Sanctoral

Extrait du p. MD Philippe sur l’acte de foi de Marie

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L’acte de foi de Marie

Un acte de foi chrétien nous agrandit à la dimension de Dieu : on se met directement à l’école de Dieu. Il ne s’agit pas de ce que nous avons compris — cela, c’est bon pour passer des examens ! mais Dieu, heureusement, ne nous fait pas passer d’examens. Il nous demande d’avoir cette bonne volonté, d’adhérer entièrement à ce qu’il réclame de nous : Fiat mihi secundum verbum tuum, « Qu’il me soit fait selon ta parole ; non pas selon ce que j’ai compris, mais selon ce que tu veux ». Dieu nous demande de nous mettre dans une dépendance totale à l’égard de ce qu’il veut pour nous, au lieu d’avoir notre « petit plan » ; car les petits plans que nous faisons ne correspondent jamais au plan de Dieu ! (…)

Faire un acte de foi, c’est se mettre dans une dépendance totale, absolue, à l’égard de la sagesse de Dieu, vouloir adhérer à cette sagesse telle qu’elle se donne à nous, sans comprendre. Le croyant est celui qui accepte cette situation d’extrême dépendance ; il accepte de ne pas comprendre, de ne pas saisir, pour recevoir gratuitement l’enseignement de Dieu, la parole de Dieu qui lui est donnée, et tout ce que Dieu veut et attend de lui.

Père Marie-Dominique Philippe, Conférence, 15 août 2001

Extrait du p. MD Philippe sur les choix de st Joseph

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Les choix de saint Joseph

Saint Joseph s’est trouvé bien des fois dans des circonstances très difficiles. On peut même dire qu’aucun homme ne s’est jamais trouvé dans des circonstances aussi difficiles, aussi délicates, que celles-là. Il faudrait donc regarder (ce serait très intéressant pour une théologie de saint Joseph) toutes les fois où il a dû choisir, parce que c’est dans le choix que la prudence se noue, le choix de tel moyen en vue de la fin, en vue de ce qu’on doit réaliser, en vue de la fidélité à la volonté du Père.(…)

Si on veut comprendre la liberté de Joseph, et sa prudence, il faut les regarder dans les choix qu’il a faits, et d’abord dans le premier qui est le choix de Marie. Joseph a sûrement choisi la femme la plus belle, la plus intelligente, la plus capable d’aimer… Joseph a rencontré Marie et il a su la discerner. Il a dû y avoir entre eux — saint Thomas le dit, en théologien — la plus grande des amitiés. Il n’y a jamais eu d’autre amitié humaine aussi forte que celle qui a uni Joseph et Marie. C’est très important, parce que dans l’économie divine la rencontre de Joseph et de Marie, et le fait que Joseph ait choisi Marie, sont décisifs… C’est pour cela que la liturgie des fiançailles de Joseph et de Marie, cette fête que l’on célébrait autrefois le 23 janvier, est quelque chose de très beau, qui souligne la qualité d’âme de Joseph et de Marie.

Père Marie-Dominique Philippe, article paru dans la LAA nr 39

Extrait du p. MD Philippe sur le regard de Jésus sur Pierre

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Le regard de Jésus sur Pierre

En posant ces questions : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu plus que ceux-ci ? », « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu? », puis la troisième fois : « M’aimes-tu tendrement ? », Jésus emploie deux fois le terme agapè et la troisième fois philia. Essayons de saisir le regard de Jésus sur Pierre. Quel est ce regard ? Là, évidemment, il faut aller plus loin que le texte : il faut que l’Esprit Saint nous éclaire. (…)

L’Evangile ne nous dit rien sur la première apparition de Jésus à Pierre. Il ne nous dit pas que Jésus a pardonné à Pierre, ou qu’il l’a corrigé. Rien du tout. C’est, du reste, très beau. Jésus ne retient pas les fautes ; il ne retient que l’amour. Nous, nous en restons très souvent à notre point de vue psychologique : on est honteux. Il faut dépasser la honte pour retrouver l’amour. L’Esprit Saint ressuscite les morts, il ne faut jamais l’oublier. De sorte que le regard de Jésus n’est pas premièrement une correction. Certains ont dit qu’il a interrogé Pierre par trois fois parce qu’il y a eu trois reniements. Je crois que c’est beaucoup plus un amour nouveau que Jésus veut lui donner, un amour gratuit, pour faire comprendre à Pierre qu’il y a un nouveau départ avec le mystère de la Résurrection.

