Mois: février 2020

Rapport de Xavier LE PICHON (Eau Vive et Arche, fr Thomas PHILIPPE), 10 mai 2016

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Ce rapport concerne principalement le p. Thomas PHILIPPE. Il complète les faits historiques importants relatés par MC LAFON dans son livre sur le p. Marie Dominique PHILIPPE à propos des liens entre le Saulchoir et l’Eau vive :

https://mariedominiquephilippecom.files.wordpress.com/2019/11/pecc80re-thomas-jean-vanier-et-larche.pdf

Extrait du p. MD Philippe: être bon

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Être bon

Cela arrive constamment à l’égard de gens pour qui on a été très généreux, très bon, très miséricordieux ; ils vous retombent dessus plus que d’autres, généralement ! Devant cela on risquerait de devenir dur, et il ne le faut pas ; il faut comprendre que la générosité qu’on a eue à l’égard de quelqu’un n’est jamais perdue. La générosité est toujours plus que le résultat de la générosité. On ne mesure pas la générosité à son résultat ; si on a été généreux pour quelqu’un et que ce quelqu’un a mal tourné et nous envoie des coups de poignard, peu importe, on a été généreux pour lui et cette générosité nous a rendu bon. Être quelqu’un de bon, c’est plus que tout. Celui-là sera, selon l’expression d’Aristote, amicabilis. Soyons des hommes amicabiles, c’est-à-dire des hommes aimables dans un monde où, à cause de la rapidité des choses, à cause d’un travail excessif, on se durcit.

Père Marie-Dominique Philippe, Conférence AFC, 2000

Extrait du p. MD Philippe sur les vertus et la bonté

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L’acquisition des vertus rend bon

L’acquisition des vertus me rend bon. C’est la première chose qu’Aristote voit : l’acquisition des vertus me rend bon, et la bonté est nécessaire pour maintenir l’amitié, surtout chez les jeunes. La bonté, cela se touche tout de suite. Quelqu’un qui garde tout pour lui, qui est avare, est avare aussi dans ses amitiés, et très vite il est seul et devient égoïste : tout est pour lui, il n’y a plus le regard vers l’autre — et on sait que cela empêche absolument l’acquisition des vertus. L’acquisition des vertus est un premier avoir : on devient bon, on se qualifie, on devient un homme qui peut rendre service, un homme à qui on vient demander conseil parce qu’il est bon : « Tu peux tout demander à celui-là, il est bon, il t’aidera ; ne va pas en trouver un autre qui n’est pas bon, il t’enverrait promener ».

Père Marie-Dominique Philippe, Conférence AFC, 2000

Extrait du p. MD Philippe sur l’ethique d’Aristote

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L’Ethique d’Aristote

L’Ethique à Nicomaque est un grand livre d’Aristote, c’est la première éthique, la première philosophie morale : il n’y en a pas eu avant lui dans la culture grecque et latine. Les Américains avaient très bien compris cela. Parmi les cent livres que tout homme cultivé devait avoir lus pour être un homme qui peut se présenter, il y avait l’Ethique d’Aristote, qui montre la nécessité des vertus. Pour lui c’était facile, parce que la vertu gardait sa splendeur, sa valeur ; pour nous elle a perdu cela : il faut le lui rendre. Et redonner un sens à la vertu, c’est montrer son lien avec la finalité, du point de vue de l’intelligence et du point de vue du cœur ; montrer que les vertus sont nécessaires pour acquérir la finalité.

Il y a une finalité lointaine qui est le bonheur. Aristote se contente de cela parce qu’il dit : « Tout homme cherche le bonheur ». Il a raison ; mais aujourd’hui, si vous dites que tout homme cherche le bonheur, on vous dit : « Le bonheur… il est loin le bonheur, il est loin de moi ». Il faut donc avoir le sens de la finalité immédiate.

Père Marie-Dominique Philippe, Conférence AFC, 2000

Extrait du p. MD Philippe sur les vertus cardinales

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Les vertus cardinales

Parmi les vertus morales, celles qu’on appelle « vertus cardinales » au sens premier du terme, sont les vertus fondamentales : quelque chose de très solide sur quoi tout s’appuie. La personnalité de quelqu’un dépend de ces vertus dites « cardinales », c’est-à-dire sur lesquelles on s’appuie : justice, prudence, tempérance, force. Mais tout cela a perdu sa signification. Pourquoi ? Parce qu’on a progressivement perdu le sens de la finalité, autrement dit de ce pour quoi un homme vit, ce pour quoi une femme vit : le sens de notre vie. Dans son encyclique Foi et raison, le Saint-Père signale que la grande crise d’aujourd’hui est une crise de sens, de signification. Nous avons perdu le sens de notre vie, de ce pour quoi nous vivons ; or la morale n’aurait aucun sens s’il n’y avait plus de finalité. Quand on a une finalité, une détermination dans sa vie, on accepte beaucoup de sacrifices.

Père Marie-Dominique Philippe, Conférence AFC, 2000

Extrait du p. MD Philippe sur la morale et les vertus

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La morale et les vertus

La vertu n’a plus cette sorte d’attrait qu’elle devrait avoir. On dit volontiers : « Oui, cet homme est très vertueux, mais on aimerait qu’il soit un peu plus intelligent ». On oppose l’intelligence et le point de vue moral. Il y a l’art d’un côté et la morale de l’autre, et l’art est du côté de l’intelligence. Un artiste arrive toujours à se débrouiller — pas toujours économiquement ! mais il intéresse les gens. Ce qu’il dit est intéressant. Quant au « moral », on le présente comme une valeur à laquelle il faut tenir, mais cela n’a plus d’éclat, cela a perdu tout son attrait. C’est devenu comme une monnaie usée et dévalorisée dans le monde d’aujourd’hui, à tous les niveaux ; et du point de vue éducatif on est un peu perdu. On essaie de maintenir les vertus, de rappeler qu’il faut être tempérant, qu’il faut être prudent, qu’il faut être juste… mais on ne sait plus ce que c’est. Et puis… ce n’est pas drôle, d’être juste.

Père Marie-Dominique Philippe, Conférence AFC, 2000