Mois: mars 2017

Témoignage du p. Jean Christophe sur le p. MD Philippe : sa vie quotidienne (première partie)

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  1. SA VIE

Sa vie quotidienne :

Son logement : à Saint-Jodard, il avait un bureau relativement grand, qui était en face de la chapelle, en clôture, et une petite cellule attenante au bureau ; il nous recevait dans son bureau, mais jamais dans sa cellule. Sa table de travail était toujours couverte de livres, lettres et documents divers. A Rimont, il avait seulement une petite cellule à côté de l’oratoire de la Compassion, cela lui servait à la fois de cellule et de bureau, et c’est là qu’il nous recevait. A Saint-Jodard comme à Rimont, il avait chez lui un certain nombre de livres et objets qui lui avaient été offerts sans doute.

Oraison et offices : il était tous les matins avec nous à la chapelle pour l’oraison et les laudes. A l’oraison, il était souvent prosterné en adoration, sinon à genoux ou assis. Bien qu’il n’ait plus de voix, il s’efforçait de chanter quand il était à l’office. Il ne venait jamais à sexte avant la messe, il voyait probablement des frères ou des gens à ce moment-là. Il venait parfois aux vêpres et à un peu à l’adoration, quand il n’était pas pris par quelqu’un. Selon le témoignage d’un frère très proche de lui, il disait seul tous les offices qu’il n’avait pas pu dire avec la communauté, notamment le soir tard quand tout le monde était couché…

Les cours : à Saint-Jodard, il donnait tous les jours un cours à 7h30, juste après laudes, avant le petit déjeuner, un cours de philosophie 1ère ou de théologie naturelle ; je crois qu’il aimait que nous commencions la journée en réveillant profondément notre intelligence. Il donnait parfois jusqu’à 5 ou 6 cours par jour : 3 le matin, 2 l’après-midi et une conférence le soir, ou un chapitre. A Rimont, il donnait 2 cours sur le même thème à la suite si c’était de la théologie scientifique, ceci le matin après le petit déjeuner ou l’après-midi. Ce n’est que durant ses dernières années que le rythme a baissé un peu. En bon dominicain, il tenait vraiment à enseigner et prêcher le plus possible, cela semblait plus important pour lui que les réunions. Pendant les chapitres généraux à Saint-Jodard, il gardait toujours le 1er cours du matin, cours de philosophie 1ère ou de théologie naturelle, quitte à arriver un peu en retard à la séance du chapitre.

Tous les cours et conférences commençaient et finissaient invariablement par les mêmes prières : au début un « Notre Père » suivi de l’invocation : « Demandons à l’Esprit-Saint, le Père des pauvres, d’illuminer notre cœur et notre intelligence pour nous conduire à la vérité toute entière » (j’ignore si c’est lui qui l’a composée ou si elle lui est venue de quelqu’un d’autre), puis : « Notre-Dame du Très-Saint-Rosaire ! » « -Priez pour nous ! » ; « Notre père Saint Jean ! « -Priez pour nous ! ». Parfois il ajoutait une autre invocation, par exemple à Saint Thomas. A la fin du cours il priait un « Je vous salue Marie ».

Les cours étaient habituellement vivants (sauf quand il était épuisé et s’endormait, ce qui pouvait arriver), il aimait parsemer ses cours, même les plus profonds, de plaisanteries, pour nous reposer un peu avant de repartir dans le contenu profond. En dehors des paroles de la Sainte Ecriture, il citait aussi évidemment beaucoup Aristote et Saint Thomas d’Aquin, mais également Saint Augustin, et beaucoup d’autres philosophes et théologiens. En effet, ayant énormément travaillé intellectuellement toute sa vie, il avait une connaissance très profonde des courants de pensée philosophiques et théologiques, spécialement de la philosophie moderne.

 Je l’ai vu deux fois se mettre en colère contre un frère et deux hôtes qui semblaient ne pas faire d’effort pour s’intéresser au cours ; il était très miséricordieux pour nos manques d’intelligence, mais très vulnérable par rapport aux manques de désir et d’ardeur pour la recherche de la vérité. Pendant mon noviciat, le père-maître nous avait dit un jour que le père Marie-Dominique préférait enseigner à Rimont parce qu’il ne sentait pas chez nous une grande soif et que, du coup, il ne pouvait pas donner tout ce qu’il aurait voulu. Remarquez qu’il n’a pas considéré le fait d’avoir perdu sa voix comme un signe qu’il fallait qu’il arrête d’enseigner ; mais il a continué comme si de rien n’était …

Extracto del p. MD Philippe sobre el tiempo de Cuaresma: la oración y la lectio

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El tiempo de Cuaresma según san Benito: la oración y la lectio

Durante este tiempo, hay que evitar todas las negligencias, debemos preservarnos de todo vicio. Por lo tanto, es necesario que la conversión de nuestras costumbres sea muy perfecta, que sea muy actual. No podemos contentarnos de una vida aparentemente virtuosa.

Así mismo, también debemos «aplicarnos con lágrimas a la oración, a la lectura, a la compunción del corazón y a la abstinencia». San Benito insiste de manera especial sobre la oración y la lectio divina durante la Cuaresma. Insiste en ello porque estos ejercicios revelan las decisiones privadas de los monjes. Aquellos que durante este tiempo litúrgico deben hacer un esfuerzo de llevar una vida más contemplativa, más solitaria y unida a Cristo. La oración ferviente y la lectio divina deben ayudarles en ello.

