Extrait du livre « Une Nouvelle Pentecôte d’Amour, de la miséricorde à l’aumône, 2e partie

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De la miséricorde à l’aumône

Il en est trois, prises dans les aumônes spirituelles, qui méritent de retenir plus particulièrement notre attention : enseigner celui qui est dans l’ignorance, conseiller celui qui est dans le doute et consoler celui qui est dans la tristesse.

Enseigner celui qui est dans l’ignorance, c’est, nous explique saint Thomas, apporter remède aux déficiences (defectus) de l’intelligence d’autrui par l’enseignement, la doctrine (doctrina).

Qu’il nous soit permis, en élargissant peut-être quelque peu le propos de saint Thomas, d’inclure dans la doctrina qu’il évoque ici tant la prédication que l’enseignement proprement dit.

Et qui pourrait dire le nombre incalculable d’heures que, chaque année de sa vie, le père Philippe aura consacré à la prédication et à l’enseignement, tant de la philosophie que de la théologie ?

C’est bien de cette première manière qu’il n’avait de cesse que de pratiquer l’aumône. Car par sa prédication et par son enseignement de la philosophie et de la théologie, il venait quotidiennement au secours de toutes les déficiences de notre intelligence. Et, ce faisant, il lui fallait se montrer particulièrement exigeant à notre égard : ne pouvaient en vérité recevoir sa prédication et suivre son enseignement de la philosophie et de la théologie que ceux qui acceptaient de reconnaître en eux-mêmes toutes les déficiences de leur intelligence. Notre ignorance native, bien sûr, mais, bien plus encore, tout ce qui pouvait avoir déjà, des années durant, désordonné notre intelligence – l’air du temps pollué que nous respirons à tout moment, avec son amoncellement de préjugés hasardeux, d’opinions plus ou moins erronées, bref, tout le mal qui affecte si durement notre intelligence et nous laisse dans un réel état de misère spirituelle.

« Tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien », disait Socrate auquel le père Philippe se référait si fréquemment dans son enseignement de la philosophie – une parole que Socrate adressait à ses disciples pour qu’ils la reçoivent comme la très nécessaire attitude initiale de l’intelligence lui permettant de s’engager dans la recherche de la vérité et la quête de la sagesse. Et c’est bien dans la clarté de cette lumière que le père Philippe s’attachait, et avec quelle assiduité, à dispenser inlassablement son enseignement philosophique et théologique comme la plus grande de toutes les aumônes – tout juste après, il va sans dire, celle qui nous fait, par la prière, appeler le secours de Dieu lui-même sur tous les hommes.

Père Benoit Jourdain, « Une Nouvelle Pentecôte d’Amour » , p. 180-181

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