Mois: octobre 2016

Extrait du p. MD Philippe sur la prière

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Dieu veut beaucoup de prière, de la quantité, et à un certain point de vue, il me semble que la qualité lui importe moins. Nous donnerons la quantité et lui-même donnera la qualité.

 Père Pierre-Thomas Dehau (1870-1956)

Cette affirmation du Père Dehau semble en contradiction avec ce qu’il énonce si souvent au plan philosophique, à savoir que la qualité l’emporte sur la quantité, en quoi il est tout à fait conforme à la pensée d’Aristote et à sa philosophie réaliste.

Alors pourquoi, ici, cette affirmation au plan pratique et pastoral ? Précisément parce qu’au plan pratique, le Père Dehau insiste sur ce qui est en notre pouvoir. La qualité de la prière ne dépend pas de nous mais du souffle de l’Esprit Saint, tandis que la quantité relève uniquement de notre vouloir. Ce que nous pouvons faire, ce qui est de notre ressort, c’est de consacrer du temps à la prière. Cela, nous pouvons le décider. Consacrons donc du temps à cette rencontre avec Dieu, et appelons l’Esprit Saint en Lui demandant de faire que ce temps de prière soit très qualitatif et très fervent. Dieu a pitié de celui qui donne de son temps à la prière, et non pas de celui qui ne donne du temps que si la prière est pour lui qualitative, selon son jugement. Dieu aime le pauvre qui prie en pauvre, en mendiant, et qui offre à Dieu tout le temps qu’il peut, sans regarder les résultats. Car si l’homme agit autrement, il reprend ce qu’il donne en priant.

Père Marie-Dominique Philippe, extrait du livre « A l’âge de la lumière » p 195

Quelques questions d’un interview du p. MD Philippe, 2002

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Interview à l’occasion des 90 ans du Père Marie-Dominique Philippe

Le Saint-Père insiste beaucoup sur la miséricorde. Le message de sœur Faustine sur la miséricorde et celui de Thérèse sur la petite voie se rejoignent-ils ?

Oui. Thérèse touche à ce qu’il y a de plus profond: dans un monde qui cherche avant tout la gloire humaine, l’épanouissement, la liberté, elle rappelle qu’il faut en premier lieu considérer que nous avons tout reçu de Dieu, et que nous sommes des pauvres qui tendons toujours la main.
La condition sine qua non pour que la Miséricorde puisse nous envelopper, c’est la petite voie ! Devant les fausses richesses, la Petite Thérèse nous apprend à aimer notre petitesse, notre pauvreté en face de Dieu. Nous sommes des mendiants de Dieu. Et Dieu ne peut faire miséricorde qu’à un mendiant.

C’est le secret de l’Espérance ?

Oui, car dans la vraie pauvreté, on est ouvert à la miséricorde.

Propos recueillis par Marie-Christine Lafon

dans Famille chrétienne n°1287 du 14-20 septembre 2002