être Mère. Car l’institution de l’Eucharistie a été réalisée d’une façon spéciale pour Marie, et par elle pour nous. C’est toute l’Eglise qui vit son unité à travers le don du corps et du sang du Christ, et ce don de l’unité du Corps mystique se réalise en remerciement de la maternité divine de Marie. Cela nous met, grâce à Marie, dans une proximité plus grande à l’égard du corps du Christ. Le corps du Christ, radicalement, nous vient de la maternité divine de Marie, et il nous est donné, et par l’Eucharistie nous le recevons directement de Jésus et de sa Mère. Le corps de l’enfant appartient à la mère, et même quand l’enfant est parfaitement distinct de sa mère dans sa propre personne, il reste toujours un lien entre lui et sa mère, un lien très extraordinaire voulu par Dieu. Et Dieu a voulu en quelque sorte sanctifier ce lien par l’institution de l’Eucharistie réalisée en premier lieu, selon sa sagesse, pour Marie, et où nous pouvons découvrir dans l’âme de Marie son lien unique avec l’Esprit Saint.

Redisons-le : la maternité divine de Marie et l’Eucharistie sont deux mystères qui se tiennent très profondément dans la sagesse du Père.

Père Marie-Dominique Philippe, Conférence, 16 mai 2004

Extrait du p . MD Philippe sur Marie et la TST

Publié le Mis à jour le

Marie et la Très Sainte Trinité

Marie est la créature la plus finalisée, puisqu’elle est la créature la plus proche de sa source, celle qui nous manifeste le mieux « la gloire de son origine ». En elle, tout le mystère de la Très Sainte Trinité se reflète ; il y a au plus intime de son âme une présence incomparable de la Très Sainte Trinité, une présence qui ne se retrouve en aucune autre créature.

Père Marie-Dominique Philippe, « L’Étoile du Matin »

Témoignage du p. Jean Christophe sur le p. MD Philippe : sa vie quotidienne (troisième partie)

Publié le Mis à jour le

Les Chapitres chez les frères : on commençait par lire un passage de la Règle de vie écrite par lui, mais il n’en faisait quasiment jamais de commentaire. Il nous donnait des nouvelles de la Communauté, parfois d’autres choses, il nous demandait de prier pour ces intentions, il nous exhortait paternellement. Habituellement il était très gai lors des chapitres et nous faisait rire, surtout à St-Jodard. Nous pouvions lui poser des questions. Les chapitres duraient entre une demi-heure et une heure.

Sa soirée : à la fin de la conférence ou du chapitre nous disions la prière à Saint Jean, qu’il a écrite entre 1993 et 1995, me semble-t-il, et nous chantions le Salve Regina sur place, dans la salle de cours ou la salle de chapitre, puis il allait dans son bureau pour recevoir les frères jusque vers 22h30 ou 23h. Même s’il s’était endormi d’épuisement pendant la conférence du soir, on le retrouvait joyeusement disponible pour nous. Et une fois que tout le monde était couché, il travaillait encore : lettres, livres, cours, etc… probablement jusqu’à 1h ou 2h du matin, peut-être même plus tard. Il disait aussi les offices qu’il n’avait pas eu le temps de dire dans la journée. En effet, je crois qu’il ne refusait jamais de recevoir quelqu’un qui voulait le voir, sous prétexte que c’était l’heure de l’office, mais il m’est arrivé de le trouver disant l’office quand j’entrais dans son bureau. Quand il a été malade à Taïwan je me souviens qu’un jour où il avait dormi beaucoup tant il était épuisé, je l’ai vu et entendu commencer à réciter les laudes à 16h … Un frère m’a raconté l’avoir surpris un soir tard priant seul à la chapelle de St-Jodard, ce qu’il faisait probablement tous les jours même s’il n’y avait personne pour le voir. Lire la suite »

Extrait du p. MD Philippe sur l’Esprit Saint, source d’amour

Publié le Mis à jour le

L’Esprit Saint, source éternelle d’amour pour Marie

La conception immaculée de Marie nous manifeste l’œuvre de l’Esprit Saint en elle, l’emprise de l’Esprit Saint en elle, et elle nous manifeste l’Esprit Saint comme source éternelle d’amour pour elle et pour nous. L’Esprit Saint est le fruit divin, le fruit de l’amour, il est l’amour de l’amour ; mais il est en même temps source, comme le Verbe est fruit et source.

Père Marie-Dominique Philippe, « L’Étoile du Matin »