Témoignage de Arnaud, de France

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Témoignage personnel sur le père Marie-Dominique Philippe

Nous avons eu mon épouse et moi le privilège de connaître le père Philippe à partir du début des années 80. Nous allions régulièrement à ses conférences rue Las Case, puis nous l’avons rencontré à de nombreuses occasions, personnellement. C’est lui qui nous a préparés au mariage, puis mariés. Il nous a fait approcher d’une manière ultime le mystère de l’amour humain transcendé par celui du Christ. Il nous a donné un éclairage très particulier de l’Evangile et des textes bibliques en recherchant ce qu’il y a de plus profond dans les paraboles ou les événements qui y sont relatés, et en tirant un enseignement sur ce qu’ils révèlent de la personne même de Dieu. Il aimait à objectiver l’histoire, avec un regard de discernement très intéressant sur l’Antiquité, donnant un sens mystique aux croyances de l’époque. Il incarnait la présence de Dieu dans la lumière du réel, loin des schémas confortables qui nous habitent souvent.

Sa parole rassurante et aimante nous replaçait sans cesse dans cette lumière de la réalité de Dieu, et nous permettait de porter à l’amour que nous nous portions un regard d’espérance, d’éternité aussi. Cette certitude de savoir notre amour humain enraciné d’une manière ultime dans celui du Christ nous a permis de vaincre nombre de pièges. Parfois, lorsque le doute nous prenait face aux exigences d’ordre humain que représentait la construction de cet amour, nous allions le voir, ou lui-même nous proposait un rendez-vous pour nous rencontrer de façon très personnelle. A chaque fois nous repartions heureux de ces rencontres, rassurés, remplis de force et de courage. Sans le père Philippe, nous n’aurions pas su découvrir la finalité de notre amour et à ce titre je le considère comme le père spirituel des quatre enfants que nous avons eu la grâce d’avoir.

De ce fait, nous ne pouvons croire aux accusations dont il est actuellement l’objet par ses propres fils religieux. Le père Philippe était d’une fermeté extrême à l’égard de tout manquement à la pureté, de l’âme comme du corps. Si ce que disent ses accusateurs était vrai, il en aurait été extrêmement malheureux, son discours à ce sujet aurait porté faux et nous nous en serions sûrement rendu compte. Chacun connaît également son amour profond, enraciné, pour la Sainte Vierge, l’Immaculée conception, mère par excellence de la chasteté. Cet amour était sincère. Nous l’avons vu réciter son chapelet en toutes occasions, en voiture par exemple. Il suffit de lire son œuvre pour s’en persuader.

En revanche, il n’a peut-être pas toujours été prudent. Etant mû par la seule recherche de la charité, il ne voyait pas le mal, il accueillait tout le monde et voyait en chacun un frère, fils de Dieu, méritant d’être considéré d’un égal amour. Je l’ai une fois expérimenté dans un aéroport : il n’a pas hésité à prendre sur lui une valise qu’un inconnu lui avait demandé d’enregistrer, au risque de finir sa vie en prison.

Toute la vie du père Philippe a été tournée vers la recherche de la vérité, vérité qu’il a sans doute approchée de près et qu’il nous a fait partager. Il est absolument impossible de croire à une prétendue distinction entre son enseignement et sa personne. Impossible. Pour nous qui l’avons bien connu cela ne se peut pas. C’est absurde, stupide, malsain même. Il faut ne pas l’avoir beaucoup connu pour croire à de telles sottises.

Arnaud