Père Marie-Dominique Philippe, Commentaire de l’Evangile de saint Jean

Extrait du p. MD Philippe sur Marthe Robin, témoin de la miséricorde

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Marthe Robin, témoin de la miséricorde

L’obscurité a été si grande qu’à certains moments elle ne voyait plus du tout le sens de sa vie, le sens des souffrances de la Croix que Jésus lui demandait de porter. Mais à travers cette obscurité elle gardait un sens étonnant de la miséricorde. C’était peut-être ce qu’il y avait de plus frappant: Marthe, qui ne faisait pas partie de la hiérarchie, pouvait, d’une certaine manière, avoir toujours l’attitude de la miséricorde. C’était visible: plus les retraitants étaient blessés, plus Marthe les prenait avec amour et plus elle les guérissait, dans la miséricorde divine qui habitait son cœur.

Père Marie-Dominique Philippe, « Les Trois Sagesses »

Notes de lecture du p. MD Philippe, l’Immaculée Conception, fruit de la Croix

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L’Immaculée Conception

Quand Marie apparaît à Bernadette (à Lourdes) en disant : « Je suis l’Immaculée Conception», elle nous montre peut-être ce qu’est le désert de Dieu; elle nous montre peut-être ce qu’est pour nous ce lieu de prédilection choisi par Dieu, et qui lui est tout réservé. Le désert de Dieu, n’est-ce pas cette terre nouvelle, cette terre immaculée, ce lieu d’une limpidité et d’une pureté absolues qu’est le mystère de Marie dans son Immaculée Conception ? Ce qui est certain – l’Église l’a proclamé-, c’est que Marie est vraiment immaculée dans sa conception. Elle est donc vraiment le chef-d’œuvre de Dieu : chef-d’œuvre du Dieu-Créateur et chef-d’œuvre de la Rédemption. Cette « conception immaculée » est à la fois le don que le Dieu-Créateur lui fait de son âme spirituelle, créée dès sa conception humaine, et le don que le Père, le Fils et l’Esprit lui font de la plénitude de grâce, communiquée en vertu des mérites de la Croix du Christ. Cette plénitude de grâce est le fruit le plus éminent et le plus caractéristique de la Croix.

Père Marie-Dominique Philippe, « L’Etoile du Matin »

Notes de lecture du p. MD Philippe, « Jésus que tu persécutes »

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« Je suis Jésus que tu persécutes »

Quelle est la signification profonde, divine de cette affirmation: « Je suis Jésus que tu persécutes »?

Tout l’enseignement de saint Paul explicite, module cette révélation qui a transformé son âme, qui de persécuteur acharné l’a rendu apôtre jusqu’au martyre. L’enseignement essentiel de saint Paul revient toujours à ce mystère, à ce « grand mystère », caché depuis l’origine et « révélé de nos jours par l’Esprit aux saints apôtres et prophètes de Jésus-Christ ».

Ce mystère, saint Paul le présente avant tout comme le mystère du Christ récapitulant, reprenant en lui tout ce qui a été dispersé par le péché. Par sa Croix et sa Résurrection, le Christ refait l’unité des hommes, unité détruite par le péché. Réalisée par le Christ, cette unité devient plus profonde, plus étroite encore que celle qui existait avant le péché.

Père Marie-Dominique Philippe, « Le mystère du Corps mystique du Christ »

Notes de lecture du p. MD Philippe, sur le baptême de Jean-Baptiste

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Le baptême dans l’eau

Jean répondit: « Moi, je baptise dans l’eau ». Le baptême de pénitence, le baptême de l’eau, c’est le baptême de l’adoration. L’eau symbolise la créature, ne l’oublions pas, et la créature doit adorer. Nous ne sommes vraiment l’eau de Dieu que quand nous adorons. L’adoration purifie notre coeur, enlève de nous tout désir de pouvoir, tout droit d’aînesse, et elle nous donne une capacité d’aller beaucoup plus loin, selon le souffle de l’Esprit Saint.

Moi, je baptise dans l’eau – et pour cela je n’ai pas besoin d’avoir une autorité. C’est cela qui est merveilleux : tout le monde peut adorer, on n’a pas besoin d’avoir une autorité pour cela. On a le droit d’adorer, c’est même le droit sacré de la créature. 

Père Marie-Dominique Philippe, Suivre l’Agneau