La vocation du p. MD Philippe

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Je suis né dans un milieu catholique, et fervent. Ma mère était très fervente, non pas d’un ferveur bigote,mais d’une vraie ferveur ; et le père Dehau, mon oncle dominicain, était un contemplatif.(…)

Ce qui m’importait, c’était le mystère de Jésus. Je ne me posais pas tellement le problème  « catholique ou pas catholique », c’était Jésus que je cherchais.(…)

Le père Dehau, en bon Dominicain, nous orientait tout de suite vers les vertus théologales -la foi, l’espérance et la charité- et vers l’oraison. Ma formation chrétienne a été cela : les vertus théologales, et donc se nourrir de l’Evangile, surtout de saint Jean. Le père Dehau aimait énormément saint Jean, il était johannique au sens le plus fort. Saint Jean, vivre des vertus théologales. L’oraison et Marie, voilà ce que nous enseignait le père Dehau. On disait du reste en riant : « La direction du père Dehau, c’est très simple : Marie et l’oraison ! » Le reste était très secondaire. J’ai été formé comme cela.

père Marie-Dominique Philippe, Les Trois Sagesses, p 301-302

Ayant été élevé dans une famille profondément chrétienne, je pensais depuis très longtemps à la vie religieuse, parce qu’il me semblait que l’Evangile ne pouvait être vécu pleinement que dans un don total à Jésus. (…)

Quand je suis entré -et je suis entré jeune, à dix-huit ans- je n’aimais, comme je vous le disais tout à l’heure, que les mathématiques. La chose que j’aurais aimée le plus, c’était de continuer les mathématiques pendant quelques années. Et puis, j’ai senti, intérieurement, qu’il ne fallait pas tarder. Quand je suis entré, les amis qui avaient fait Math Elém avec moi et qui désiraient continuer avec moi (c’étaient de bons amis, de bons camarades) m’ont demandé : « Es-tu sûr d’avoir la vocation ? » Je me souviens très bien de cela. Pour leur répondre je prenais toujours ce passage de l’Evangile -que le Saint-Père aime beaucoup- où l’on voit Jésus face au jeune homme riche qui lui demande ce qu’il faut faire pour aller plus loin. Jésus lui demande de tout quitter pour le suivre… et ce jeune homme n’a pas la force de le suivre. L’Evangile nous dit qu’il s’en alla triste. Pour moi, à l’âge que j’avais, c’était extrêmement parlant, et ça l’est resté.(…)

On est en présence d’un lien avec Jésus, et d’un lien personnel. Au fond, c’est un amour d’amitié. Jésus nous a choisi le premier. On le sait, et on répond, ou du moins on essaie de répondre, on désire répondre, C’est cela qui me semble être la chose déterminante.

père Marie-Dominique Philippe, Les Trois Sagesses, p 195-197

Aujourd’hui je n’ai qu’une seule chose à faire : remercier Dieu de m’avoir conduit au Saulchoir comme dominicain. Je n’ai jamais regretté de m’être donné à Dieu, et de m’être donné à Dieu pour cette recherche de la vérité, c’était grand, c’était beau. C’est la philosophie et la théologie que nous devons approfondir tout le temps pour aller toujours plus loin et aimer davantage le Seigneur, l’aimer d’une manière plus profonde, plus divine. De sorte que ce qu’il y a de plus profond dans mon coeur, c’est l’action de grâces. Je remercie Jésus de tout ce qu’il a fait pour moi, je remercie Jésus qui se donne à moi comme pain, comme vin pour me permettre de le découvrir, lui, dans toute sa vérité. Et il nous faut rendre grâces pour la Très Sainte Vierge, ce trésor que Dieu veut nous donner : Marie est notre mère, mère de notre intelligence, mère de notre coeur, et la manière dont elle exerce sur nous sa maternité doit nous remplir de joie. Marie aime des enfants joyeux qui se savent aimés de Dieu et qui désirent aimer Dieu par dessus tout.

père Marie-Dominique Philippe, Conférence à Ars, 30 juin 2006