Témoignage d’une soeur, de France

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Je suis entrée chez les sœurs contemplatives de st Jean en 1999. J’ai donc spécialement pendant 7 ans, pu approcher le Père Marie Dominique Philippe. Les cours, les retraites, tout me nourrissait. Il était fort et doux à la fois. Je n’avais pas peur de le rencontrer, mais cependant je restais dans une sorte de crainte, car il transmettait le mystère de Dieu. Il était bon avec nous, s’adressant personnellement à chacun, dans une grande intensité de présence lumineuse et joyeuse. On sentait sa hâte, son espérance de pauvre.

Sa manière de lire l’Evangile nous secouait ; si vous assistiez à sa Messe, vous étiez forcés de la suivre avec ferveur… Le chemin de Croix du vendredi saint durait des heures et il ne se lassait pas. Il a enseigné jusqu’au bout, même très âgé. Il donnait tout, à chaque instant. Je me souviens en particulier de la dernière messe à laquelle j’ai assisté, où pour les paroles de la consécration j’avais la sensation que toutes ses forces étaient là, données…

J’ai passé les dernières semaines de la vie du père Philippe sur la terre, dans une force incroyable :je ne pouvais pas dormir, sachant qu’íl souffrait et priait. Finalement, on m’a proposé de venir prier auprès de lui. J’attendais donc à l’heure dite dans la chapelle des frères. Avec du retard un frère est arrivé, il m’a dit que le père Philippe était parti au ciel, et m’a emmenée auprès de lui. J’ai pû donc prier quelques instants dans sa cellule juste après sa mort. C’était pour moi un signe sensible de la proximité du père Philippe et un vrai réconfort.

Le père Philippe était très exigeant ; souvent en l’entendant je me disais : je suis incapable de vivre cela ! Il allait jusqu’au bout des exigences de l’Amour et il nous aimait avec toutes nos pauvretés…Parfois, au moment d’épreuves intérieures, sans que je lui dise rien, il avait le mot, le geste, qui console et apaise. Cela ne peut venir à mon avis que d’une grande docilité au Saint Esprit. Son amour pour la Vierge Marie m’a profondément marqué. Il en parlait comme d’un secret immense !Un jour,il m’avait parlé de sainte Faustine, dont il lisait le journal, et il me disait être très marqué par sa simplicité. Chez la petite Thérèse, disait-il, il y a une très grande simplicité, mais elle avait une grâce de lumière à donner à l’Eglise, chez sainte Faustine il y a une simplicité qui va encore plus loin…

Il m’avait fait promettre de rester fidèle et de prier pour lui. Pour la petite histoire, quand je me préparais à la profession simple, je priais beaucoup pour mes frères et sœurs, pour que le père Philippe leur parle dans son homélie.Et il l’a fait !!!Combien de fois.ayant une question dans le cœur, je guettais le moment où il allait y répondre, et cela ne se faisait pas attendre !

Auprès de lui on ne pouvait que trouver la joie tant il avait le sens de la Vérité et de la Miséricorde, les deux ensemble. Il en était un témoin vivant !

Merci de m’avoir donné la possibilité de parler un petit peu de lui. Je le prie de veiller sur nous et de nous aider chaque jour.

Une soeur