Témoignage de Laetitia, de France

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Mon expérience du Père Philippe

Le père Philippe, quand on l’écoutait en cours, quand on l’entendait dans ses homélies, quand on le voyait célébrer l’Eucharistie, était un homme de la verticalité, constamment tourné vers l ‘adoration et vers la transcendance. Il était vrai dans ce qu’il disait, dans ce qu’il faisait ; son authenticité était évidente ; mais d’une certaine façon, la question de la confiance ne se posait pas car la dynamique se situait bien au-delà d’une relation de confiance. Nous étions face à un modèle et face à un guide un brin intimidant malgré son humilité.

Le père Philippe et la maternité divine de Marie

Je reste frappée par la justesse et la profondeur des propos qu’il m’a tenus il y a tout juste 20 ans quand je suis allée le voir pour la première fois en confession. Il m’ a dit : « quand on est angoissée, on a besoin d’une mère. » Sur le coup, je fus déconcertée. Je cherchais Dieu et le père Philippe me parlait de la nécessité d’avoir une mère. Il m’a fallu du temps pour comprendre que la maternité de Marie était un cadeau qui m’était aussi donné, et pour en découvrir les bienfaits.

L’envergure intellectuelle du père Philippe

Le père Philippe est quelqu’un qui a tout simplement continué le chemin de découverte de l’être initié par Aristote. Il a eu, de plus, l’audace d’explorer les itinéraires qui pouvaient mener de l’être à Dieu. Et ce chemin à la suite d’Aristote l’a rendu intellectuellement seul, loin de toutes les modes philosophiques, et donc à l’écart de ses confrères. Je souligne cette solitude pour mettre en valeur la force du père Philippe, sa constance à poursuivre cette recherche d’une philosophie de l’être qui ne prenait ni le chemin de la phénoménologie, ni celui de la pensée hégélienne, deux courants qui dominaient le paysage intellectuel français.

Je l’admire énormément non seulement pour la qualité de sa recherche, la rigueur et la profondeur de ses analyses, mais aussi pour avoir su se passer de la reconnaissance des autres philosophes.

Le père Philippe en contemplation

Je me souviens d’une fois, au début des années 2000, où j’ai emmené ma mère écouter une conférence du père Philippe au prieuré de Boulogne. Il nous parlait depuis l’intérieur de sa contemplation qu’il vivait devant nous. C’était difficile de le suivre là où son esprit était rendu, le soir, après le dîner. Du reste, pour entrer dans la pensée ou dans la contemplation du père, il fallait souvent vivre une certaine ascèse.

Laetitia