Témoignage sur le p. MD Philippe d’Ariane Schwizgebel

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Un artiste de la miséricorde de Dieu !

C’est une grande lumière, une force et un élan formidables que le père Marie-Dominique Philippe m’a apportés, depuis le moment où j’ai eu la grande chance de le rencontrer personnellement.

Je venais de perdre un ami, l’ami avec lequel j’avais choisi de fonder une famille. Nous désirions partager ensemble cette intimité vivante et équilibrée qui permet de construire un foyer heureux. Martin, décédé tragiquement à l’âge de vingt-huit ans – mon âge à l’époque – était un artiste peu banal. Pianiste en fin de formation, passionné de philosophie et poète à ses heures. Tout l’intéressait. Il était toujours en éveil, avec une curiosité prodigieuse. Nos chemins s’étaient croisés alors que nous avions dix-neuf ans et durant ces dix années, nous avons partagé tant de choses, tant de découvertes… Ses nombreuses lectures, la musique qu’il pratiquait et un appétit spirituel très intense avaient développé chez Martin une très grande sensibilité. Cette qualité lui permettait d’être à l’écoute du monde qui l’entourait et qu’il trouvait souvent dur, inhumain, voire tragique ! L’art était alors pour lui comme une réponse lumineuse à cet environnement si difficile. Le répertoire du piano qu’il jouait avec inspiration devenait alors une réponse. Il s’y engageait avec passion !

C’est un regard de grande miséricorde que le père Marie-Dominique m’a apportée, au moment de la mort de Martin, par sa grande proximité, sa douceur si intelligente et son respect profond pour ce que je vivais. Il est venu me rejoindre dans le deuil que je traversais en m’aidant à porter et l’absence de la personne aimée, et toutes les exigences de la vie qu’il me fallait affronter avec courage.

Il a su aussi réveiller ma dignité la plus profonde. Il m’évoquait souvent le courage des veuves qui avaient perdu leur époux à la guerre et qui vivaient le deuil avec un grand sens de l’honneur, un immense amour et beaucoup de tendresse. Les paroles qu’il m’a alors adressées ont été gravées dans mon cœur et ne m’ont plus jamais quittée.

Je me rends compte encore plus aujourd’hui, combien la force et la douceur du regard du père Marie-Dominique sur moi provenaient de cette qualité de miséricorde très unique dont il vivait. Une miséricorde qu’il recevait lui-même et qu’il me transmettait sans compter. Il venait me rejoindre comme s’il descendait vers mon cœur. C’était comme un moment d’amitié et de communion très forte, vraiment inoubliable !

C’est ce chemin de miséricorde, tout rempli d’amour, qui m’a sauvée du désespoir et m’a apporté l’espérance, la lumière et la force de poursuivre mon chemin. Cette lumière me soutient toujours dans les luttes, avec cette conviction renouvelée : l’amour du Christ est toujours victorieux !

Le père Philippe a également été un géant pour moi. C’est lui qui m’a fermement encouragée à poursuivre et approfondir mon engagement dans la musique, comme claveciniste en premier lieu, puis comme responsable de chœur dans l’Église et également comme directrice artistique du Festival Agapé1 qu’il a lui-même fondé. Il souhaitait pouvoir donner un milieu privilégié aux artistes, pour qu’ils puissent donner le meilleur de leur art.

Recevoir les artistes comme des amis, c’est l’orientation majeure qu’il souhaitait pour le Festival Agapé. Il aimait les créations nouvelles, le jaillissement de l’inspiration, les audaces, la lumière, la qualité… tout cela il nous y a rendus sensibles. J’ai reçu, avec mes nombreux amis artistes, tous ces trésors de vie comme un grand testament. Il nous encourageait sans cesse à aller de l’avant, à faire toujours mieux, à nous donner et à nous mettre surtout à l’écoute les uns des autres. Les artistes étaient pour lui, un peu comme des prophètes de l’invisible ; ils nous ouvraient, disait-il, la voie royale de la miséricorde et de l’amour par leur art.

Le père Marie-Dominique m’a aussi fortement impressionnée dans ses enseignements, tant il était habité par ce qu’il transmettait. Il pénétrait vraiment l’esprit des écritures, sachant transmettre à ses auditeurs toute la sève, tout le contenu humain et spirituel des textes sacrés.

Il était un homme de Dieu, profondément humain et profondément inspiré : un vrai artiste de la miséricorde de Dieu !

Ariane Schwizgebel2

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1 Festival international de musique et d’art sacré qui se produit tous les deux ans, à Genève, Reims, et Saltillo (Mexique).

2 Ariane Schwizgebel (Genève, Suisse) est claveciniste. Elle enseigne le clavecin et le piano. Elle est directrice artistique du Festival Agapé depuis sa création en 1992.