Témoignage d’une soeur de Pologne

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J’ai connu le père Marie Dominique Philippe chez les Sœurs Contemplatives de Saint Jean où je suis entrée en 2005, à Saint Jodard. C’était la dernière année de la vie du père Philippe. Dès mon premier contact avec lui, j’ai été très frappée de la manière dont il célébrait l’Eucharistie. C’était quelqu’un qui était complètement saisi par ce mystère, il vivait des paroles qu’il prononçait et cela était manifeste jusque dans son corps. Au mois du novembre, j’ai vécu ma première retraite avec le Père Marie Dominique, ce qui était une expérience unique dans ma vie. Il n’y avait aucune nouveauté dans ce qu’il disait, mais j’étais frappée par la profondeur de sa prédication, son amour de la Parole de Dieu, de l’Église, de la Vierge Marie. Cela n’était pas un élan passager, je peux témoigner qu’il vivait de ce feu qui l’animait pendant chaque célébration eucharistique, chaque homélie, chaque conférence qu’il nous prêchait, chaque oraison. Je l’ai vu bien souvent fatigué, épuisé, mais jamais il ne se laissait guider par sa fatigue, sa santé, son conditionnement et il le faisait bien au delà de ses forces.

Le Père Marie Dominique était quelqu’un qui voulait transmettre l’Évangile à chaque chrétien, ce n’était pas un enseignement ou une prédication uniquement pour ses frères et sœurs, mais pour chaque baptisé et il a voulu que chacun d’entre nous découvre personnellement la Personne du Christ, de Marie. Ce n’était pas quelqu’un qui imposait ses idées ou sa prédication, il était à notre service.

Successivement j’ai pu découvrir son enseignement philosophique et théologique. Ce qui m’a frappée le plus c’est de voir combien son enseignement était une recherche qui se basait sur la réalité, sur son expérience, et sur la parole de Dieu en théologie. Son enseignement n’était pas une transmission de ses idées ou découvertes, c’était un regard et une découverte de la réalité dans toute sa profondeur.

J’ai été aussi très frappée par la pureté et la verticalité de sa vie en tant que religieux. Il vivait pleinement sa consécration à Dieu selon les trois conseils évangéliques de pauvreté, chasteté et obéissance. Il vivait de la pauvreté comme celui qui reçoit tout de Dieu, et qui lui rend tout dans l’adoration – il vivait son enseignement et sa présence auprès de nous d’une telle manière, qui lui venait de son amour et de sa pratique quotidienne de la prière silencieuse devant le Saint Sacrement, ainsi que l’action de grâces après l’Eucharistie; tout son corps et sa personne étaient saisies par Dieu, il a toujours tenu à s’agenouiller pour la prière lorsqu’il le pouvait, il donnait la preuve de sa vie de chasteté comme celui qui était complètement pétri et habité par la présence de Dieu et dont le cœur était complètement tourné vers Dieu. J’en avais fait l’expérience plusieurs fois dans les rencontres personnelles que j’ai eues avec lui, et notamment dans le sacrement de confession, où il était une vivante image du Père qui reçoit son fils prodigue ; il m’a bénie plusieurs fois et n’avait pas peur de le faire avec ses gestes paternels, à la suite de Jésus qui guérissait des malades en leur imposant les mains. Le Père Marie Dominique a maintes fois donné la preuve de sa vie d’obéissance, tout d’abord comme quelqu’un qui était complètement docile et à l’écoute de l’Esprit Saint par rapport a la Communauté Saint Jean, et dans sa vie quotidienne, sa fidélité à la prière, aux offices liturgiques, à la prière du rosaire, et à la rencontre de chaque personne humaine que Dieu mettait sur sa route.

J’en ai fait l’expérience plusieurs fois lorsque il s’arrêtait pour saluer, bénir et répondre aux questions, ce qui était très manifeste pendant son enseignement ; il ne rejetait jamais nos questions, mais essayait de les creuser, même si bien des fois elles n’étaient pas bien posées.

Le Père Marie Dominique était quelqu’un qui était habité par Dieu, et cette présence transparaissait de toute sa personne.

Une soeur de Pologne