Mois: mars 2016

Témoignage de Christian Rendu

Publié le Mis à jour le

Témoignage complet en pdf : tem Christian RENDU

La fulgurance d’une rencontre

C’est à Saint Jodard[1], à la mi-août 1991, que je rencontrais pour la première fois le p. Marie-Dominique PHILIPPE. La nuit était déjà très avancée et vers deux ou trois heures du matin, nous étions encore nombreux à attendre devant sa porte. Cette rencontre qui dura moins d’un quart d’heure a littéralement bouleversé toute ma vie et celle de mon épouse, et ceci pour toujours.

Ce père que nous ne connaissions pas encore, m’a encouragé, cette nuit-là, à réaliser notre désir de nous installer avec notre famille dans un petit village du Beaujolais, à proximité d’une œuvre de la Communauté Saint-Jean que nous connaissions à peine deux mois auparavant. Après lui avoir rapidement exposé qui j’étais et notre souhait, sa réponse fut immédiate : « il faut essayer ! ».

Quelques mois plus tard, nous achetions une maison au centre du village – sans même avoir pu la visiter – et emménagions à Pâques 1992. Lors de notre installation, notre aîné avait huit ans (il est aujourd’hui prêtre) et la sixième, cinq mois. Habitant en Vendée en 1991, ma réorientation professionnelle s’est très rapidement imposée et de façon durable alors que nous étions déjà engagés dans cette grande aventure. Lire la suite »

Témoignage de Maria Christina Hallwachs, Allemagne

Publié le Mis à jour le

Handicapée, deux regards m’ont fait découvrir l’amour de Dieu

Avec des amis, jeune étudiante, j’ai eu la grande chance de participer à plusieurs camps d’été organisés par la communauté dont le père Marie-Dominique Philippe était le fondateur. C’est par les frères qui portaient la responsabilité de ces camps que j’ai découvert, sans l’avoir encore rencontré, ce prêtre qui avait marqué visiblement tant de personnes.

En 1993, un événement brutal a changé ma vie. Le jour de la Pentecôte, alors que j’étais en vacances avec mes parents en Grèce, en plongeant dans une piscine où il n’y avait pas assez d’eau, je me suis cassée les premières vertèbres. Depuis, je suis en fauteuil roulant, tétraplégique et je respire artificiellement. Le premier mois à l’hôpital, j’ai reçu la visite et le soutien de nombreux amis venus régulièrement de France et de Suisse. Je les avais connus dans le cadre du prieuré Saint-Jean1 de Genève.

Un jour, grand événement ! Visite importante ! J’apprends par des amis que le père Marie-Dominique Philippe désirait venir me rencontrer. Lui qui me connaissait à peine, avait pressenti que j’avais urgemment besoin de soutien. Mon souvenir est intact ! Je le vois encore, sa simple présence, en un instant, a subitement changé ma chambre d’hôpital. Cette chambre neutre et stérile s’est transformée en une petite chapelle, ma table en autel. La messe qu’il me célébrait était d’une totale simplicité, ce qui justement était extraordinaire pour moi. Dans ce lieu, dans cette situation, si particuliers, le père Philippe, sans beaucoup de mots, sans vouloir me diriger, permettait, que ce moment soit simple et unique.

Depuis mon accident, j’étais marquée quasi quotidiennement par des rencontres qui me renvoyaient à la tragédie que je venais de vivre. Sans cesse, elles me manifestaient la différence éclatante entre la vie que j’aurais pu avoir et celle que j’avais maintenant. Tout d’un coup, avec le père Philippe, je faisais une autre expérience. Par sa présence si personnelle et intime, il a su me rencontrer. Il ne me regardait pas comme quelqu’un de malade. Il me regardait tout simplement et je percevais en lui une immense bonté. Lire la suite »

Notes de lecture du p. MD Philippe, la miséricorde de l’Agneau

Publié le Mis à jour le

La miséricorde de l’Agneau

Parce qu’il est miséricordieux, Dieu s’est manifesté de cette manière la plus tangible et la plus forte pour nous, il s’est manifesté comme l’un de nous et a voulu porter toute notre iniquité. Au fond, la grande miséricorde de Dieu se manifeste à travers le mystère du Christ comme Agneau : l’Agneau qui porte l’iniquité du monde. La miséricorde, c’est le Sauveur, c’est Celui qui pardonne et qui introduit dans son propre mystère d’amour. Ce n’est pas seulement Celui qui nous aide : c’est Celui qui nous prend dans sa propre intimité.

Père Marie-Dominique Philippe, « Les béatitudes évangéliques« 

Témoignage de Anne-Laure Justeau, Etats-Unis

Publié le Mis à jour le

Il y a quelques temps je suis tombée sur un reportage très beau présenté dans la série de documentaires de France 2, « Dans les yeux d’Olivier ».

