Témoignage d’une soeur, de Hongrie

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Mes mémoires sur le Père Marie Dominique Philippe

Mes expériences sont assez personnelles et c’est assez difficile pour moi de dire quelque chose du père Philippe, car il était un instrument de Dieu, et toute sa parole n’était «  pas sa parole » mais la parole du Père céleste qui me parlait personnellement.

J’étais à St Jodard trois mois en 2004 de mars à juin. Auparavant, je n’avais pas connu le père Philippe personnellement ; je ne l’ai vu qu’une seule fois et c’était avant mon départ au bout de ces 3 mois. Je voulais le remercier, car toute ma vie avait changé. Il était vraiment un instrument de l’Esprit Saint.

J’étais frappée chaque fois quand j’assistais à son enseignement, car sa parole était personnelle malgré le fait qu’il ne m’ait jamais connue. Il a contemplé la parole de Dieu avec une grande pureté et une grande profondeur, et il transmettait sa contemplation par son action et sa manière de vivre.

Il priait tout le temps, et en même temps il était tout donné à ceux qui étaient autour de lui.

Son enseignement n’était pas une histoire, une chose du passé, mais tous ses mots me montraient vraiment que c’était actuel dans ma vie. Beaucoup de questions personnelle diverses, et sans réponse (sur la providence de Dieu et ma vie personnelle), étaient éclairées grâce à son regard et son enseignement théologal. Sa contemplation était toujours bâtie sur la parole de Dieu, ce n’était jamais quelque chose d’affectif ou de subjectif.

Grâce à lui ma foi fut élevée ainsi à des hauteurs inconnues auparavant. J’ai découvert la présence de Dieu dans ma vie. C’est vrai que la foi se « dit » et se « donne ». Il était témoin de sa foi. Ces trois mois m’ont beaucoup éclairé sur ma vie personnelle.

J’ai eu alors beaucoup de questions d’expérience :

Pourquoi je suis née dans cette famille ?

Pourquoi Dieu a-t-il permis tel ou tel événement dans ma vie ?

Qu’est-ce qu’être chrétienne et quelle relation à l’autre ?

Qu’est-ce que le vrai travail ?

Face aux difficultés et aux désordres dans le travail, qu’est-ce que ma responsabilité ?

Qu’est-ce qu’être vrai ?

Est ce que dans tous les moments de ma vie je dois être miséricordieuse ?

Où est la place de la justice ?

Qu’est-ce que la justice chrétienne ?

Qu’est-ce que est la vraie miséricorde, comment pardonner ? Etc.

J’ai eu tellement de questions, j’étais comme une éponge assoiffée, pour assimiler toute cette lumière qui m’était venue dans son enseignement et ses homélies. Il m’a aidée à faire la distinction entre l’imagination, le possible, le passé le futur et le présent. Il m’a aidée à vivre dans la réalité et le présent. Il m’a aidé à regarder Dieu et l’autre supérieurs à moi, et ce regard m’a permis de mieux respecter Dieu et l’autre et de les aimer comme ils sont.

Grâce à cette rencontre avec lui je peux dire en vérité que le Christ est devenu la fondation de ma vie.

Toutes les souffrances humaines trouvent leur accomplissement dans le Christ, car c’est lui qui a souffert pour nous en premier. Nous sommes ˝rachetés par le sang du Christ et régénérés par la Parole.˝

Le père Philippe avait une lumière exceptionnelle et profonde sur l’évangile de St Jean. Et sa vie était fondée sur le commandement nouveau : ˝C’est de vous aimer les uns les autres. Comme je vous ai aimé, vous aussi aimez-vous les uns les autres. Ce qui montrera à tous les hommes que vous êtes mes disciples, c’est l’amour que vous aurez les uns pour les autres. ˝ Jn 13, 34-35

Il était tout offert comme un Agneau, sa ferveur était extraordinaire ; sa manière de célébrer la Messe était un vrai témoignage de son lien avec le Christ. Malgré son âge et ses limites, il était à genoux des heures devant le Saint Sacrement, il était toujours le premier à la chapelle.

Une vie si riche en bonté et si bénie par Dieu est inépuisable. Je remercie Dieu de la vie du père Marie Dominique Philippe, sa vocation et sa réponse. Je reste toujours son enfant spirituelle :

Une sœur de Hongrie