Témoignage d’une soeur, du Brésil

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Le premier contact que j’ai eu avec le père Philippe c’était à travers son livre ‘Les Trois Sagesses’. J’avais 17 ans et je venais de commencer l’Université. Je me posais beaucoup de questions sur la vocation, sur l’existence de Dieu, sur la vérité et la valeur de la vie et j’ai trouvé les réponses à mes questions en lisant ce livre qui n’était pas traduit en portugais, et que je devais faire beaucoup d’effort pour le lire en français, mais je n’arrivais pas à arrêter de le lire. Ce qui a été le plus curieux, c’était le fait que cet homme qui parlait mon langage, qui répondait à mes questions, était né en 1912, donc il était beaucoup plus vieux que moi. Son intelligence si profonde et pure m’a fait l’aimer même sans le connaître.

L’an 2000, en allant aux JMJ avec le Pape Jean Paul II, j’ai reçu la proposition des frères de Saint Jean de participer à une retraite prêchée par le père Philippe, à Saint Jodard. Mon admiration pour lui était si grande que je n’ai pas hésité à rater quelques semaines de cours à l’Université pour pouvoir aller en France l’écouter. C’était la première fois que je le voyais et sa joie, sa limpidité, sa pauvreté m’ont extrêmement marquée. En écoutant ses prédications, j’avais l’impression que la Vierge Marie était là avec lui, en le voyant célébrer la messe je touchais un peu son intimité avec le Père des Cieux, tout à coup la vie du ciel, jusqu’à présent un peu abstraite pour moi, est devenue réelle.

Après quelques années, je suis rentrée chez les Sœurs Contemplatives de Saint Jean et j’ai pu me confesser plusieures fois au père Philippe et sa verticalité, la pureté de son cœur se transmettait à travers toute sa personne, ses paroles, son accueil. Il savait manifester sa confiance, son attention, par des gestes très simples et paternels (comme nous prendre les mains). Dans ses attitudes rien n’était impur, mais au contraire, tout était imprégné par la pauvreté de quelqu’un qui ne s’imposait jamais, par la chasteté d’un homme qui n’aimait que Dieu. Tout cela a été très éducateur pour moi, et me montrait qu’une recherche de vérité se reflète dans notre personne, dans nos gestes, notre façon de nous tenir, de parler, de sourire… Chez le père Philippe, il n’y avait pas de distance, il n’y avait pas de contraire, toute sa vie, tout ce qu’il était me transmettait sa recherche et sa soif de Dieu.

A la fin de chaque confession, je sortais en croyant plus que la sainteté était possible, que la vie religieuse, avec les trois vœux, était belle et que ça vallait le coup de la vivre, que la victoire du Christ, était pour aujourd’hui et non pas pour demain. Le père Philippe avec son enseignement, sa présence paternelle, son exemple de vie, a aidé le Seigneur à transformer beaucoup de choses en moi, et je peux que le remercier tous les jours de ma vie.

Salvador de Bahia, Brésil, le 19 juin 2013.

Une soeur