Ce documentaire consacré au thème « Vaincre la Fatalité » nous fait découvrir des personnes qui, malgré des épreuves a priori insurmontables, sont parvenues à donner un sens à leur vie. Le journaliste Olivier DELACROIX rencontre notamment fr Jean-Philippe. Enfant battu et violé à l’âge de 12 ans, fr Jean-Philippe raconte qu’il aurait pu se perdre s’il n’avait croisé sur son chemin quelques personnes pour le guider. Parmi ces rencontres, celle avec le p. Marie-Dominique PHILIPPE a bouleversé sa vie. « A un moment à table (…) il m’a regardé » témoigne fr Jean-Philippe. « Et c’est la première fois qu’on me regardait comme ça. Avec un regard, un petit sourire (…) et là il y a quelque chose qui s’est passé. Et ce regard a changé ma vie. Il y avait un regard intelligent et en même temps aimant. Mais ça peut pas se décrire ça». (https://www.youtube.com/watch?v=ptnxrMWYyXw).

Ce regard du p. Marie-Dominique PHILIPPE, c’était sans doute le même que celui que notre pape François pose aujourd’hui sur chacune des personnes qu’il croise lors de ses rencontres. J’ai passé du temps à observer ce regard à la télévision. C’est un regard rempli de bonté, d’humanité et de compassion, et je comprends les larmes de ceux qui le reçoivent. Je vois le Christ dans ce regard.

Je n’ai pas connu le p. Marie-Dominique PHILIPPE personnellement. Si malgré cela je décide aujourd’hui d’écrire ce petit témoignage, c’est parce que je crois que l’Eglise ne doit pas détruire ces regards mais qu’elle doit au contraire les défendre comme un trésor. Le monde a tant besoin de ces regards.

La seconde raison qui me pousse à prendre la défense du p. Marie-Dominique PHILIPPE tient à ce que l’injustice dont il est victime doit être dénoncée. Lire la suite »

Extrait du livre « Une Nouvelle Pentecôte d’Amour », de la miséricorde à l’aumône, 4e partie

Publié le Mis à jour le

La miséricorde et l’aumône à la lumière de la sagesse de la Grèce ancienne

Il est largement question, tout au long de ce livre, du regard de la sagesse théologique chrétienne sur la miséricorde que le père Philippe n’a cessé de nous enseigner.

Qu’il me soit pourtant permis d’évoquer aussi, à ce sujet, toute la part de son enseignement philosophique.

C’est en revenant à la pensée philosophique d’Aristote, on le sait, que le père Philippe a peu à peu renouvelé toute la pensée philosophique, par son incessante recherche personnelle de la vérité et de la sagesse. Et par ce retour à la pensée d’Aristote, il a nous aussi rendus attentifs à la grandeur de la sagesse de la Grèce ancienne, considérée dans tous ses aspects.

Pour ma part, c’est en suivant avec passion les cours de philosophie grecque que le père Philippe donnait à l’université de Fribourg que j’ai pu, peu à peu, m’introduire dans toutes les dimensions de sa recherche philosophique, de l’éthique à la philosophie première et à la théologie naturelle.

Et quand on demandait au père Philippe comment il fallait s’y prendre pour s’introduire au mieux dans l’étude de la philosophie grecque, puis pour l’approfondir, il répondait volontiers : « Commencez donc par lire les poètes, Homère particulièrement, et la tragédie, puisque c’est là que la pensée philosophique des Grecs plonge ses racines… ».

Le conseil reste plus lumineux que jamais, puisqu’en prenant la peine de lire les poèmes homériques et la tragédie grecque, c’est une sagesse profondément religieuse que l’on apprend à découvrir. Et dans cette sagesse religieuse, combien de magnifiques leçons d’humanité ne nous sont-elles pas données ! Souvent même, elles nous font déjà penser, par certains aspects, à la sagesse de l’Évangile. (…) Lire la suite »

Extrait du livre « Une nouvelle Pentecôte d’Amour », de la miséricorde à l’aumône, 3e partie

Publié le Mis à jour le

De la miséricorde à l’aumône

Quelques mots, pour terminer, sur deux autres des aumônes spirituelles que nous fait considérer saint Thomas : conseiller celui qui est dans le doute et consoler celui qui est dans la tristesse.

Conseiller celui qui est dans le doute, c’est nous explique saint Thomas, apporter remède aux déficiences de l’intelligence pratique. Il y va donc encore d’une très nécessaire recherche de la vérité : la vérité pratique qu’il nous faut découvrir comme la lumière qui doit éclairer toute la conduite de notre vie, sous le regard que Dieu lui-même porte sur nous.

