Mois: octobre 2019

Extrait du p. MD Philippe, la théologie naturelle

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La théologie naturelle

La philosophie première se pose cette question : « Existe-t-il une réalité autre que l’homme, au-delà de lui du point de vue de l’être ? » Ce n’est que par la finalité que l’homme pourra répondre à cette question. L’homme existe, il est une personne, il est autonome, il peut se diriger, s’orienter vers sa fin. Mais pour bien s’orienter, il faut qu’il se pose la question : « Existe-t-il un Etre réel, premier, un Etre qui ne soit qu’être et qui soit source de tous les autres ? » La philosophie première s’achève donc en « théologie [1] », dans ce regard contemplatif sur l’Etre premier, Acte pur. L’homme seul peut le découvrir, puisqu’il est au sommet de toutes les réalités qu’il expérimente. Et il se pose cette question : « Existe-t-il un Etre premier, au-delà de la personne humaine, au-delà de la personne de l’ami qui me finalise partiellement ? »

Père Marie-Dominique Philippe, article paru en 2003

 

[1] Comprenons bien qu’il s’agit ici de la théologie au sens où les Grecs en parlaient, c’est-à-dire de la connaissance que le philosophe peut avoir de Dieu, et non de la théologie chrétienne se développant au service de la foi.

Extrait du p. MD Philippe, la philosophie première

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Philosophie première

C’est donc en dernier lieu que la philosophie s’ouvre à ce qu’Aristote appelle la « philosophie première ». Elle cherche ce qui est commun à la matière, au vivant, à l’homme : l’être ; plus précisément, elle cherche à connaître ce qui est en tant qu’il est. On l’a appelée la métaphysique, mais c’est un terme matériel. En réalité, Aristote parle de « philosophie première », de la recherche au sujet de ce qui est en tant qu’il est. C’est ce développement ultime de la philosophie qui fait comprendre ce mouvement d’une recherche toujours plus approfondie de ce qu’est la réalité : cette réalité existe avec sa nature, elle peut exister comme un vivant, et si elle existe comme un vivant spirituel, nous découvrons son être personnel. Car si nous cherchons à connaître ce qu’est l’être comme tel, à partir du jugement « ceci est », c’est pour avoir une connaissance beaucoup plus profonde de l’homme, de la personne humaine capable de dire : « Je suis ». L’homme a conscience qu’il existe et peut se demander ce qu’implique son « je suis », comme manière d’être la plus parfaite dont il a l’expérience.

Père Marie-Dominique Philippe, article paru en 2003

Extrait du p. MD Philippe, la philosophie du vivant

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Philosophie du vivant

Il n’y a pas que la matière et le mouvement des réalités naturelles ; une expérience nouvelle apparaît avec le vivant : le vivant se meut. Alors que la réalité naturelle est mue et que le monde physique est un monde de mouvement (dans la nature, tout est mû et est indéfiniment en mouvement), le vivant se meut. Il a donc une autonomie, qui grandit avec les différents degrés de vie : la vie végétative, la vie sensible et la vie de l’esprit. La vie dans son sommet est celle de l’intelligence et de la volonté, ce qui exigera du philosophe de s’ouvrir à la recherche de la philosophie première, recherche de la vérité au sujet de ce qui est en tant qu’il est.

Père Marie-Dominique Philippe, article paru en 2003

Extrait du p. MD Philippe sur la philosophie de la nature

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La philosophie de la nature

Au-delà de la philosophie pratique, Aristote insiste sur la recherche de la vérité pour elle-même. D’abord la vérité de la nature, du monde physique : qu’est-ce que le milieu qui nous entoure ? De fait, l’homme naît avec un bien qui lui est donné, sa nature humaine. Notre corps fait partie de notre nature. Je suis un être corporel, lié à toutes les réalités naturelles, celles de l’univers. La philosophie de la nature se penche sur ces premières expériences de la matière : la terre, l’eau, l’air, le feu, qui nous influencent d’une façon très profonde et qui nous permettent de distinguer les sensibles propres des sensibles communs, distinction capitale dans la pensée d’Aristote et qui sera refusée par Descartes. Les sensibles propres sont qualitatifs, les sensibles communs quantitatifs. La distinction et le dilemme de la qualité et de la quantité apparaissent donc en philosophie de la nature, avec l’étude des réalités naturelles, matérielles.

Père Marie-Dominique Philippe, Article paru en 2003