Notes de conférence du p. MD Philippe, sur le mystère de la Résurrection

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L’amour victorieux de la mort

Normalement, la nature humaine assumée par le Verbe de Dieu n’aurait pas dû connaître la souffrance, ni la mort. Le Verbe de Dieu, en assumant la nature humaine, aurait dû lui donner tout de suite la gloire : « Je suis la Résurrection » veut dire : Je suis la vie au delà de la mort ; je suis le Vivant au delà de la mort, je suis le Victorieux de toutes les limites de la vie et de toutes les blessures de la vie, parce que je suis le « Verbe devenu chair ». La chair humaine, par elle-même, implique un devenir et la corruption. Le Verbe de Dieu, en assumant la nature humaine, la transforme pour lui donner une dimension qui n’est plus humaine, qui est une dimension divine, c’est-à-dire la victoire de l’amour sur la corruptibilité, sur le devenir, sur la fragilité. C’est la victoire de l’amour divin sur la corruptibilité et sur la mort. Si Jésus a connu la souffrance et la mort, c’est en raison d’une volonté expresse du Père sur lui, et de la volonté qu’il a lui-même (unie à cette volonté du Père) de réaliser le mystère de l’Incarnation de telle manière qu’il puisse porter sur lui toutes les conséquences du péché. (…)

Le Christ est victorieux de cette souffrance ; et parce qu’il est victorieux de cette souffrance, on comprend comment la souffrance n’a jamais dominé en lui, ni la mort. C’est pour cela qu’il peut affirmer qu’il est la Résurrection. La Résurrection, c’est le mystère du Verbe assumant la nature humaine et faisant que cette nature humaine, parce qu’elle est unie « hypostatiquement » (c’est-à-dire personnellement) au Verbe de Dieu, ne peut pas connaître la corruption, ne peut pas être vaincue par la mort, en raison même de son union avec le Verbe de Dieu. C’est Dieu lui-même, personnellement, dans le Verbe de Dieu, qui fait que cette nature implique la gloire et donc la Résurrection.

Père Marie Dominique Philippe, Conférence, 8 mars 1987