Homélie pour les dix ans du retour à Dieu du p MD PHILIPPE

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Le père Marie-Dominique PHILIPPE était un peu comme un alpiniste, chaque jour il gravissait un ou plusieurs sommets, et c’est malgré lui qu’il est aussi devenu guide, parce qu’on le suivait. C’est ainsi qu’il nous emmenait chaque jour sur un ou plusieurs sommets. Et toujours au sommet de la contemplation …

Au sommet de la mystique et de la théologie mystique

Au sommet de la métaphysique

Au sommet de l’amour et de l’amour d’amitié

Au sommet de la compassion

Au sommet de la miséricorde et de la réconciliation

Au sommet de la pauvreté et de l’humilité

Au sommet de la théologie et de la théologie de Saint Thomas

Au sommet de l’eucharistie Au sommet et au cœur de l’Eglise

Au sommet de l’oraison et de l’adoration

Au sommet de l’humanité Au sommet de l’amour

Dans le cœur de Marie, Au sommet …

Il était plus tourné vers l’attraction qui le mouvait, car chacun de ces sommets était quelque chose du Christ qu’il cherchait. Il était plus tourné vers cette cause qui le mouvait et l’attirait, le Christ, que par le fait qu’il devenait instrument pour d’autres et une multitude qui le suivaient dans cette ascension. Il aimait à dire d’ailleurs qu’il est bon que l’instrument soit tourné vers sa cause plus que vers le résultat dont il était l’instrument. Il ne se retournait vers nous que pour se préoccuper en bon pasteur et en bon père des brebis que le Seigneur lui confiait, il les prenait comme cela, il ne les triait pas, on le lui reprochait. Et toujours le guide qu’il était s’effaçait au sommet.

Savez-vous que Dieu se garde des saints cachés en son sein, Dieu se garde des saints ! Tous les saints canonisables ne sont pas canonisés. Le grand désir du père était d’imiter le testament de Marie : « Mourir sans gloire ». Il aimait à citer ce que de sages dominicains disaient : « Un bon dominicain doit loucher sur la Chartreuse ». Et pour bien comprendre cette citation dans son esprit, il faut là relier à cette anecdote qu’il aimait régulièrement citer : « Un novice en chartreuse devait creuser la tombe d’un père qui venait de décéder dans le cimetière du monastère, il commence à creuser là où il était sûr que personne n’avait été enterré depuis bien longtemps, mais qu’elle n’est pas sa surprise de piocher sur un corps resté intacte (on est enterré à même la terre sans cercueil dans la vie monastique) après peut-être plusieurs siècles (ce qui est un signe indiscutable de sainteté dans la grande tradition de l’Eglise). Courant s’en ouvrir à son supérieur croyant peut-être avoir fait la découverte qui amènerait bientôt un procès de béatification ou que sais-je. Son supérieur lui répondit simplement : « creusez à côté ».

C’est dire combien la gloire, même celle de la sainteté est abandonnée et donnée à Dieu et lui est laissée à lui seul … C’est ce désir qui habitait le cœur du père Marie-Dominique PHILIPPE, il rêvait d’être martyr et de mourir sans gloire (le testament de Marie disait-il). Mourir sans gloire, il a bien été exaucé quand on sait que quand il est mort le 26 août 2006, il y avait quasiment personne à Saint Jodard, juste une ou deux sœurs pour le veiller. Martyr, il l’est devenu surtout après sa mort (bien qu’il ait connu de son vivant le doux martyr quotidien de tout un chacun de ceux qu’on fête à la Toussaint).

Il est de ceux qui ont une telle fécondité et qui portent un tel fruit que le démon, de rage les poursuit même jusque dans la tombe à travers leurs fécondités et leur héritage spirituel, intellectuel, paternel, mystique théologique, philosophique…etc.

Et peut-être spécialement le père MD PHILIPPE, car il faut dire que l’enjeu est grand, à cause de cette recherche métaphysique qui est la grande parade aux idéologies et sa vie de compassion, grande parade à l’indifférence et au manque d’amour de notre monde. Il nous rappelait qu’il avait entendu ou lu d’un idéologue de renom que les deux choses que ce dernier avait en horreur, c’était justement la métaphysique et la compassion. Et il interprétait cette parole comme une confirmation du Malin lui-même à travers la bouche de ce pauvre homme, que ce qu’il recherchait et transmettait avec le plus de soin, métaphysique et compassion était justement ce dont le démon avait le plus en horreur.

Alors pas étonnant que tous les traquenards sont bons pour rayer cet héritage, au point de contredire l’analogie de Jésus, « pour connaître l’arbre, regarde ses fruits ». Ceux qui veulent prouver que les fruits ne seraient pas bons ne sont pas vrais …

Jésus a été condamné par tous les tribunaux possibles de son temps, le tribunal de César (qui l’a abandonné bien que le reconnaissant innocent par souci politique et par lâcheté) le tribunal d’Herode et surtout le tribunal du grand prêtre et du Sanhédrin. Ça me console quand je vois tous les grands prêtres d’aujourd’hui qui condamnent le père MD PHILIPPE. Il est tellement facile de frapper celui qui est déjà mort et qui ne peut se défendre. Les grands prêtres ont poussé leurs stratégies très loin parce qu’ayant été trouvé Pilate, ils ont obtenu qu’il soit dit qu’on avait volé le corps pour qu’on ne croit pas qu’il était ressuscité et pour qu’on ne croit pas à sa sainteté.

C’est dans le temps du sépulcre qui suit la blessure du Christ, la blessure de son Cœur, la seule qui soit vraiment mortelle et qui fait de lui un martyr après sa mort. C’est là qu’il nous faut observer Marie. Elle porte en son cœur une immense contradiction : celle de savoir qu’il est « Le Saint » et en même temps de le voir condamné par tout ce qui pouvait le faire en son temps. Cette contradiction est aussi celle que vivent les enfants et les fils spirituels du père Marie-Dominique PHILIPPE. Et il faut qu’ils regardent Marie, qu’ils se cachent en elle pour ce mystère du sépulcre que notre père aimait tant, et ce temps peut durer longtemps, quand on sait que pour Dieu « un jour est comme mille ans ». Cependant c’est la foi infaillible de Marie en la sainteté de son fils et de son maître qui a été pour Dieu, un point d’appui qui a hâté sa résurrection. Et pour nous, le point d’appui de la transmission de l’esprit PHILIPPE et de son héritage spirituel au cœur de l’Eglise et pour l’Eglise.

C’est ainsi que cette vérité recherchée, gardée et transmise, pas la vérité sans amour qui n’est pas sagesse, pas la vérité des bêtises qui n’ont rien d’originales. Mais la Vérité qu’est le Christ à travers l’enseignement et l’héritage du père Marie-Dominique PHILIPPE, cette vérité dans tous ses aspects restera toujours plus et deviendra toujours plus le Verbe d’Espérance pour nous et les générations qui viennent.

Car si le Verbe s’est fait chair, c’est qu’il n’est pas simplement quelque chose de «Rationnel» ou une vérité conceptuelle, légale, une vérité de la lettre qui tue, mais il est aussi, sinon d’abord un Verbe du Cœur, du cœur de l’homme et du cœur de Dieu, il est Secret du père qu’il nous donne … Ce verbe qui devient l’Agneau que le père n’a cessé de chercher et de suivre partout où il va.

Le 26 août 2016, homélie donnée par un disciple du p. Marie-Dominique PHILIPPE