Les 3 sagesses

Extrait du p. MD Philippe, la métaphysique et la Vierge Marie

Publié le Mis à jour le

La métaphysique et la Vierge Marie

Je suis allé de me reposer auprès du père Dehau. J’ai repris la lecture [pour le père Dehau qui était aveugle]. Cette fois-là, c’était de la philosophie et de la théologie. C’était merveilleux de retrouver le père Dehau sous un autre aspect : je le retrouvais en tant que frère, comme Dominicain. Nous avons passé là un mois étonnant de grâce et de travail intellectuel. Et le père Dehau à ce moment-là m’a dit : « Il faut entrer à fond dans la métaphysique, parce que la métaphysique nous permet de parler de la Vierge Marie. Tu dois faire de la métaphysique pour pouvoir parler de la Vierge Marie et pouvoir la communiquer aux autres. »

Père Marie-Dominique Philippe, « Les Trois Sagesses »

Extrait du p. MD Philippe, le point de départ de la philosophie

Publié le Mis à jour le

L’expérience, point de départ de la philosophie

Aristote (qui ne donne pas de méthode – c’est en dehors de son génie ¬ , mais qui donne des itinéraires merveilleux, qui trace des petits sentiers) dit expressément: il faut partir de l’expérience.

Seule l’expérience des réalités existantes peut être le point de départ d’une véritable recherche philosophique. De plus, cette première expérience objective est communicable et permet une vérification; tandis que l’expérience du vécu intérieur ne peut être communiquée comme telle. Ce qu’il faut noter ici, c’est que, en face de ces deux types d’expérience on est en présence du point de départ de deux grandes philosophies très différentes: Aristote et Platon.

Père Marie-Dominique Philippe, « Les Trois Sagesses »

Extrait du p. MD Philippe: la recherche de ce qu’est l’homme

Publié le Mis à jour le

La philosophie, la recherche de ce qu’est l’homme

J’évoquerai un dialogue que j’ai eu avec des prêtres-ouvriers au Carmel de Limoges, où je venais prêcher. La Mère Prieure m’avait demandé si cela ne me dérangeait pas de partager le repas avec des prêtres-ouvriers qui venaient régulièrement… J’ai répondu qu’au contraire je serais très heureux de les rencontrer. Comme j’étais en habit, et qu’eux avaient leur tenue de prêtres-ouvriers, ils m’ont tout de suite dit : « Qu’est-ce que vous faites ? » – « J’enseigne la philosophie à Fribourg. » – « Quelle philosophie ? » Sachant très bien ce que cela voulait dire, je leur ai dit : « Il y a donc, pour vous, plusieurs philosophies ? » Ainsi, au lieu d’être interrogé, je les interrogeais… et ils ne savaient pas très bien quoi dire.

J’ai repris : « La philosophie, pour moi, c’est la recherche de ce qu’est l’homme, et c’est essayer de dire des choses vraies. Vous, vous êtes prêtres-ouvriers pour connaître l’ouvrier. Eh bien moi je fais de la philosophie pour connaître l’homme. Et vous ne pouvez pas connaître parfaitement l’ouvrier si vous ne savez pas de qu’est l’homme » – « Mais comment faites-vous ? » – « Je cherche les expériences, comme vous. Vous cherchez l’expérience de l’ouvrier, moi je cherche les expériences de l’homme. Quelles sont les grandes expériences de l’homme ? Toute ma philosophie repose sur ces expériences. »

Père Marie-Dominique Philippe, « Les Trois Sagesses »

Extrait du p. MD Philippe, le philosophe

Publié le Mis à jour le

Le philosophe

La meilleure définition du philosophe à mon sens, celle à laquelle je reviens toujours, c’est celle de Péguy, qui n’était pas un philosophe (…) Péguy nous dit, à sa manière, qu’il n’y a que deux espèces de personnes, les gens qui descendent le fleuve et ceux qui remontent à la source; et c’est comme ça qu’il distingue les philosophes des non-philosophes. Quantité de personnes descendent le fleuve, et c’est facile: les morts aussi descendent le fleuve, et même les cadavres descendent le fleuve plus vite que les autres (…)

Certains, qu contraire, veulent remonter à la source. Et Péguy ajoute: c’est difficile de remonter à la source, c’est pénible, il faut accepter d’être seul. C’est très juste. Péguy ne donne pas là une définition, mais décrit une attitude intérieure qui consiste à chercher la vérité. Pour moi, c’est cela, le philosophe: c’est celui qui cherche éperdument la vérité. Non pas pour la posséder, mais pour être possédé par elle, pour être pris par elle.

Père Marie-Dominique Philippe, Les Trois Sagesses