Notes de lecture du p. MD Philippe, sur Notre Dame de Lourdes

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Notre Dame de Lourdes

N’est-ce pas une chose très étonnante que Marie, à Lourdes, se présente elle-même, directement, en disant : « Je suis l’Immaculée Conception»? Cela avait beaucoup frappé le Père Kolbe. D’habitude, en effet, quand elle apparaît, Marie est toute relative à son Fils et elle nous présente son Fils. Elle nous donne son enfant, le tout-petit ou celui qui est crucifié. Et c’est bien toujours comme cela qu’elle apparaît et que, traditionnellement, l’art chrétien l’a représentée : que ce soit à Bethléem avec les bergers, à la Présentation avec le vieillard Siméon, ou à la Croix avec Jean, Marie est toujours relative à son Fils, à Jésus. Or, à Lourdes, Marie apparaît seule, dans sa pauvreté, son humilité de créature, et dans sa gloire, « revêtue du soleil » l.

Le dialogue de Marie avec Bernadette, à Lourdes, est étonnant. Non seulement Marie éduque Bernadette, et l’éduque pour toute sa vie, mais encore, plus profondément, elle la fait entrer dans le secret de son cœur, de son être intime, de sa naissance éternelle, de sa relation personnelle avec le Créateur, avec la Très Sainte Trinité : « Je suis l’Immaculée Conception.».

On sait à quel point Bernadette a été marquée par le mystère de cette présence de Marie, et par son regard qui l’avait beaucoup impressionnée. Marie lui dit aussi, un jour, d’aller «boire à la fontaine»; et Bernadette, n’en voyant pas, alla au gave, mais Marie la retint en lui indiquant un endroit où l’on ne voyait « qu’un peu d’eau qui ressemblait à de la boue ». Bernadette, alors, dut gratter la terre jusqu’à ce que l’eau jaillisse. Gratter la terre pour que la source jaillisse : quel ordre merveilleux, d’un symbolisme étonnamment riche dans sa simplicité! N’est-ce pas le symbole d’une exigence de profondeur? Il ne faut pas demeurer à l’extérieur, il faut toujours découvrir la source cachée. Cela est vrai pour tout serviteur de Dieu; et celle qui est la Servante de Dieu par excellence, et qui l’a été toute sa vie, sait bien ce que c’est qu’être serviteur de Dieu. Elle peut apprendre à sa petite enfant, qu’elle aime d’un amour de prédilection, comment il faut être serviteur de Dieu : il faut gratter la terre pour découvrir la source cachée…

Père Marie-Dominique Philippe, « L’Etoile du Matin », p.221