Découverte de Dieu

Extrait du p. MD Philippe sur la redécouverte de la finalité

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La redécouverte de la finalité

La redécouverte de la finalité, en face du positivisme dont l’influence pénètre partout, est donc une chose capitale aujourd’hui. Alors que la plupart des gens ne cherchent plus que le comment des choses et oublient le pourquoi de ce qui est, la philosophie revient constamment à l’expérience humaine et rappelle la recherche du pourquoi, de la finalité. Pourquoi suis-je en vie ? Pourquoi puis-je penser ? Existe-t-il un Etre au-delà de l’homme ? C’est la grande question, et toute la philosophie est ordonnée à résoudre cette question. Et cette question, nous nous la posons en regardant ce qui est. Ce qui est le plus radical en nous, c’est notre être. Et c’est notre être personnel, et celui de la personne de l’ami, qui nous conduira à nous demander s’il existe un Etre avant nous, au-delà de nous et dont nous dépendons radicalement dans notre être.

Père Marie-Dominique Philippe, article paru en 2003

Extrait du p. MD Philippe sur l’être premier

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L’Être premier

C’est à partir de la personne humaine, qui est la plus parfaite des réalités que nous pouvons expérimenter, que se pose la question de l’existence d’un Etre premier. En effet, si l’homme est la réalité la plus parfaite et l’Etre premier, il n’a qu’à être lui-même ; mais si l’homme dépend d’une Réalité première, au-dessus de lui, il a le devoir de la connaître dans la mesure où il le peut : reconnaître qu’il existe un Etre premier, le Créateur de son âme spirituelle et le Seigneur de l’univers, gardien de son corps dont ses parents sont la cause propre. Si l’homme a une âme spirituelle, d’où vient-elle ? Elle ne peut provenir des parents. Ceux-ci ne sont pas source d’un être spirituel, puisqu’ils sont liés à la matière et que leur intelligence n’est pas première. L’intelligence humaine, qui dépend de ce qui est, ne peut pas être source d’une autre intelligence humaine. Un homme peut éduquer, former un autre homme par son intelligence, mais il n’en est pas la source : son intelligence n’est pas substantielle. Se pose donc la question : « Y a-t-il une source première de mon intelligence, de mon âme spirituelle ? »

Père Marie-Dominique Philippe, article paru en 2003

Extrait du p. MD Philippe, la théologie naturelle

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La théologie naturelle

La philosophie première se pose cette question : « Existe-t-il une réalité autre que l’homme, au-delà de lui du point de vue de l’être ? » Ce n’est que par la finalité que l’homme pourra répondre à cette question. L’homme existe, il est une personne, il est autonome, il peut se diriger, s’orienter vers sa fin. Mais pour bien s’orienter, il faut qu’il se pose la question : « Existe-t-il un Etre réel, premier, un Etre qui ne soit qu’être et qui soit source de tous les autres ? » La philosophie première s’achève donc en « théologie [1] », dans ce regard contemplatif sur l’Etre premier, Acte pur. L’homme seul peut le découvrir, puisqu’il est au sommet de toutes les réalités qu’il expérimente. Et il se pose cette question : « Existe-t-il un Etre premier, au-delà de la personne humaine, au-delà de la personne de l’ami qui me finalise partiellement ? »

Père Marie-Dominique Philippe, article paru en 2003

 

[1] Comprenons bien qu’il s’agit ici de la théologie au sens où les Grecs en parlaient, c’est-à-dire de la connaissance que le philosophe peut avoir de Dieu, et non de la théologie chrétienne se développant au service de la foi.

Extrait du p. MD Philippe: le terme ultime de la philosophie

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Le terme ultime de la philosophie, Dieu

Nous découvrons les trois niveaux d’intelligibilité de la philosophie « spéculative » : celui de ce-qui-est mû, celui de ce-qui-se-meut, celui de ce-qui-est ; cette distinction n’est pas une séparation mais représente une pénétration toujours plus grande de l’intelligence dans la réalité elle-même expérimentée. Cette réalité, c’est bien l’homme existant. Certes, l’univers entier est considéré, tous les vivants sont considérés, et la philosophie première n’exclut aucune des réalités existantes. Mais c’est bien à l’égard de l’homme que ces différentes parties de la philosophie « spéculative » trouvent leur unité et s’ordonnent.

Cependant, l’homme n’en est pas le terme ultime : le Philosophe est attentif aux traditions religieuses qui parlent de Dieu (Zeus), voulant montrer que le langage mythique de ces traditions religieuses contient une vérité profonde – l’existence d’un Être premier.

Père Marie-Dominique Philippe, « Introduction à la philosophie d’Aristote »