Notes de conférence du p. MD Philippe, sur saint Paul

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 La tendresse et la force de saint Paul

« Tous éclatèrent en sanglots, et se jetant au cou de Paul, ils le couvraient de baisers, tourmentés surtout de la parole qu’il avait dite, qu’ils ne devaient plus voir son visage. Puis ils l’accompagnèrent jusqu’au bateau. »(Ac 20, 37-38) Ce passage est très émouvant : cet homme si tendre, qui est le père de cette Eglise qu’il a fondée et qu’il aime avec la tendresse du Christ, confesse, au sens très fort, l’aveu de tout ce qu’il a fait pour Ephèse, et combien il a eu peur de la faiblesse de cette Eglise, de sa fragilité. Là nous découvrons la tendresse de Paul en même temps que sa force. Et c’est l’Eglise d’Ephèse qui nous permet de découvrir cela. C’est en ce sens-là que je dis que c’est l’Eglise de Marie, parce que toujours la tendresse du Cœur de Jésus nous est révélée à travers le cœur de Marie.

Il y a là un aspect de la vie apostolique qu’il ne faut jamais oublier : la tendresse, la douceur, ne peut s’exprimer qu’à travers une très grande force. Autrement la tendresse devient mièvre, et la douceur aussi. Il faut une très grande force. Il faut cette force de Paul, cette force de celui qui est lié à l’Esprit Saint. Il faut garder dans notre cœur ces expressions qui sont si fortes. Sommes-nous liés à l’Esprit Saint ? Il faut se poser la question, dans notre vie apostolique. Liés à l’Esprit Saint, c’est-à-dire : est-ce que vraiment nous ne désirons faire que ce que l’Esprit Saint réclame de nous ? La seule chose importante, c’est cela. Tout le reste, c’est de la paille. Il n’y a qu’une seule chose qui demeure, c’est ce que nous faisons liés à l’Esprit Saint. Liés à l’Esprit Saint dans la force : il faut lutter et se bagarrer, il ne faut pas avoir peur. Paul est un grand lutteur. Oser attaquer, comme il l’a fait à Athènes mais encore beaucoup plus à Ephèse, cela montre sa force, une force prodigieuse. On voit la force dans la manière dont il fonde ces Eglises, et en même temps combien il leur est attaché dans son cœur. Ce n’est pas du tout une indifférence ! Il leur est attaché par la tendresse de son cœur. Plus il s’est donné, plus il s’est attaché, et plus il remet tout au Christ et à l’Esprit.

Père Marie-Dominique, Retraite à Châteauneuf-de-Galaure, 1980