Quant à consoler celui qui est dans la tristesse, c’est s’efforcer de venir à son secours en apportant remède, autant que faire se peut, à ce qui constitue, aux yeux de saint Thomas, le défaut majeur de notre affectivité humaine. Et nous pourrions nous référer ici à d’autres questions de la Somme théologique, prises dans le traité des passions que saint Thomas expose dans la Ia-IIae1, les questions 35 à 39, dans lesquelles il traite longuement de la tristesse. Il en ressort que, de fait, la tristesse se présente, dans tout l’exercice de notre vie affective, comme un état extrême, en ce qu’elle résulte d’un mal qui nous envahit de manière effective, venant ainsi blesser profondément notre sensibilité affective. Et il vaudrait la peine de regarder de près la question 38 tout entière dans laquelle saint Thomas s’interroge avec précision sur les « remèdes à la tristesse », en en examinant successivement cinq, exposées dans un ordre admirable qui mérite, à lui seul, d’être attentivement considéré : un plaisir quelconque, les larmes, la compassion de nos amis, la contemplation de la vérité et, pour terminer, le sommeil et les bains…

Conseiller ceux qui sont dans le doute et consoler ceux qui sont dans la tristesse : comment ne pas voir que ce sont là aussi les aumônes que le père Philippe pratiquait inlassablement à longueur de journée, souvent même jusqu’à une heure avancée de la nuit, en recevant paternellement tous ceux qui venaient le trouver pour recevoir de lui la lumière de Dieu sur leur vie, non sans lui confier toutes leurs épreuves et leurs souffrances ? Comment ne pas voir qu’il s’est ainsi épuisé à pratiquer l’aumône, le plus souvent dans l’urgence, et toujours comme le fruit d’une charité et d’une miséricorde surabondantes ?

Père Benoit Jourdain, « Une Nouvelle Pentecôte d’Amour » , p. 182

Pour toute commande du livre : lagelinotte55@yahoo.fr ou amisdupmdphilippe@orange.fr

1 Ia-IIae, q. 22 à 48.

Extrait du livre « Une Nouvelle Pentecôte d’Amour, de la miséricorde à l’aumône, 2e partie

Publié le Mis à jour le

De la miséricorde à l’aumône

Il en est trois, prises dans les aumônes spirituelles, qui méritent de retenir plus particulièrement notre attention : enseigner celui qui est dans l’ignorance, conseiller celui qui est dans le doute et consoler celui qui est dans la tristesse.

Enseigner celui qui est dans l’ignorance, c’est, nous explique saint Thomas, apporter remède aux déficiences (defectus) de l’intelligence d’autrui par l’enseignement, la doctrine (doctrina).

Qu’il nous soit permis, en élargissant peut-être quelque peu le propos de saint Thomas, d’inclure dans la doctrina qu’il évoque ici tant la prédication que l’enseignement proprement dit.

Et qui pourrait dire le nombre incalculable d’heures que, chaque année de sa vie, le père Philippe aura consacré à la prédication et à l’enseignement, tant de la philosophie que de la théologie ?

C’est bien de cette première manière qu’il n’avait de cesse que de pratiquer l’aumône. Car par sa prédication et par son enseignement de la philosophie et de la théologie, il venait quotidiennement au secours de toutes les déficiences de notre intelligence. Et, ce faisant, il lui fallait se montrer particulièrement exigeant à notre égard : ne pouvaient en vérité recevoir sa prédication et suivre son enseignement de la philosophie et de la théologie que ceux qui acceptaient de reconnaître en eux-mêmes toutes les déficiences de leur intelligence. Notre ignorance native, bien sûr, mais, bien plus encore, tout ce qui pouvait avoir déjà, des années durant, désordonné notre intelligence – l’air du temps pollué que nous respirons à tout moment, avec son amoncellement de préjugés hasardeux, d’opinions plus ou moins erronées, bref, tout le mal qui affecte si durement notre intelligence et nous laisse dans un réel état de misère spirituelle.

« Tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien », disait Socrate auquel le père Philippe se référait si fréquemment dans son enseignement de la philosophie – une parole que Socrate adressait à ses disciples pour qu’ils la reçoivent comme la très nécessaire attitude initiale de l’intelligence lui permettant de s’engager dans la recherche de la vérité et la quête de la sagesse. Et c’est bien dans la clarté de cette lumière que le père Philippe s’attachait, et avec quelle assiduité, à dispenser inlassablement son enseignement philosophique et théologique comme la plus grande de toutes les aumônes – tout juste après, il va sans dire, celle qui nous fait, par la prière, appeler le secours de Dieu lui-même sur tous les hommes.

Père Benoit Jourdain, « Une Nouvelle Pentecôte d’Amour » , p. 180-181

Pour toute commande du livre : lagelinotte55@yahoo.fr ou amisdupmdphilippe@orange.fr