Témoignage d’Isabelle, de Suisse

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Le père Marie Dominique Philippe

Rencontre

J’ai connu le père MD Philippe alors que j’avais 4 ans. J’en ai aujourd’hui 65 !

Il était un ami de mes parents et venait régulièrement chez nous pour se reposer ou travailler. Nous habitions alors Sion en Suisse. Lorsque mon père s’est mis à enseigner à l’université de Fribourg, les liens se sont resserrés. Plus tard il bénira notre mariage et continuera de venir travailler chez nous en Valais.

Souvenirs

Etudiante à l’université de Fribourg, j’ai suivi ses cours de 1967 à 1970. Ses cours étaient une source d’émerveillement. Vivants, intenses ils attiraient beaucoup de jeunes et moins jeunes !

J’étais, en tant que peintre, particulièrement passionnée par son analyse de l’activité artistique. Tout au long de ma vie, j’ai pu mesurer combien cela m’avait aidée dans mon travail quotidien. Ce fut comme un appel à aller toujours plus loin. Les cours du père n’ont jamais été abstraits. Ils collaient à notre expérience.

Bien des amis artistes qui l’ont connu témoignent de ce même émerveillement devant tant de limpidité, tant de disponibilité et d’écoute. Certains ont vu leur vie changer. Ils avaient découvert un sens à leur vie, leur art et leur passion.

Le père Marie Dominique a été un maître, vraiment. Il savait accompagner sans jamais imposer. C’était à nous de découvrir le sentier, personnellement. Il savait éclairer et guider. Ce qui était obscur devenait plus clair.

Son regard a toujours été celui de l’aigle. Après l’avoir écouté, l’essentiel nous semblait évident ! cela ne durait pas toujours bien sûr… Mais avec une infinie patience il refaisait pour nous le chemin, il retrouvait pour nous les bifurcations perdues !

Le père était encore la patience, la patience et l’Amour du Christ. Nous ne pouvions nous arrêter à lui tant il savait se faire instrument, tant il semblait disparaître dans la lumière du Christ. Sa prière nous a appris la puissance de la prière.

Son regard était miséricordieux, jamais accusateur, jamais voilé du moindre mépris. Il se donnait aux plus pauvres avec une totale disponibilité. Bien sûr, il savait se mettre en colère et n’acceptait pas le manque de vérité !! Il n’était pas dupe, oh non ! Mais chez lui la paternité passait devant la critique. Un jour je l’ai entendu dire à propos d’un frère qui l’avait blessé : « Il sont tous mes enfants ! » Il choisissait donc de se taire… Devant les attaques, il disait toujours : « On continue ce que l’on a à faire ! »

Le père était encore un homme plein de joie. De vraie joie !

Nous l’avons reçu chez nous avec mon mari jusqu’à la fin de sa vie. Ces passages étaient un moment privilégié.

Merci père, d’avoir été l’Ami de Jésus  et notre ami …

Isabelle