Témoignage d’une soeur du Mexique

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Témoignage sur le père Marie Dominique Philippe.

« De sa plénitude nous avons reçu tous, et grâce sur grâce » Jean 1

J’ai connu la Communauté des Frères de Saint Jean en 1994, pendant cette même année j’ai connu le père Philippe à l’occasion de sa première visite à Saltillo. C’était une matinée auprès de lui pour toutes les familles et amis du nouveau prieuré des frères, avec une conférence, la Messe et le repas. Dans cette première rencontre j’ai été très touche par sa simplicité, sa joie et sa profondeur, c’était un homme de Dieu comme le pape Jean Paul II ou Madre Teresa, qu’une fois rencontré on n’oublie jamais. J’ai toujours entendu dire de bon du père Philippe ; les frères et les sœurs à Saltillo et Monterrey ont toujours montré un très grand amour et respect pour le père Philippe, et ils étaient soucieux de nous le faire connaître et aimer, et de partager avec nous tout ce qu’ils avaient reçu de lui.

Je suis entrée chez les Sœurs de Saint Jean en 1997, j’ai pu commencer à découvrir petit à petit l’esprit de Saint Jean, cette nouveauté dans la vie religieuse voulue par l’Esprit Saint et dont le père Philippe a été l’instrument docile. De plus en plus j’ai reçu le père Philippe comme un PERE, et je suis devenue son ENFANT, il avait le cœur large et miséricordieux, il y en avait place pour tous ! Et chaque frère, chaque sœur était pour lui un fils, une fille. Et il était vraiment un père car il avait toujours le souci de former notre esprit pour répondre avec le meilleur de nous-mêmes à l’appel de Dieu, et nous encourageait à suivre cette petite voie toute d’amour et de vérité pour Dieu et le prochain.

J’ai passé trois ans et demi a Saint Jodard, j’ai eu la chance de suivre tous ses cours, de me confesser souvent avec lui, de le rencontrer personnellement. Et je peux rendre témoignage de sa fidélité à sa consécration religieuse. Il ne nous a jamais accaparé ou arrêté à lui, il était pauvre, il vivait comme pauvre, il se donnait tout et à tous. Il n’a pas accaparé non plus son autorité de fondateur, il l’a montré en s’effaçant devant le nouveau prieur général des frères en 2001.

Il s’est effacé toujours devant Dieu, et son seul désir était d’accomplir la volonté de Dieu, « la volonté du Père », cela revenait tout temps dans ses homélies et ses conférences spirituelles.

Il était habité par l’amour de Dieu et de la Très Sainte Vierge et il les aimait tellement que, pardon, je ne crois pas qu’il aurait pu commettre les actes dont on l’accuse, car en aimant comme cela il n’y avait pas de place chez lui pour un amour tellement inférieur ; il avait un cœur pur comme Saint Jean, et comme lui il savait « reposer sa tête », c’est-à-dire avoir des gestes paternels ou maternels avec nous, il était d’une telle tendresse et d’une telle miséricorde ! Mais jamais, jamais il a eu un geste envers moi qui aurait été contraire à la chasteté.

En connaissant le père Philippe je peux dire qu’il était jeune, qu’il avait une intelligence perspicace et un cœur pur comme Saint Jean. Il était pauvre, humble et un homme évangélique comme Saint Dominique, dévoué pour les âmes. Il était miséricordieux comme Jésus et la Vierge Marie, mais aussi exigeant, il attendait beaucoup de nous ! Le sommet de sa journée était la célébration de la Messe, je n’ai jamais vu quelqu’un d’autre la célébrer avec autant d’amour et de foi. Son amour pour Marie c’était aussi merveilleux, il nous faisait l’aimer. Il a toujours vécu et espèré le Retour du Christ : nous sommes faits pour le Ciel ! Sa recherche philosophique à l’écoute du réel, toujours en recherche, assoiffé de la vérité… Il a reçu « 10 talents », et il a su y coopérer et donner le centuple pour la seule gloire de Dieu.

J’ai reçu tout cela pendent toutes ces années, et ce qui est merveilleux c’est que je continue à recevoir du père Philippe, car une paternité spirituelle ne s’arrête par avec la mort, il est vivant pour moi et je remercie le Bon Dieu de m’avoir mis sur le chemin d’un tel père.

Pour finir je voudrais dire combien j’aimais écouter le père Philippe dire « Père infiniment bon » et « Oh Mère Bien-aimée » .

Et une petite anecdote de sa bonté et son oubli de soi et son don aux autres : en 2001 le père Philippe a été gravement malade, il a failli mourir, et voici que le lendemain de sa sortie de l’hôpital à la place de se reposer et faire attention à sa santé, il a commencé à prêcher une retraite à Saint Jodard, et j’ai été très touchée parce qu’en plus, une après midi pendant cette semaine de retraite, j’ai croisé le père Philippe dehors qui se rendait en hâte chez quelqu’un du petit village, qui sûrement avait besoin de lui. Cela était le père Philippe !

Une soeur

Le 15 juin 2013