Padre Marie-Dominique Philippe

«Análisis teológico de la regla de san Benito»

Extrait du p. MD Philippe sur l’acte de foi de Marie

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L’acte de foi de Marie

Un acte de foi chrétien nous agrandit à la dimension de Dieu : on se met directement à l’école de Dieu. Il ne s’agit pas de ce que nous avons compris — cela, c’est bon pour passer des examens ! mais Dieu, heureusement, ne nous fait pas passer d’examens. Il nous demande d’avoir cette bonne volonté, d’adhérer entièrement à ce qu’il réclame de nous : Fiat mihi secundum verbum tuum, « Qu’il me soit fait selon ta parole ; non pas selon ce que j’ai compris, mais selon ce que tu veux ». Dieu nous demande de nous mettre dans une dépendance totale à l’égard de ce qu’il veut pour nous, au lieu d’avoir notre « petit plan » ; car les petits plans que nous faisons ne correspondent jamais au plan de Dieu ! (…)

Faire un acte de foi, c’est se mettre dans une dépendance totale, absolue, à l’égard de la sagesse de Dieu, vouloir adhérer à cette sagesse telle qu’elle se donne à nous, sans comprendre. Le croyant est celui qui accepte cette situation d’extrême dépendance ; il accepte de ne pas comprendre, de ne pas saisir, pour recevoir gratuitement l’enseignement de Dieu, la parole de Dieu qui lui est donnée, et tout ce que Dieu veut et attend de lui.

Père Marie-Dominique Philippe, Conférence, 15 août 2001

Extrait du p. MD Philippe sur les choix de st Joseph

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Les choix de saint Joseph

Saint Joseph s’est trouvé bien des fois dans des circonstances très difficiles. On peut même dire qu’aucun homme ne s’est jamais trouvé dans des circonstances aussi difficiles, aussi délicates, que celles-là. Il faudrait donc regarder (ce serait très intéressant pour une théologie de saint Joseph) toutes les fois où il a dû choisir, parce que c’est dans le choix que la prudence se noue, le choix de tel moyen en vue de la fin, en vue de ce qu’on doit réaliser, en vue de la fidélité à la volonté du Père.(…)

Si on veut comprendre la liberté de Joseph, et sa prudence, il faut les regarder dans les choix qu’il a faits, et d’abord dans le premier qui est le choix de Marie. Joseph a sûrement choisi la femme la plus belle, la plus intelligente, la plus capable d’aimer… Joseph a rencontré Marie et il a su la discerner. Il a dû y avoir entre eux — saint Thomas le dit, en théologien — la plus grande des amitiés. Il n’y a jamais eu d’autre amitié humaine aussi forte que celle qui a uni Joseph et Marie. C’est très important, parce que dans l’économie divine la rencontre de Joseph et de Marie, et le fait que Joseph ait choisi Marie, sont décisifs… C’est pour cela que la liturgie des fiançailles de Joseph et de Marie, cette fête que l’on célébrait autrefois le 23 janvier, est quelque chose de très beau, qui souligne la qualité d’âme de Joseph et de Marie.

Père Marie-Dominique Philippe, article paru dans la LAA nr 39

Extrait du p. MD Philippe sur le Carême: attente de la Pâque

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Le temps du Carême selon saint Benoît : l’attente de la sainte Pâque

Ce désir d’être plus uni au Christ crucifié doit se traduire dans une générosité plus grande : « Ajoutons quelque chose à la tâche habituelle de notre service : oraison particulière, restriction dans les aliments et la boisson. Chacun offrira spontanément à Dieu, dans la joie venant de l’Esprit-Saint, quelque pratique surérogatoire. »

Enfin, chacun « attendra la sainte Pâque avec l’allégresse du désir spirituel. »

Donc ce temps liturgique où la vie monastique soit être particulièrement fervente exige :

a) une lutte plus énergique à l’égard de ses défauts;

b) une intensité plus grande d’oraison. Les larmes expriment cette intensité;

c) plus de temps consacré à la lecture des livres saints et des Pères. Une prière plus intense demande normalement une nourriture plus forte;

e) un désir spirituel très vif du don du Christ, de son Retour, de sa Victoire d’amour.

Père Marie-Dominique Philippe

« Analyse théologique de la Règle de saint Benoît »

Citazioni del p. MD Philippe, sul tempo della Quaresima, la lotta

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Il Tempo della Quaresima secondo san Benedetto : la lotta

La vita cristiana sulla terra è una lotta; il Regno di Dio è di chi agisce con forza. Il cristiano non rinuncia a conquistare questo regno d’amore e di verità. Sapendo che il tentatore è sempre pronto a sedurre, servendosi delle complicità che si trovano in lui come conseguenza del peccato originale, egli non deve smettere di acquisire dei “modi da guerriero”. Quanto più progredisce nell’amore e nella conquista delle virtù – più diventa un «portatore di pace», tanto più questo progresso e questa acquisizione reclamano da lui un’intensità di lotta.

Padre Marie-Dominique Philippe

 «Analisi teologica della Regola di san Benedetto»